COUKSES SUR LA GLACE
DE SAINT-PÉTF.RSEOURG A KRONSTADT.
L'hiver a ses plaisirs : son souffle rigoureux Souvent est le signal des courses et des jeui. C'est alors qu'emporté par tin coursier rapide, Court le traîneau léger sur la neige solide ; Alors, en se jouant, des pieds armés de fer Vont sillonnant les Dots endurcis par l'hiver. — Delille. —
Au commencement de l'hiver, on trace sur la glace le chemin qui conduit de Pétersbourg à Kronstadt ; il est indiqué par une allée de hautes balises i. De lieue en lieue on trouve des guérites bien chauffées où sont placées des sentinelles qui , dans les temps brumeux, entretiennent des feux de distance en distance et sonnent des cloches dont le tintement prolongé rassure et guide le voyageur. Un restaurateur est état)li vers le milieu de la route. Cette innombrable quantité de personnes de tout âge et de tout sete, enveloppées dans de vastes pelisses , et glissant avec indifférence sur une surface fragile qui les sépare de l'abîme , offrent à l'habitant des contrées méridionales un spectacle étrange , qui jette dans son âme un effroi ignoré des peuples du Nord 2. Mais c'est surtout lorsque sont commencées les courses en bouers , que la rade de Kronstadt présente le tableau le plus animé. Ces
boiiers sonl îles canots fixés sur deux lames de fer semblables à celles «les patins ; une troisième est adaptée sous le «Touvernail ; «^es bancs sont dispost's pour les voya^jeurs autour de cette embarcation ({ui a un. deux et même trois m;Us. Poussés par le vent (pii souffle avec force dans cette saison, et dirij^es par un pilote habile, ces canots, tpie distinjyuent des agrès variés et des pavillons de différentes couleurs', volent avec une incroyable rapidité ; un soleil p;Uo laisse tomber sur eux ses rayons sans chaleur ; les voiles se déroulent, l'aipiilon souffle, le bâtiment s'élance, les matelots, par tle savantes maiiu-uvres . cherchent à se devancer, et, en moins d'une heure, un espace de dix lieues est franchi. Pierre i'^ aimait beaucoup ces courses sur la i;lace. et sa prévoyance avait su leur donner un but utile : poursuivant sans rehlche le dessein qu'avait formé son génie de créer des marins, et craignant que. dans l'inaction d'un long hiver, les hommes (pi'il avait initiés aux secrets de la manœuvre des vaisseaux ne perdissent le fruit de ses leçons, il les exerçait ainsi , et , sur un océan solide, les armait de cette expérience qu'ils déployaient ensuite sur une mer orageuse.
— AXCELOT. —
Six mou rn Rouir.
A^VCELOT ( Jacques-François-Policarpe-Àrsene ) ,
Né au HàvTC, le 9 janvier 1794.
Il di'huta dans la carrière littéraire par quelques vaudevilles; mais Z,om/s ix. tragédie classique, où l'on remarque de lieaux vers, lui assure un ran{; distingué parmi les poètes dramatiques de notre temps, k celte tragédie succédèrent Fiesque, le Maire du palais, Olga, Elisabeth d'Angleterre , (|ui obtinrent aus.si quelque succès.
Parmi ses autres pièces de théâtre, nous citerons l'Homme du monde, qu'il fit avec .Saintine , son ami; Madame Dubarry, Léontinc, Madame Duchatelct , Madame d'Egmont, le liégcnt ; ifeine , Cardinal et Page, un Mariage raisonnable , nn Mariage sous l'empire, etc.
Parmi ses œuvres poétiques on remarque Marie de lirabant , p(»eme en 6 chants. Son romande l'Homme du inonde, et Six mois en Russie , relation intéressante, composée de lettres adressées à Saintine. ont eu un beau succès.
M. Ancelol appartient à l'école classique et s'y distingue par l'élégance et la pureté de son style": tous ses ouvrages décèlent une grande finesse d'observation.
' — Marques que l'on met sur un banc dangereux pour avertir les vaisseaux. Ce sont au.ssi de longues percliesqui indicpienl un pas'^age périlleux.
' — Ce n'est pas que les itcnpies du Midi ne .%'adonnent aussi à des jeux périlleux; l'ascension des montagnes , la lutte , l'équitation , la natation ; mais la mainerede braver les dangers ditfère cssen- (ielleinenl. F/ex,-i|inlion et le |)laisir font taire chez les méridionaux la |>n-occupation du péril ; chez les