Mauvaises herbes
hâter de les débarrasser de toutes ces mauvaises herbes qui | prennent la place des récoltes profitables, et qui étouffent les | bonnes semences.
22. Comment expliquer cette quantité prodigieuse de mauvaises graines qui epestent nos vieilles terres par toute la Province, et qui, souvent, nous font perdre entièrement, sur certaines pièces, le fruit de nos travaux ?
23. Une terre neuve, bien préparée, ne produit que les plantes qu'on y cultive. Malheureusement, nos grains de semence sont rarement nets. Trop souvent, ils sont très-sales. Les mauvaises graines sont là par millions ; on les sème sans scrupule ; est-il surprenant de les retrouver dans les récoltes ? Si encore par la récolte, on les enlevait du champ complètement, ça ne serait que demi mal. Mais, on le sait : ‘“ mauvaise herbe pousse vite ; ” elle mûrit plus tôt que le bon grain ; avant que celui-ci soit engrangé, les mauvaises graines sont tombées sur le sol, ou ont été portées par le vent, à des * lieues de distance. Elles empestent assez souvent le champ du bon père de famille, qui trie sa semence, et qui nourrit ses chevaux à la moulée pendant qu'il sème le blé, dans le but de le conserver net.
24. Voilà comment les mauvaises herbes de toutes espèces s'emparent de nos vieilles terres. Prend-on quelque moyen pour les détruire? Et pourtant, si l'on ne se hâte, que deviendront nos terres? Que deviendra notre Province, sinon un vaste champ où fleuriront sans obstacle les chardons, le
| chiendent, la chicorée sauvage, les crève-yeux et les mau- | vaises herbes de toutes espèces, qui prendront la place des | plantes utiles !
25. Les mauvaises herbes sont, sans contredit, l'ennemi le plus puissant du cultivateur ; elles lui font une guerre à mort; il faut donc qu'il les détruise ou qu'il se ruinc |