‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 263 sur 370 · BONHEUR DU VERITABLE CHRÉTIEW · texte numérisé non relu

BONHEUR DU VERITABLE CHRÉTIEW

Qu'il rsl lirurruT , mfin Dieu '. le rœtir humble ft d«i ilr, Qu'^dairr le Oambeau de Ion sniiit Kvnngile; P»r ta gràee conduit , il ne elierche que tiii , Kt 9un buniieiir unif|ne est d'.-iccuntplir ta loi. — ThtCorBT. —

Cette pai.x intérieure , ce bien si précieux de l'âme, (pie saint .\uguslin définilsi exactement la tranquillité de l'ordre , l'hoinme livré h ses passions ne la connaîtra jamais. Son ctrur, a dit le Saint-Esprit, est comme une mer bouillonnante, dont les vagues agitées débordent sans cesse, et vont porter au dehors la vase impure dont elles sont chargées. Le cœur du vrai Chrétien est le sanctuaire de la paix. Rien ne trouble cet heureux calme : ni les agitations du dotite , elles sont le partage des incrédules; ni la terreur des jugements de Dieu, c'est la première peine des méchants. La pai\ avec Dieu est le fondement de la paix avec soi-nu'^me; elle trau<|uillise sur le passé, fait jouir du pr(isent, rassure pour l'avenir. Les malheurs môme du dehors , les traverses de la vie , les maux du corps , n'altèrent point le bonheur intérieur du parfait Chrétien. La charité rend tout léger : elle ôtc aux privations leur amertume; aux pertes, leurs regrets; aux ennuis, leurs dégoùls; aux maladies, leurs langueurs; aux soultrances, leurs douleurs. La passion la plusardente nedounepas, pour soutenir les peines de la vie, un courage aussi foi't, et surtout aussi soutenu, aussi général, autant à l'épreuve de tout , (pie celui qu'inspire la charité. Ainsi, dans (pielqiie situation (jue se trouve le Chrétien , il porte toujours en lui le bonheur; au sein de la prosjiérité, ses jouissances sont ptires et assurées, parce que sa religion lui apprend ;i les modérer. Notre faculté de jouir est bornée comme toutes les autres. Les plaisirs du monde trouvent leur terme dans leur mulliplicilé même : l'usage immodéré les anéaiilil, et ne laisse à leur place <pie le dégoilt de la salielé et le vide de l'ennui. Jtisle jugement de la Providence, qui a voulu «pie tout abus renfermât en soi sa peine. Les plaisirs de la conscience sont les seuls éternels '. Le (Chrétien devienl-il en butte à l'adversité, c'est ici le tiiompluî du christianisme. Incrédules! oseriez-vous mettre vos principes désespéranls en parallèle avtic les consolations touchantes ipi'il développe 2? Vous donne/ à la plus nombreuse portion du genre humain, piuir unifpie ressource, le néant! Vous lui arrache/ jnstprii l'espérance. Ah! ne fiU-cc que par pili(' |>oiir ses malheurs.

laissez-lui bénir une religion qui lui rend ses soulfrances précieuses par leurs conformités avec celles de son Rédempteur, cpiilui olfre d'immenses dédommagements pour tous ses maux; qui donne un prix à chacune de ses peines ; qui en fait autant de mérites et de titres à un bonheur sans mesure et sans fin. — Cardinal do La Luzeune. —

(Voyelle I* avril.)

' — Sont les seuls éternels est inexact, puisqu'il «'agit de la félicité du Chrétien en ce monde : il fallait : Sont les seuls durables.

2 — On ne déceloppe pas des consolations : le Christianisme offre ou donne des consolations.

Observation générale. Tal)leau fi-lùle du .bonheur que {;oùte le vrai Clirétien en ce monde ; lionlieur inaltéraitle que ne viennent i)oint troubler les choses de la terre , tant la source en est pure et divine! Telle est la noble pensée que l'auteur développe en un style aussi calme et aussi pur, que le bonheur du juste qu'il, décrit.

Poste de Barcelone.

UORT SE MAZET '.

Dors au tombeau lointain , victime du (le\'Oir ; Là, dans un HU, sa mère a perdu son espoir ; Gm peuple tout entier console sa tendresse ; Un prince généreux adopte sa vieillesse, — Mad. DuFftF.ssoY. —

Barcelone, l'une des villes les plus florissantes de l'Espagne, située surlesrivesde la Méditerranée , sous le plus beau climat , entourée de campagnes fertiles, centre d'un commerce étendu, offrait, il y a quelques mois 2, le spectacle du bonheur et de l'activité. Tout à coup une effroyable maladie éclate à Barcelonette. La peste se déclare dans cette ville , voisine de Barcelone , et qui semble être un de ses faubourgs. On néglige d'interdire toute communication : les portes restent ouvertes, et bientôt la contagion étend ses ravages jusque dans l'enceinte des murs. Un silence effrayant succède à tant d'activité. Une affreuse terreur s'empare de Vi\me de chaque citoyen. Les amis ne s'abordent plus qu'en tremblant : le fils croit voir sur les traits altérés df; son père les horribles symptômes du mal qu'il redoute ; mais c'est en vain (pi'il partage ses dangers; sa piété filiale ne le peut préserver du tré|)as. Alors, les liens les plus sacrés se rchkhent, les affections se refroidissent; le mourant appelle une main secourable pour lui fermer les yeux : personne ne répond à ses cris ; il expire dans une profonde solitude. On lutte cependant contre ce fléau dévorant, on essaie de le combattre ; mais la mort amoncelle les victimes : plus d'es-

poir de salut , la ville est devenue un vaste sépulcre ! . . .

Dès le commencement de la maladie , les autorités ont quitté Barcelone pour se réfugier sur les hauteurs voisuies. Un cordon de troupes espagnoles a été formé à quehiue distance : rien ne doit dépasser cette barrière. La crainte a banni de tous les cœurs la pitié et J'amour. La désolation qui règne dans la ville est encore augmentée par les désordres et le pillage. La mort des gens de bien , frapjiés du même coup que les scélérats , enhanlit la licenccOn ne reconnaît plus de frein : pressés de jouir des courts instants qui leur restent , les brigands s'emparent des richesses laissées sans possesseurs ; ils pénètrent dans les maisons, ils dépouillent les cadavres; la soif de l'or leur fait braver tous les périls; mais souvent une mort prompte et douloureuse les renverse auprès de leurs trésors.

Loin de ralentir son cours, la maladie dévientde plus en plusalarmaute : on compte quatre cent-trente personnes enlevées par jour. Le gouvernement espagnol, agité par mille troubles politiques, semble oublier les malheureux Barcelonais. Isolés au milieu de leur patrie , repoussés dans l'abîme dès qu'ils essaient d'en sortir, ils ne peuvent échapper aux horreurs qui les poursuivent; mais le triste récit de leur misère a ému le cœur des Français. Jadis leur intrépide valeur assurait le gain des batailles ; aujourd'hui que la paix a mis fin aux conquêtes , ils affrontent des dangers plus terribles avec le même courage. Plusieurs médecins ont ambitionné l'honneur d'être choisis par le Roi » pour aller porter des secours à Barcelone ; cinq ont été nommés à ce poste glorieux. MM. Pariset, Mazct, Bally, François, Roc/wiix , sont arrivés dans cette ville infortunée au plus fort des ravages de la peste. Dix mille six cents personnes ont déjà péri. Accourue sur leur passage, la foule bénit ses libérateurs: elle espère tout d'un si généreux dévoùment; mais ces héros de l'humanité ne sont pas les seuls qui osent braver le danger. Des femmes , aguerries par un zèle sublime, des religieuses de l'ordre de Sainte- Camille, ont abandonné leur paisible demeure, et sont parvenues jusqu'aux frontières. Là, elles sont arrêtées par le cordon de trouj)es qui ferme le passage. •' Des mesures aussi rigoureuses qu'indis{)ensables, ont-elles dit, portent peine de mort contre les habitants qui s'enfuient de leur patrie ,désolée ; mais ces mesures n'atteignent point ceux que la charité y conduit. i> El déjà elles ont pénétré dans l'enceinte pestiférée. Pendant (ju'elles s'efforcent de seconder les médecins français, ceuxci semblent se multiplier pour répandre le soulagement et les consolations. De quelles scènes déchirantes ne sont-ils pas témoins ! I Appelé près du lit d'un malade. M. Pariset

y troiivr un ininistri- de la rt'li(;ion frappe dr mort au inoiut'ut où il t-xliortait à la iesif;natiou «'t au coura{;c celui qu'il prect'de dans IVtornité. Le malade lui-nuMne, vn proie à luille tortures , s'aj'.ite sur sa couche funèlire. 11 pousse lies cris involontaires; le sang jaillit à la fois de toutes les parties tle son corps. Sa houche exhale une odeur fétide; ses lèvres sont souillées d'un sanj^ noir et corrompu. Le j»ouls devient insensilde; un froid mortel jTJigne le ctvur ; le })oison sulilil tpii s'échappe du cadavre s'attache aux vêtements de ceux qui l'entourent, aux parois de l'appartement, et propa[je la contaj^ion. M Parisot, dont les soins sont devenus inutiles, fuit ce spectacle horriMe.et reprend le chemin de la maison qu'il hahite avec ses confrères : un coup affreux l'y attend. Animé par ce zèle et cette soif de ilcvoùment ((ui n'a]>|>artiennent qu'aux {îrandes ;\mes , \e y-nna Mo zct , son disciple et son émule, a voulu partaf^er ses travaux. Ils ont déjà plus d'une fois bravé la mort ensemble. Cependant, prêta laisser la France, le jeune médecin éprouve une crainte vague, helas ! trop prophétique! 11 ne pense point à lui , mais à sa mère, déjà vieille , que sa mort laisserait isolée et sans appui. Cette affligeante pensée n'ébranle point son courage. A peine «st-il entré dans Barcelone , et il a déjà prodigué ses secours à plusieurs malades. Au milieu de cette noble et périlleuse tâche , il est arrêté par les premiers symptômes de la maladie. La science ne lui permet plus de douter de son danger : il appelle ses amis autour de son lit: il essaie de les consoler, et meurt en s'écriant : <i Ma mère ! ma pauvre mère ! » Qu'un monument p.ieux s'élève à la mémoire de ce jeune martyr ! Que sa mère trouve un fils dans chaque Français, et qne sa gloire, gravée sur le bronze, passe à la postérité.

— M""- SwASTON Belloc. —

A. t. svva:<to>' eei.i.oc.

Madame >Jnne-Louise Belloc, m'e Sirrinfon, d'origine anglaise par son iière, chevalier di' Snlnt- Louis. lieiilenaiil-crihmel dans nri réginicnl irlandais an sfivice de France, nncpiil à La Hoclielie, •Ml 1801. Elle parla an:;lais en mémo temps (|ue français. Encore enfant, elle ex|ili(|nait et savait par cœur les |iliis hcnix passages dfs meilleurs poètes anglais. A (|uiii/c ans, elle s'ess.iy.i .i diverses Iradurlidtis. A dix-liuil ans. elle avait dijà pnitlit- un Maiiiivldc Morale chicticnne, àl'nsage dfsécolfs primaires, lliss Siranton avait d<''\elfippé et api(li<|né, pour la première fois, dans cet «mvrage, le syslètnc do (/ufsli<i}isailn\tU't récenunenl |K)nr les salles d'asile, moyen si propre à éveiller, a exciter, ;i diriger rintelligenci des enfanls. Elle ht paraître peu après . i" des (juilcs traduits de l'anglais, de inis.s EiKitwoRTit (2 vol. in-is); ï" nne (radnelion des fat ria relies mr lit Terre de (Jlianann (2 vol in-12), par miss O'Keeff'e, ouvrage destiné à la jeunesse ; s" la pelile Galerie morale

de l'enfance (i vol. in-is). En i8i9, elle devint col- Liboialriee de la Revue Encxclopédiijue, et s'y til hienlot remaripier par d'excellents articles sur l.i lilleratuie anglaise. In sentiment exquis du heau et du hoii i>iésidait toujours à l'examen critique et .UI jugement des ouvrages dont elle s'était ( liargée de rendre compte: son àme inspirait son esprit.

Toujours préoccupée d'idées sur l'éducation, et (in besoin de bonnes et saines lectures pour les enluils et i)ourles classes pauvres, miss Swanton fonda, sous le titre de Jiihliollii'ijue de famille, un Il cueil ?nensuel dixisé en trois ]iarlies : i» Religion et Morale; 2" Instruction, Arts industriels. Géographie ; 30 Mélanges. Contes nmraux. Ce recueil, conlimié |)endaiil deux années, tsïo et i82i, mérita à s,i fondaliice, tievenue alors madame Belloc, une médaille d'or décernée parTAcadémie française.

Sa nouvelle position, tout en lui imposant de nouveaux devoirs, loin de la détourner de sa carrière littéraire, lui fournit l'occasion de donner à .ses travaux une plus grande activité. Elle coopérait à la fois à la Renie Encyclopédique depuis 1819 jusqu'en isôi, et au Globe, depuis isîijusqu'einsso. l'Ile publia successix émeut , 1» une traduction du fioeme des Amours des .Jnijes, par 'J'homas Aloore, suivie d'iui clioi.x de Mélodies irlanduincs; 2" un ouviage original, en deux volumes, intitulé lA)rd Byron; s" un autre ouvrage original ; Bonaparte et les Grecs; i° une traduction des Grandes routes et chemins de trarerse, par M. Grattais (3 vol. in-12); .s" une traduction des Mémoires de Dyron, par xMoore (5 vol. in s", i829 et 1830); 6" La Découverte de rcmbonchurc du ISif/er, par les frères Lander, traduit de l'anglais (3 vol. in-8", 1831); 7" Hélène, roman traduit de l'anglais de missEGDEWORTii.— Ces nombreux travaux littéraires, pour les(juels madame Belloc a été souvent secondée jiar son amie, mademoiselle Adélaïde Mo>tgoi,fier, qui s'était associée ù elle avec tout le dévoûment d'une fraternelle sympathie, ne l'ont point empêchée de poursuivre sa véritable mission. Devenue mère de famille, elle s'occupa d'éducation avec un redoublement d'ardeur et de persévérance. En 1825. elle lit i)araitre les Jeunes Industriels , en partie imités, en (tartie traduits de l'anglais de miss Edgcworth (4 vol. in-12); puis, et de concert avec mademoiselle Montgolfier, elle donna, sur le même plan, V Éducation familière publiée par .séries de lectures graduées depuis sept jusqu'à quatorze ans (12 vol. in-12). Cet ouvrage, qui est à sa troisième édition, obtient un succès tellement général, (|ifil suftirait seul pour jirouver combien était nécessaire la révolution <pie madame Belloc opéra dans les ouvrages destinés à l'enfance. Les Contes aux jeunes Garçons et au.r jeunes Filles, publiés en i83o, et la ('orheille de l'année isnr., sont venus attester de nouveau la bienfaisante et infatigable activité de l'écrivain quis'iiisliiiisail elle-mêm(î avantde com l»oser ses ouvrages jiour mieux instruire ses jeunes lecteurs, et bientôt ses proiires enfants.

Madame Belloc, aujourd'hui (novembre i«.^6), publie, .sous le litre de i,a ]{n:nE. journal et cours d'études, un ouvrage périodique destiné à l'instruclioii en même temps (ju'à l'amusement de la jeunes.se. nie élend eiieoie, parcelle nouvelle voie, son inHiience civilisatrice sur nombre de jeunes personnes, dont elle dirige habilement les dispositions, changeant le désir de briller en besoin de savoir.

23 OCTOIJKE.

Puisse une vie si laborieuse, si utile, el déjà si remplie de bons ouvrages, qui sont autant de bonnes actions , se prolonfçer longtemps encore pour le bonheur de la famille de madame Belloc et de ses nombreux amis, et dans l'intérêt de renl'ance et de l'humanité ! M. A. .1.

' — Mazct (André), médecin, né à Grenoble en 1793. se livra de bonne heure i") l'élude de son art. Eu isiyil fut envoyé en Espagne avec M. Pariset, pour observer une épidémie qui régnait à Cadix. Ce voyage offrit peu de danger; mais, en i82i, une seconde épidémie s'étanl déclarée à Barcelone, sur la côte orientale, Mazet fut encore désigné, conjointement avec MM. Pariset, Bally, François et MocliouiV, pour aller porter les secours dé l'art dans cette malheureuse ville. A peine arrivé aux lieux que désolait la contagion, il en fut atteint, et succomba après quelques jours de maladie.

* — Ceci a été écrit au mois de novembre i82i.

5 — Louis xviii.

Observation générale. Narration touchante et pathétique : style énergique et simple , morale toujours pure.

1801. — Première représentation de Maison à vendre, opéra-comique de M. Aicxandre Duval.

uni: MAISON EN RUINES.

Et la vigne flexible, rt le lierre aux cent mains. Autour de ces débris, lainpant avec souplesse. Semble vouloir cacher ou parer leur vieillesse.

— DuLILlE. —

A une centaine de pas environ de la petite ville de Vendôme ' se trouve, sur les bords du Loir , une vieille maison brune, surmontée de toits très-élevés, toute seule, sans une tannerie puante, sans une méchante auberge pour voisine.

Devant ce logis est un jardin donnant sur la rivière; mais les buis, autrefois ras, qui en dessinaient les allées , croissent à leur fantaisie; la haie de clôture pousse en liberté; les jeunes saules nés dans le Loir se sont rapidement élevés ; les herbes que nous appelons mauvaises décorent de leur belle végétation le talus de la rive ; les arbres fruitiers en bordure n'ont pas été taillés depuis dix ans , et ne prodfiisent plus de récolte. Les espaliers ressemblent a des charmilles ; les sentiers, sablés jadis , sont remplis de pourpier ^ ; à vrai dire , il n'y a pas de trace de sentier.,.. A l'aspect de ce jardin qui n'est plus, toutes les délices ' de la vie paisible dont on jouit en province se devinent , comme vous devinez l'existence d'un bon négociant en lisant l'épilaphe de sa tombe * ; puis, pour compléter les idées tristes et douces dont l'âme est saisie, il

y a sur l'un des murs un cadran solaire, orné de cette inscription bourgeoise :

Fugit hora b revis.

Du reste , les toits sont horriblement dégradés , les Persiennes toujours closes; les hirondelles ont fait des milliers de nids à tous les balcons; les portes ne s'ouvrent jamais; de hautes herbes ont poussé par les fentes des perrons; les ferrures sont rouillées; la lune, le soleil, l'hiver, l'été, la neige, ont creusé les bois, gauchi les planches , rongé les peintures. Le silence de cette morne maison ne doit être troublé que par les oiseaux , les chats , les fouines , les rats et les souris , qui vont et viennent en liberté.

Une invisible main a écrit partout le mot : Mystère!...

Si, poussé par la curiosité , vous alliez voir cette maison du côté de la rue , vous apercevriez une grande porte , de forme ronde par le haut, et à laquelle les enfants du pays ont fait des trous nombreux. J'ai appris , plus tard, que cette porte est fermée depuis dix ans.

Par ces brèches irrégulières , vous pourriez observer la parfaite harmonie qui existe entre la façade du jardin et la façade de la cour.

Des bouquets d'herbes dessinent exactement les pavés; d'énormes lézardes sillonnent les murs ; des pariétaires s ornent de leurs festons les crêtes noircies.... Les marches du perron sont disloquées ; la corde de la cloche est pourrie ; les gouttières sont brisées : tout est vide , désert, silencieux. Cette maison est une immenseénigme dont personne ne connaît le mot. Elle porte le nom de la Grande-Bretêche ; autrefois c'était un petit fief.

— De Balzac. —

Scènes de la Vie privée. '\'oyer le 8 janvier.)

' — f^endô)iie. l'une des sous-préfectures du département de Loir-el-Cher, à huit lieues de Blois. 2 — Pourpier, plante potagère fort commune.

' — Délices, masculin au singulier, et féminin au pluriel.

^— Cette allusion ne se devine point sans effort.

^ — Pariétaire, sorte de plante qui croit abondamment sur les vieux murs, le long des masures et des haies.

Observation générale. Cette description peut servir de modèle en ce genre. On éprouve , en la lisant , toutes les impressions que font naitr»; les ruines, le silence , la solitude et le mystère. Rien n'est oublié pour reproduire la physionomie de cette maison abandonnée; aucun détail n'échappe à l'investigation ni au crayon du peintre.

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1(U8. — Par Ip Ir.iili^ ilo \V«->li>h.ili«', r.Vlsaco osl r^'uiiic A la l'raïu'c miiis LuuU mv.

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