LES RUES DE PARIS
Ia' liois le plus func&tc et le nioina fiAitienlt Kst ,aii prix de Paris, un lieu do ïiirelé : Malheur dune à celui qu'uiieaffaire iuiprévnr Kngage un peu trop tard nu tl^tour d'une i uc
11 y a dans l'aris certaines rues deshonorées ' aillant t[ii(' {xul l'élre nn lumiiue cou- IKiItle d'inlaiiiic ; puis il y a des rues nobles, puis des rues siinpl'jincul honnêtes , puis de jeunes rues sur la moral i lé desquelles le public ne s'est pas encore foriné d'opinion ; puis des rues assassines, des rues i)lus vieilles que de vieilles douairières ne sont vieilles^, des rues eslinialiles. des rues toujours projires, des rues toujours sales, des rues ouvrières, travailleuses, mercantiles. Enfin les rues de Paris ont des qualités humaines, olnous-inipriinenl,par leur physionomie certaines idées contre lesquelles noussommes sans défense. 11 y a des rues de mauvaise compagnie où vous ne voudriez jias demeurer, el des rues 011 vous placeriez volontiers voire séjour". Qitehpies rues, ainsi (lue la rue Blonlmarlre , ont une belle télé et finissent en (picue de poisson. La rue de la l'aix est une large rue , une grande rue; mais elle ne réveille aucune des pensées gracieusement nobles ipii surprennent une âme imjiressible ■* au milieu de la rue Royale , et elle mantpie cerlainenienl de la majesté qui règne dans la i»laee \ endome. Si vous voulez vous jiromener tlans les rues de l'Ile-Saint-Lonis, ne demandez raison «le la tristesse nerveuse ipii s'empare «1«; vous «jifà la solitude, à l'air morne des maisons et des grands h<>lels déserts, (lelle île, lecailavre d«'S ft^rmiers géncraiiv •'•. est «'omme la Venise de l'aris ". La jilace «le la Ihuirse esl babillarde , active, jnostiluée ; elle n'est belle «pie jiar un clair de lune. <'i deux heures du malin : le jotn* , c'csl un abrégé «le l'aris ; pendant la uuil , c'est comme une rêverie de la Grèce '. — De I!aiz,u;. —
(Vn,e,, p m )
' — Le mt'rite de cette charmante description consiste dans l'emploi habilement varié d'une UK'lonyniie où la rue est prise pour les habitants.
2 — Ri|)élilion fort orij;inale.
^ — Placer son séjour est un peu |)ivtentieu\ ; où vous fixeriez votre séjour serait plus simple et plus exact.
* — Inipressible n'est pas français , et est d'autant moins admissible, i\u'tnipressionnable , mot nouveau peut le remplacer.
'•' — Les fermiers généraux étaient ceux qui autrefois i)renaient à ferme la recette des impôts; ils habitaient l'ile Saint-Louis.
'• — Cette similitude re|)Ose sur deux faiLs : l'entourage de l'eau commun aux deux cités, et leur état de décadence.
7 — A. cause de l'élégance de la place et du style de l'admirable monument qui la décore.
Obscrvalion générale. Ce portrait des rues rie Paris est plein d'espiit et d'onginalité. C'est une idée ingénieuse et vraie, cpie d'identifier ainsiles rues avec leurs habitants, de les animer, de les personnifier. de leur donner eu quelque sorte une vie individuelle et morale.
IW2. — Découverte de VJmériqite, par Christophe Colonib, Génois.