‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 280 sur 370 · LA COMMUNION · texte numérisé non relu

LA COMMUNION

{/■ Chrut , Ae nos péchés virlinir rnuisiantr, IV in élus ch^ru Dotirrilurc » ivsntc . ' Dnrrnd mut lr« aatrU . ■ no» yrux t|irrilu.<i , Et nuusd^rouvrr un Dieu sous un pain qui n'fst plus. — Vui.TikI«£. —

CVst y douze ans . c'est au printemps de l'aniief. (juc radolcscent s'unit à son Créateur. Après avoir pleure la mort du Rédempteur du monde avec les montagnes de Sion, après avoir rappelé les ténèbres qui couvrirent la terre ', la clirétienté sort dt- la douleur; les cloches se raniment; les saints se dévoilent, le cri de la joie, l'antique .llloluia d'Aliraliam et de Jacob fait retentir le dôme des églises.

Déjeunes filles vêtues de lin, et des garçons parés de feuillages, marchent sur une route semée des premières Heurs de l'année ; ils s'avancent vers le temple, en répétant de nouveaux canti(iues; leurs parents les suivent; bientôt le Christ descend sur l'autel pour ces âmes délicates. Le froment des anges ^ est déposé sur la langue véridique qu'aucun mensonge n'a encore souillée, tandis que le prêtre boit, dans le vin pur 5, le sang méritoire de l'Agneau.

Dans celte solennité , Dieu rappelle un sacrifice sanglant, sous les espèces les plus paisibles ^ Aux incommensurables hauteurs de ces mystères, se mêlent les souvenirs des scènes les plus riantes. La nature ressuscite avec son Créateur, et l'Ange du printemps semble lui ouvrir les portes du tombejiu , comme cet esprit de lumière qui dérangea la pierre du glorieux sépulcre. L'ige des tendres communiants et celui de la naissante année, confondent leur jeunesse , leurs harmonies et leurs innocences''. Le pain et le vin annoncent les dons des champs prêts à mi">rir. cl retracent les tableaux de l'agriculture. Knlin Dieu descend dans les âmes de ces enfants jioiir les féconder, comme il descend, en cette saison, dans le sein de la terre, pour lui faire porter ses fleurs et ses richesses.

La communion présente une pompe charmante; elle enseigne la morale, parce (jii'il faut être pur pour en ap[)roelier; elle est l'offrande des (hms de la terre au Créateur, el elle rappelle la sublime et touchante histoire du rils de l'honnue. Unie au souvenir de la

Pâque et de la première alliance, la communion va se perdre dans la miil des temps; elle tient aux idées premières sur la nature de l'homme religieux et polilitpies, c'I exprime rantique égalité du genre liiimaiii ^ ; enfin, elle perpc'tue la mémoire de notre chute primitive, de notre rétablissement , el de notre réunion avec Dieu.

— I)F. <:n\TEAl nRIWI). —

(Vo>«lr6jami.r.)

• — Or. depuis la sixième heure du jour jiisqu'.'l la neuvième, les Inièbres couvrireut la terre... et •lêbus. jelanl un giaiiil cri, reutlil l'esprit.

Évangile.

2 — Eccepanis angclorum, l 'cre panis filioruiit !

Ilyiiinc.

^ — Cette expression, le rîn pur, consacrée dans le langage île la vie commune, fait une disparate avec le Ion poéli<|ue du discours Nous croyons Hii'il serait mieux dédire ici : dans un r in pur.

* — Par celle éi)illièle. qui aiirail i>u être mieu.x choisie, l'auleur a sans doute voulu exprimer l'opposition avec les sacrifices sanglants des anciens.

•'' — L'image que l'auteur a voulu présenter devient obscure exprimée avec les termes iju'il a choisis. Confondent est impropre el Iroj) absolu. On pouvait dire : >< L'âge des lendres communiants el celui de la naissante année semblent réunir, ou mettre en commun, leur jeunesse, leur innocence el leurs harmonies. »

^ — L'homme , fait pour la socii'lé, ne peut sans l'amour fraternel, sans l'amour de son semblable, accomplir les devoirs qu'elle impose ; il ne peut rendre cet amour durable el sincère qu'en le sanctifiant dans le sein de Dieu. Ces deux conditions, nécessaires àraeeoinplisseinent de la destiuée humaine, sont remplies par deux sciences qui n'en font qu'une, la l'oUliquc et la Religion.

La communion, le symbole de cet amour fraternel qui unit les hommes dans le sein de Dieu, leur père commun . est le principe et la base de toute politique, de toute religion.

Quand ce synd)oIc ex|)rime une croyance ferme, une foi vivante daus le cœur de la société, l'édifice religieux el l'édifice social sont alors solidement assis sur une même base;loules leurs parties sont en harmonie parfaite, tous les détails concourent à la force el à la beauté de rensem!)le; mais, (piand la Communion n'est plus qu'un simple signe, un souvenir, un acte de coinmémoralion, alors l'édifice reli[;ieux et l'édifice social sont privés d'tni lien imis.saiit, l'harmonie disparaît, et l'homme n'a plus que faiblement la conscience de sa destinée.

7—11 serait plus exact de dire: L'égalilé des premiers Chrétiens ; l'égalilé était inconnue aux premiers Ages du monde.

nbxrnation ffcncrnle. Morceau lirillnnt '|iii exprime, par les images les plus riantes el les lal)leaux les plii.s {frarieiix, le caractère poéliquc, moral et symbolique de la communion chrétienne.

—1657.— Établissement des Sarurs de charité.

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