LES SOEUKS SE CHARITE
Quand leurs secours &ont vains, leur prière console. — V. lUco.—
Nous voyons tous les jours ces vertueuses filles, cherchant à remplir le but de leur fondateur', parcourir nos villes et nos campagnes pour porter des secours aux êtres soulfrants et malheureux , et pour se consacrer à l'instruction de nos enfants. Retirées du monde et de ses plaisirs^, elles n'y paraissent que comme des anges consolateurs. Et gardons-nous de croire qu'à force de voir soulfrir, elles ne-sachent plus compatir à nos peines; personne, au contraire, ne prodigue des soins plus touchants , des consolations plus douces. Il en est sans doute dont l'habitude ou le temps ont émoussé la sensibilité'; mais la véritable religieuse, celle qui sent toute l'Importance de la noble tdche dont elle est chargée , qui a embrassé son état par amour et parvocation, a un fonds inépuisable de pitié et d'humanité. Je me rappelle la réponse que me fit l'une de ces respectables femmes à des informations que l'on m'avait chargée de prendre sur une malheureuse qu'on voulait secourir, mais dont on désirait connaître la conduite passée. Elle avait été soignée pendant quelque temps dans un hospice dirigé par des Soeurs de la Charité. Je m'adressai à l'une d'elles pour avoir des renseignements sur la moralité de leur malade. <( Nous ignorons qui elle est, et d'où elle vient , me dit la religieuse avec beaucoup de simplicité. Nous ne le lui avons pas demandé : les gens qui sont ici ont besoin de nos soins ; notre devoir est de les leur donner, quels que soient leurs vertus ou leurs vices. Ils souffrent, cela seul doit suffire pour chercher à les soulager^. > Tel fut à peu près le sens de ses paroles, plus modestes et plus simples encore que celles que je vous rapporte. J'étais presque honteuse de mon message, en comparant en moi-même la charité des gens du monde à celle que prescrit la religion. Combien je trouvais cette dernière plus grande et plus universelle !
— Mad. L. Sw. Belloc. —
(Voyci le 22 octobre.)
• • — On ne remplit point un hi/l , on Vatteint; mais on remplit les intentions, et c'est ce dernier mot qui était ici lu mot propre.
^ — Retirées maïKiiie d'exaclitiide ; il seml)le indi(|iur qu'elles ont v('cii dans les plaisirs du monde, ce ([ui est assez rarement applicable aux Sœurs (le charité. Séparées du monde, etc.. était rex;>ression convenable.
' — Le verbe serait mieux au singulier. (Voyez ma Grammaire, n" r,r>h.)
■*— Ceilainsijrammairiensbliiineronl ici l'emploi de l'intiiiilif qui, selon eux. est équivoque. Le sens levant toute aniithiiwioyie. la phra.se est correcte ; elle est d'ailleurs justifiée par l'exemple de nos meilleurs écrivains. (Voyez ma Grammaire,
no 630.)
Obscrration (jcnérlde. Co morceau, écrit avec (;rAcc et simplicité, donne une idée jii.'ile de la charité clirétienno.ct on fait vivenienl sentir la supériorité sur la philanthropie des philosophes.
— 1703. — Mort de Jules Ma.icaro/x, prédicateur français.