IV PREFACE
faisait naître, chez un plus grand nombre, le goût de l’instruc-
tion agricole.
N'est-il pas désolant .de voir, tous les jours, la plupaït des fils et des filles de cultivateurs les plus aisés, fuir l’agriculture, aussitôt qu'ils ont acquis une instruction élémentaire, surtout, s'ils ont reçu ce que l’on est convenu d'appeler une haute éducation, et cela, le plus souvent, pour végéter dans nos villages ou dans nos villes! Il y a, dans ce fait, une grande erreur sociale, qui tend à déclasser la société, et à ruiner notre pays, puisque la classe agricole, qui représente les sept-huitièmes de toute notre population, est trop souvent privée des
bienfaits de l'éducation.
Pourtant, sans instruction, le cultivateur ne pourra jamais, quels que soient ses talents et ses moyens, occuper dans la société le rang distingué qui lui est dû. Avec de l’éducatiom au contraire, il peut prétendre aux plus hautes charges sociales, entre autres, à celle de représenter nos colléges ruraux dans le gouvernement du pays, et d’en diriger la politique de manière
à assurer la prospérité générale.
On ne‘saurait rendre de plus grand service à la classe agricole, aue celui de lui procurer une instruction spéciale, en rapport avec ses besoins; puis d'encourager à s'établir à la campagne les fils de cultivateurs aisés, surtout ceux qui ont eu l'avantage de recsvoir une bonne éducation, afin qu'ils puis-
sent faire servir, d'nne manière plus efficace, leurs talents, leurs
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