Je voudrais que dans chaque couvent de la campagne
on sût faire du bon beurre, et qu’on enseignât cet art à chacune y des jeunes filles qui les fréquentent. Cela ne leur vaudrait-il pas tout autant que tout ce qu'on leur enseigne en dehors du catéchisme ?
232. FABRICATION DU FROMAGE. — Si l'art de faire le beurre est une des plus grardes sources de richesse pour le cultivateur, la fabrication de bon fromage n'est pas moins profitable. Rappelons-nous que l'Angleterre est pour nous un marché où nous pouvons écouler plus de bon beurre et de
mme ne
230. Comment doter les filles du cultivateur.—-231. Enseigner cette art dans les couvents.—232, Fabrication du fromage; l'Angleterre est pour nous un marché où l’on peut écouler les produits de la laiterie.
pour leur table, On s'en sert tout au plus pour graisser les roues ; encore se plaint-on du gros sel dont il est rempli,
À et qui le rend peu propre à cet usage.
à 233. Un des avantages qu'offre à nos cultivateurs la fabri- l:
: cation du fromage, c'est qu'au moyen des fromageries, on É s'épargne toute peine : on n'à qu'a traire le lait et à l'envoyer k
u à la fabrique, qui se charge du reste. Le lait qui produit 4
8 en été une livre de beurre donne, en moyenne, quatre il
* livres de fromage. Le fromage se vend en gros 12 centins la :
ss livre, en moyenne. On obtient donc en été, pour une même ll
c, mesure de lait, quarante-huit centins en fromaze, et quinze A
Le centins seulement en beurre. Fnçore faut-il faire le beurre, 4!
ag le conserver et le porter au marché ; tandis que pour le fro- 1]
sé mage, on n° a comparativement rien à ‘faire. ï
re 234. La première fromagerie s'est établie dans nos s paroisses 4
1x canadiennes en 1871. Aujourd'hui, on en compte jusqu'a é
1e quatre et cinq dans chacun des comtés environnants. Il est 1.
it, bien établi que ces fabriques, qui coûtent de $1,500 à $2,000 ù
Es. de frais d'établissement, donnent un profit net de quinze à ; vingt-cinq par cent, pourvu qu'on obtienne le lait d'au moins
€ trois cents vaches. Munis des instruments convenables, un
ci homme et quelques femmes peuvent très-facilement mettre en
du | fromage le lait de cinq cents vaches. Nous ne pouvons donc
trop insister sur l'importance de cette nouvelle industrie, qui devrait s'exercer au plus tôt dans chacune de nos pa:oisses.
TE . PE nee a mr
le 235. CULTURE DES ARBRES FRUITIERS.—De toutes les r le cultures, aucune n’est plus proncable et ne donne plus d'agré-
d 238. Avantage qu'offre la fabrication du fromage; pourquoi notre beurre ne € se vend pa:; fromagerie ; production comparée du beurre et du fromage: prix au fromage.—231. Etablissement des fromageries; coût; profit; personel requis; recommandation en faveur des fromageries.—-235, Culture des arbres dans É fruitiers. Ses profits; cuiture du pommier; ce qu'un verger peut produire par un # arpent; conditions indispensables au succès de cette culture; dépenses qu'elle
: exige; drainage; coût du drainage.
CAUSERIE AGRICOLE. 87 | bon fromage, que nous n'en pourrons jamais faire. Mais il 4 faut qu'il soit bon. Si notre beurre se vend si peu aujour- ù d d’hui, c'est que niles Américains, ni les Anglais, n'en veulent | J |
88 Cf\USERIE AGRICOLE.
ments que celle des arbres fruitiers bien cultivés. Un pommier en plein rapport donne, en moyenne, 9 minots de pommes. Un verger d'un arpent peut contenir de 40 a 50 pommiers, et donner de trois cent cinquante à quatre cents minots de pommes. Si ces arbres sont de bonne qualité, la récolte vaudra donc à-peu-près $200 par arpent, en moyenne. Or, un verger exige moins de travail qu’un champ de patates, et les pommes se vendent toujours. Pourquoi donc ne cultive-t-on pas les pommiers ?—Parce que, dit-on, les vergers ne réussissent pas dans nos terres—A cela nous répondons: Si votre terre est froide, pleine d'eau au printemps età l'automne, dure comme du roc pendant l'été, les pommiers mourront en effet. Mais le drainage peut remédier a cet inconvénient, et permettre la culture des meilleurs fruits dans toute la vallée du St. Laurent. Ailleurs, partout où la terre ne souffre pas d'eau et qu'elle est bonne, les arbres fruitiers peuvent réussir. Voyons maintenant ce que coûtera l'établissement d'un verger. Si la terre souffre d’eau, le drainage, c'est-à-dire les fossés couverts à quatre ou cinq pieds de profondeur, sont indispensables. Si l'on se sert de tuiles de drainage, il faudra choisir celles de trois pouces de diamètre, afin qu'elles ne se bouchent point, dans le cas où les racines des pommiers y arriveraient, En supposant un drain à tous les quarante pieds, en sus du maïtre-drain, il faudra à-peu-près
1,000 tuiles, qui coûteront douze piastres d’achat,....... $12 Quarante pommiers à vingt-cinq centins .......... 10 A débourser ....,,....... NEA S AU rE A à GARE $22
236. Mais à part ces déboursés, il faudra un travail considérable, S'il n’est pas bien fait, les arbres souffriront et ne rendront jamais en abondance. C'est ici qu'il faut égoutter, ameublir, nettoyer et engraisser le mieux possible. Il faudra surtout labourer profondément plusieurs fois, et mélanger au sol de soixante à cent voyages de bon fumier, Les arbres devraient être plantés en lignes parfaitement droites en tous sens, afin que l’on pût cultiver sans difficulté, entre eux, avec le scarificateur (fig. 11 et 12, page 14) et un cheval.
226. Conditions essentielles ; labourer profondément et engraisser ; planter par lignes, :
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| 237. Pour diviser le verger, on prendra un long cordeau, le e plus long possible. Sur ce cordeau, on marquera d'avance la À 0 distance que l’on veut laisser entre chaque arbre. Cette | s distance ne devrait pas être moindre de vingt-cinq pieds; a vingt-huit ou trente pieds entre chaque pommier serait encore
», mieux. Le meilleur moyen de diviser le cordeau également
À {: est de l'enrouler sur une planche coupée de longueur telle, C ‘que trois tours donnent juste la longueur voulue. Ainsi, | 2s pour vingt-cinq pieds d'espace, il faudra une planche d’un ; 15 pouce d'épaisseur et de quatre pieds de long. Trois tours 1} u de cette planche donneront exactement vingt-cinq pieds. il es Pour trente pieds d'espace, la planche aurait quatre pieds dix er pouces. On serrera la corde également sur la planche, et au | | ts troisième tour, on y enfoncera une grosse épingle, qu'on pliera il la plusieurs fois sur la corde, afin qu'elle ne s’arrache point ; on y } | es attachera quelques brins de laine rouge, afin que l'on puisse 4 ra mieux voir les endroits ainsi marqués. 11 sil 238. La corde ainsi préparée, on la tendra le plus droit | dé possible sur un des côtés du verger, et l'on plantera de pe- fil re, tites chevilles en terre aux endroits marqués par les épin- fi rie gles, et indiqués dans la gravure par les lettres 4, Cette (à les d'u he LAN de, OR AU Hd ligne faite, où en fera une (| rt Se à ei D ver die Ron Ro te (PARCS ES IR Dre | | k mière, et indiquée par les | A A RS 6e RS DO ER A A AR Uni Re MR oo di:
à + 6! ++ +: détendre la Corde aus
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plantera également des idé- US NT LE CA US uen COBNRISE MD ONOROIS Rs en- DEAN QI QUE SUPER QU AT en Te Che TRES ne, FIG. 63. Plantation d’un verger. de faire cette seconde ou
d ligne, il faudra avoir le soin de mesurer, entre ces deux lignes, | la distance exacte pour un certain nombre de rangs intermé-
pr diaires. Les deux lignes a, 4, c, à, e, f, g, L, à, étant toutes
ri marquées avec des chevilles, on n'aura plus qu'à tendre le I
cé cordeau d’une cheville à l'autre sur le travers des premières |
à 237. Manière de préparer la plantation; distance; division au moyen d’un Î ar )
cordeau; division du cordeau.—238. Marquer la place des arbres par une cheviile ; bien garder les distances voulues.
lignes (a, a; 6, b, etc.) pour que la place de chaque arbre soit exactement indiquée.
239. La place de chaque arbre étant ainsi marquée par une cheville plantée en terre, il faudra faire les trous. Pour cela, il faudra déranger la cheville. Toutes les mesures prises deviendraient inutiles sans l'usage de la planche indiquée dans la gravure suivante. Cette planche peut avoir 10 pieds de long, et 8
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