‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 209 sur 370 · L'HOMME · texte numérisé non relu

L'HOMME

ENTRF. L'ADIME DE L'INFIM.MKNT GRAND ET L'ABIME DE L'INFINI.MENT PETIT.

Alix rcpanis de crliii qui fit l'immensité' , L'tnMTto vaut un nioiidi- , ils ont autant coùt^. L'hommr osl le point fatal où les dnix InTmis Par la toiite-piiissanee ont ^-té réunis. — DeLamartihe. —

La première chose qui s'offre ;i l'iiomme quand il se regarde, c'est son rorps, rVst-h-

dire une oorlaine portion de matière (pii lui est propi'o. Mais, pour eomprendro ce »|u'elle est, il l'aiittprii la compare avec ce ((ui eslau- (b'ssus de lui et tout ce ipii est au-dessoiis, afin de recoiinailrc ses justes bornes.

t^^n'il ue s'arrête doue pas ;i regarder sim- |>leiueiit les objets tpii reiiviroiinenl ; t|u'il contemple la nature entière d;ins sa haute et pleine majesté ; qu'il considère cette éclatante Imuièrc, mise comnu' une lampe éternelle pour éclairer l'iniivers; (|ue la terre lui paraisse comme un point au prix ' du vaste tour que cet astre décrit 2, et qu'il s'étonne de ce que ce vaste tour n'est lui-même qu'un point très-délicat h l'égard de celui que les astres (pii roulent dans le firmament embrassent. Mais si notre vue s'arrête là, que l'imagination passe outre. Elle se lassera plus tôt de concevoir, que la nature de fournir. Tout ce que nous voyons tin monde n'est qu'un trait imperceptible dans ramjile sein de la natin-e. NuUe idée n'approche de l'étendue de ses espaces ^. Nous avons beau enfler nos conceptions, nous n'enfantons qiu; des atomes au prix de la réalité des choses. C'est nne sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part •*. Enfin c'est un des plus grands caractères sensibles de la toute-puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans cette pensée.

Que l'homme, étant revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est ; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature ; et que, de ce (jue lui paraîtra ce petit cachot où il se trouve logé, c'est-à-dire ce monde visible, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes, et soi-même, son juste prix.

Qu'est-ce que l'homme dans l'infini? qui peut le comprendre? 31ais pour lui présenter un autre prodige aussi étonnant, qu'il recherche, dans ce qu'il connaît, les choses les plus délicates. Qu'un ciron, par exemple, lui offre dans la petitesse de son corps des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures, des veines dans ces jambes, du sang dans ces veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ces humeurs, des vapeurs dans ces gouttes; que divisant encore ces dernières choses, ii épuise ses forces et ses conceptions, et que le dernier objet 011 il peut arriver soit maintenant celui de notre discours. II pensera peut-être que c'est là l'extrême petitesse de la nature. Je veux lui faire voir là dedans un abimc nouveau, je veux lui peindre non seulement l'univers visible, mais encore tout ce qu'il est capable de concevoir de l'immensité de la nature, dans l'enceinte de cet atome imperceptible. Qu'il y voie une infinité de mondes, dont chacun a son firmauu'ut, ses planètes, sa terre, en la même proportion (pie le monde visible ^""j

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