‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 6 sur 370 · LES ETRENNES · texte numérisé non relu

LES ETRENNES

Minuil : Tannée expirr , f t l'année est édose. Une reine nouvelle entre dans l'univers ; Reine enfant , dans ses mains que de hoeliets divers' Que son sceptre est léger sur l'enfant qui repose! — Mad. Desbordes-\'almure. —

C'est moins avec des paroles que par des démonstrations muettes , qu'au jour de l'an, l'inférieur met le supérieur à contribution. Allez-vous chez l'homme en place, voyez comme toutes les figures y sont riantes, à commencer par celle de ce portier ou de ce suisse, qui est si maussade tout le reste de l'année. Voyez avec quelle promptitude il tire le cordon , avec quelle précipitation les valets vous ouvrent la porte, avec quel empressement les huissiers vous annoncent , avec quelle poli-

tesse les secrétaires vous reçoivent '. Rien de plus poli que toute la valetaille, pour vingtquatre heures 2. Ce jour-là , en dépit des ordres de Monseigneur, elle vous introduirait jusque dans son cabinet. Mais Monseigneur, que vous ne voudriez pas trouver, /?'^e*//)r?5; et, pour la première et la dernière fois de l'année , ce mot est vrai dans toute son acception. Monseigneur, à qui vous venez faire votre cour, est allé faire sa cour aussi, et répand ailleurs les étrennes que vous prodiguez chez lui.

C'est avec de l'argent qu'on répond à toutes ces civilités. Après tout , que peut-on trouver d'injuste dans cet usage? Il ne pèse , au fait, que sur les gens auxquels il est utile. Ce solliciteur, qui vide sa bourse dans les antichambres, paye ou les services qu'il a reçus, ou les services qu'on lui rendra. C'est une espèce de droit de passe qu'il solde une fois l'année par abonnement.

— A. V. Ar>'a€lt. —

AR^AULT ( Jntoine-Vinccnt )

Né A Paris, le i" janvier tvee, et mort à Goderville (Seine-Inférieure), le 16 septembre 1834.

i^ JANVIKII.

iî JANMEIl.

Membre de l'Académie française, aiiloiir tiMi;iqiie. et l'un de nos écrivains les i>lus dislinj;iiés.

Un cite, parmi ses Irn^édies. Matins à Minturtics, représeiilée en J79i; les I ènilictis, composée en partie à Venise même , sur les ruines ties insli- In lions (ju'elle rappelle; <^;e;Mirt/n<WA, jouée en isic. lors de l'exil de l'auteur, et dont la représentation si orai'.euse faillit devenir trai;i(iue.

Les Fables qu'il a publiées sont estimées, et ses derniers mémoires, écrits avec autant d'esprit que de talent, sont remi>Iis d'intérêt.

Ce fut en it^h qu'il fit partie de l'Institut, et, une année plus lard, du ministère del'inlérieur, comme chef de la direction de l'instruction publique. Tout dévoué à Napoléon, admirateur de ses hautes (|ualilés, et reconnaissant de ses bienfaits, il perdit sous la restauration, en isis, tousses emplois, et fut exilé, d'abord à vinj^t lieues de Paris, puis, en 1816, hors de sa patrie, à laquelle il fut rendu en 1819.

Son fils. Lucien Arnault, marche sur ses traces; il est auteur de deux trajçédies, Pertinax et Réijulus; cette dernière a obtenu un brillant succès.

' — Ilypotypose heureusement exprimée. L'hypolyposc est une fij^ure de rhétorique, qui consiste en une description brillante, animée, une peinture vive , apparente.

2 — Ici pétulant serait peut-être plus convenable que;^OMr.

Obseiratioti f/étiérale. E.^quisse léj^ère (|ui peint, avec une fine raillerie et le talent d'observation quelques-uns des inconvénients du premier jour de l'année.

— 1812.- Iiistltulion »lu Minislfre du Commerce et «les ilamifaclurcs.

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