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ilans Otite terre. îles ;miniaiix, et enfin des eiroiis, tlans lest|iiels il retrouvera ce (jne l<'S jtremiers ont donné . trouvant encore tlans les autres la mèuie chose, sans fin et sans rej)os. On'il se perde dans ces merveilles aussi étonnantes par leur petitesse (pie les autres par leur étendue. Car «pii n'admirera (pie notre corps. (]ui tant(\t n'était pas perceptible ilans rniiivers. impereeptiltle lui-iiH^ine dans le sein du tout, soit maintenant un colosse, un moule, ou pliilOtt un tout, à l'égard de la dernière petitesse où l'on ne peut arriver?
Oui se considérera de la sorte s'effraiera, sans doute . de se voir eoinme suspendu dans la masse (]ue la nature lui a donnée entre ces deux aliimes de rinfini et du néant , dont il est également éloigné. Il tremlilera dans la vu(; de ces merveilles : et je crois (pic , sa curiosité se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en silence, qu'à les rechercher avec présomj)tion.
(]ar enfin qu'est-ce (pie l'honiinx* dans la nature? In néant à l'égard de l'infini , un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. il est infiniment éloigné des deux extrêmes, et son être n'est pas moins distant du néant d'où il est tiré que de l'infini où il est englouti. — Pascal. —
PASCKt {Biaise),
Né à Clermont. en Auvergne, le i9 juin i623, fut amené de bonne heure à Paris par son père, (]iii, pour se livrer exclusivement à l'inslruction du jeune Pascal, se démit d'une charge de président à la cour des aides de Clermont. Pn^férant l'appliquer à INHudedes langues, il lui interdit celle des mathématiques pour laquelle il montrail])eaue()U|) de goût ; mais Pascal, d'après une simple définition de la géométrie, parvint, dit-on, sans maître et sans aucun secours, à résoudre, jusqu'à la ôr, les Iiro|)osilit»ns d'Euclide. Li!)re enfin d'étudier sa science favorite, ce jeune savant, dès l'Age de i6 ans. publia un 'J'iaitc des sections coniques ; à i9, il inventa la viacliiitc urilhniétique; à 23, il exécuta les expériences de 'J'orricelli sur le vide, et résolut, quel(|ues ann(';es après, un |>roblème à la solution (inquel avaient renoncé les premiers matliématiciens du temps.
Ce fut le 23 janvier u,:,r, (pie parut . sous le titre 'le Lettre de Louis de Montalte à un provincial de ses amis, la première des Lettres provinciales. Sous le voile d" pseudonyme, Pascal y mélaniorphosail une dissertation en comédie, y mettait en scène des définitions. Le lriomi»he du génie est d'avoir fait lire une llièse de théologie scolastirpie A la cour, et à la ville, et de la faire lire encftre aujourd'hui que la disitule a totalement perdu son intt'n-t. Celte lettre fut suivie de dix-.sept autres qui obtinrent un succès prodijjieux. Doileuu, partisan déclaré des anciens, mettait les Lettres provinciales au-dessus de leurs productions les |ilus vantées. La plus saine idiiiosopiiie dotoine dans ses Pensées, le plus admirable recueil que nous ayons en ce genre.
La santé de Pascal, épuisée par le travail, s'altérait avec ra|»iditè. Dnns les dernières années de sa
vie, il fut en proie ù de continuelles et vives souf fiances ; enfin, après une assez bnigiie maladie, il inuunit le tv aoiil i6ti2. Agé de su ans el deux mois.
A l'aiitiipsie de son corps, on trouva les intestins i;aiigrenés. l'estomac et le foie Hétris, et l'on fut lTap|if (In vobiine considérahb' de la cervelle, qui a\ait une consistance pr(S(pie solide.
La première édition (•om|ib''lede Pascal a été publiée par l'abiié Uossut, b vol. in-8.
' — Auprî's de me parait ici une expression plus juste: La richesse n'est rien au prix de la vertu. La terre n'est (ju'nn point auprès «/'une étoile. (Voyez ma Grammaire n" 749.)
^ — /'rt.scn/ s'exprime ici d'ajtrès les idées populaires, conformes au système de Ptolémée, qui faisait tourner le soleil, les planètes et les étoiles même, autour de la terre, regardée alors comuKî le centre de l'univers. On doit supposer qu'il feignait de partager à cet égard ropini(»n des anciens, pour ne se point mellre en opposition avec le <"lergé, (jui, de sou tein|)S encore, combattait de tout son pouvoir le nouveau système. Du reste, il dit ailleurs . Je trome bon qu'on n'approfondisse pas l'opinion de Cujternic.
3— Par delà rinniii rindiii rccoiuinciice.
LKUIU N.
* — Cette pensée de Pascal, souvent citée et quelquefois'défigurée, se trouve dans une jtréface tie mademoiselle de Gournay, |»our les Essais de Montaifjne, elle l'a emiirunlée elle-même à un philosophe grec qui est, je crois, Tiniêcde Locres.
* — Cette siip|)osition, que rien ne justifie, (b'-cèle toutefois un(> force de pensée peu commune : elle dénote la prodigieuse activité de cette imagination créatrice qui inventait des inondes pour donner un ahment A son génie.
On a dit, avec beaucoup de vérité, que les pensées de Pascal étonnent l'imagination et remuent le cœur, mais qu'elles se ressentent de la mélancolie habituelle de l'écrivain, et qu'il est im])ossib1e du reste de renfermer en moins de mots plus de raison et plus d'éloquence.
Observation r/pnérale. Quelle profondeur dans ces idèf,s! quelle siihlitnitc dans ces images! qiiellfî force dans ce style! I.e (jénie d(' Pascal eiitialne dans son essor rimacination (lu lectenr; il lui fait parcourir l'infini ; il l't'^ijarc dans la contemplation des mondes, il se plaît à lui montrer l'immensilé de cet océan des êtres, oii ell(; (;st comme engloutie ; |)(iis il lui découvre dans une (foutte d'eau nn nouvel océan où elle se perd encore, l/iiuaginalion étonnée s'épouvante alors de la petit<;sseeten nié: me temps délai; i-an(l(!Ui' de fliommc, pei-du comme un ptuntau sein di; ces merveilles, et renfermant en soi. comme un monde , d'autres merveilles non moins étonnantes.
- 1810. — Clmr/f.f XMi , duc <lc Sundermanie, adopte pour ni» le maréchal licrnadoUc , aujourd'hui roi de Suéde el de Norwfcgc.