‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 146 sur 370 · DE L'UNIFOKMITÉ DANS LES COSTUMES · texte numérisé non relu

DE L'UNIFOKMITÉ DANS LES COSTUMES

Toujours »ii plu,s gian.l noinliro ni) doit s'uccuiiunodir.

Et jamais il ne faut s<- faire ri-piii-dcr.

L'un et l'.iulrr rxvùs clioqur, d tout homme bien sage

Doit fairo des hiibils ainsi que du langage ;

K')- non trop affecter, et, sans empressement.

Suivre ce que l'usage y fait de cliangemciit.

MoLlÈKE. —

11 règne dans la société actuelle une confusion de rangs , de langage , qu'augmente cliaiiue jour la facilité de nos mœurs. Autrefois le costume établissait une ligne de démarcation entre les gens d'une profession différente'. Un reconnaissait a l'habit l'artiste, le financier , le médecin , l'homme de robe ou il'épée; la perruipie elle-même variait sa forme et ses dimensions suivant la qualité du porteur ^. Fidèle aux usages consacrés par le temps, cha<[ue corporation se maintenait, avec une sorte d'orgueil , en possession des avantages e^des ridicules dont elle avait hérité de ses prédécesseurs. Ces ridicules formaient à la longue une propriété à laipielle l'esprit de corps attachait une haute importance : ils avaient hni par devenir un signe de reconnaissance qui ne trompait jamais.

La sévérité du costume imposait à celui qui le portr.if une certaine gravité dont il contractait l'habitude ; on se respectait davantage, on n'osait compromettre publiquement son haliit ^. Il est de certains endroits où le magistral aurait craint d'entrer en robe; il y a de certaines personnes qu'un militaire n'aurait osé accoster en grand uniforme.

Le soin tpie prenaient les gens d'une même profession de revêtir des habits semblables, offrait une ressource inépuisable aux auteurs comiques ; ils y trouvaient l'avantage d'un caractère convenu d'avance, qui ap|)artenait également à l'homme et à la profession , et qu'on devinait au premier abord. Onelquefois la ressemblance trop exacte de la copie effi-ayail le modèle : les i»lns sages riaient un i»eii plus fort (pie leurs voisins; les moins spirituels se ffVMiaient imprudemment, et les assises de Thalie ont souv<'nl été troublées par les plaintes indiscrètes de ceux que le génie avait traduits à son tribunal.

Toutes ces distinctions de costume ont disparu ; il n'est plus possible de distinguer d'une manière certaine la classe à laipielle appartient un homme que l'on voit pour la première fois. Le frac est devenu l'habit de tout le monde; il couvre indistinctement le maître

et son valet; il sert tle négligé au maréchal de France , de parure au commis ; et , porté par l'opulence et la médiocrité, il ne révèle ni l'une ni l'autre.

— De RorcEMOT.—

ROVGEMONT (Michel- Nicolas de),

Né à la Rochelle, le 7 février nst.

lia publié iiii grand nombre d'ouvrages littéraires cl dramatiques. Le succès de la Tîowjawce, vaudeville en un acte, qu'il donna au théâtre de la Cité, encouragea sa plume féconde, qui n'enfanla pas moins décent Ireiile-huit pièces de théâtre, (iontlesprincipales sonl : la Feumte malheureuse, innocente et perfséculée , esi)èce de i)arodie des mélodrames du jour, moins spirituelle cependant <|ue le Betour du Croisé, par Alexandre Duval ; le Jeune Sarant. Eur/èiic et Guillaume , VJiiiour à l'aïKjUiise, la Fête d'Henri iv, etc., etc. Il fit aussi, avec différents collaborateurs, la Fin du Mois, la Comtesse allemand^, les Deiix Médecins, la Laitière de Montfermeil, Arant, Rendant et Après, etc.

M. de Rougemonta travaillé â la Quotidienne , où il publiait des articles de mœurs , au Journal général de France, au Journal de Paris, à \'Aristarque et à la Gazette de France.

Écrivain politique , il a chanté Napoléon et les Bourbons; cependant, depuis le retour de ceux-ci, il leur est resté fidèle.

Ses ouvrages les plus remarquables sont : 1° le Rôdeur français, qui se distingue parla finesse des observations et par la vérit^ des peintures; 2" le lionhomnie ou ÎSouielles Observations sur les mœurs parisiennes au commencement du i^<^ siècle; ô" les Missionnaires; 40 Ida, roman imité de l'allemand. Parmi ses poésies on distingue son Recueil de chansons, V Espagne délivrée, la iMort de Charette, poème élégiaque qui a obtenu une médaille d'or à la société d'émulation de Cambrai.

' — Ceci n'est pas entièrement exact. Autrefois comme aujourd'hui, on portait souvent des habits qui cachaientrin;"érioritéou la nullité. 7.-7. Rousseau danssa Nouvelle Héloîse en fait la remarque avec humeur. De pacifiques marchands portaient, même dans les provinces, l'habit de cour et l'épée au côté.

2 — Porteur n'est pas ici l'expression convenable, il faut dire de celui qui la portait.

5 — L'habit ne fait pas le moine : la vérité de ce proverbe a été reconnue dans tous les temps. Quant à la gravité que le magistrat empruntait à son habit et aux idées d'ordre et de morale qui en étaient la suite, on pourrait citer certaine lettre de certain recueil où le président de Brosses, d'Alembert et quelques autres, donnent un démenti assez scandaleux à l'opinion émise par M. de Rougemont.

Observation générale. Il y a des observations justes et vraies dans cette cs<iuisse de nineurs, mais plus d'esprit encore que de justesse. Le style est pur, élégant et facile, Tironic v est maniée avec talent.

-1CG2.— Siiperbe Carroutel i\nnn6 p.ir louis xiv, vis-à-vis des Tuileries. I.a place en a conserve le nom.

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