VENISE
f'u fii& graiiflc autrt-fuis, et hfllîqiiriiso et fit-iT,
Fîere des faveurs de vingt rois !
Mais depuis... Pabandoiit la roitille, la poussière, Ihil ronge ton ^p^c , ont effacé tes lois. — F.DOI'AI\D lMI»>tk. —
Une réptiblique fameuse, longtemps puissante, remanpialile par la singidarité de son origine, de son site cl de ses iuslilulions , a disparu de nos jours, sous nos yeux, en un moment '.•Contemporaine de la plus ancienne monarchie de l'Jinrope , isolée par son système et par sa position, elle a jiéri ^ dans celle }ïrande révolution «pii a renverse tant d'aulr<'S Elals. In caprice de la lorlunea relevé des trônes al)altus : V enise , presque seule , a disparu sans retour ^; son peuple t si elfacé de la liste des nations; et. lorsqu'après ces longues lemj)ètes, tant d'anciens possesseurs se sont ressaisis de letu-s droits, il ne s'est point trouve d'héritier pour iMi si riclie herilaifc^! DejMiis sa cataslr(q)he, livrée, remlue, rejirise, el asservie pour toujours, elle a à peine entendu de fail>l<s voix réclamer pour elle celte pitié, dernier droit du malheiu'.
Ouelque |)reocenpés rpie fussent les spectateurs de celle gramlc infortune honorée de si peu de rejjn-ts. ils se sont demandé connnent avait pu se dissoudre im gouvernement réputé jusqit'alors inébraulalde; ils se sont informes
des causes (|ui avaient thi préparer une si subite et si conqilèle révolution.
l/hisloire, (jui doit son témoignasje à ceux «pii ne sont j)lus, consis^nera les souvenirs que nous a laisses ce peuple tpie sou anciennett' place à la tète des nations motlernes. tpîi les precéila tontes dans les ails de la civilisation, et (|ui mérita letn* envie par ses prospérités *. l'arnii les guerres, les conquêtes, les désastres, les conjiu-alions , elle aur;i à tracer la marche de l'iiidustrie hinnaine, à dévoiler les ressorts incoiimis jus(pi'à ces derniers temps d'iMi gouvernement mystérieux, tour à tour l'ulijet lie l'admiration et de la satire'», mais à (pii ses plus ;;raiids euncniis n'ont pu contester du moins sa stabilité.
Il n'est pas rare de voir de grandes émigrations de peuples inonder lui pays, en changer la face, et ouvrir pour l'histoire une ère n«>uvelle ; mais tprtuie poignée de fugitifs , jelée *> sur un banc lie sable de «piehpies cents toises de largetu-, y fonde lui Ktat sans territoiic; (prune nondireuse population, attirée par int allrait irrésistible^, viemie couvrir celle plage nionvanle, où il ne se trouve ni vég('lation , ni eau potable, ni matériaux, ni même de l'espace pour bàlir; que «le l'industrie nécessaire pour sid)sisler,elpoin"alTermir le sol sous leurs pas , ils arrivent jusipi'à présenter aux nations modernes le i>remicr exemple d'un gouvernement re:;ulier; jusqu'à faire sorlird'nn marais des Hottes sans cesse renaissanles, pour aller renverser un grand empire, et rectuillir les richesses de l'Orient ^ ; (pi 'on voie ces fugitifs tenir la balance poIiti([ye de l'Italie, dominer sur les mers . réduire toutes les nations à la condition de tributaires, enfin rendre impuissants tous les cH'orts de l'Europe liguée contre eux; c'est là sans doute un développement de l'intelligence humaine (pii mérite d'être observé; et si l'inléièt (pi'il inspire fait désirer de connailre(pu'll(; fut la part de gloire, de lilierté, de bonheiu", dévolue à cette nation, on jettera peut-être les yeux sur le lableau de sesi)rogrès et de ses disgrâces.
— P. n.vnc —
Histoire «le Venise.
l).\Rl' ( Picrre-.Jiiloinc-Nocl-Pruno , comte ),
Né h Montpellier, en i7r,7, (rime famille Iiono rable el dlsliiiguée, il rcijiil une ('•diicalidii aii.ilo giic à sa naissance, et fui d(\stiné ft l'élat niililairi'. La révoliilioii le siirpiil jeune eiicdre. Kiiiployé an ininist( re de la guerre, il en sortit voloiilaiieinenl au is fructidor. ^oullU(' ordonnateur en ( lief de; années, secrétaire général du niinisléii de la î;iieire, commissaire pour l'exéeulion de la eoiivenlioii de MarenffO, dt'-jù son nom s'unissait au n'-eil de nos vicl(»ires; d(\j;^ 15onaparte avait appn'eié sa patience cl sou eouraj;e. .\ii milieu de ses occii|ialion8 multipliées el laborieuses, Daru sut
enrore trouver des momenls à consacrer aux IMiises; une excellenle fradticlion A' Horace en rers, des traductions de Cicèron, divers poCmes sur ff'asliington. sur les Alpes, sur l'Astronomie; une Épîtrcà Delille, des Discours envers, des Discours à l'Avadéuiie. VHisloire de Bretagne, celle de Denise: tels furent les fruits des loisirs de Daru.
Son œuvre de prédilection était sa Traduction A" Horace, (jui. par l'éléjïance et la souplesse du style, la fidélité «le la traduction, est encore la meilleure <|ue nous jiossédions. l'histoire de Fevise est aussi un ouvrap;e remarquable. L'auslére république y est peinte avec énergie, et l'on y retrouve ses institutions mystérieuses , sa liberté tyrannique. ses conquêtes orientales, son commerce armé, ses mœurs corrompues et son régime iiiquisitorial.
Élevé à la pairie , le comte Daru a fait preuve, comme orateur, détalent, d'expérience et de conviction.
Il est mort en 1829, âgé de 62 ans. C'est M. de Lamartine qui lui a succédé à l'Académie française.
Littérateur distingué . administrateur du premier ordre, ami plein d'oblii^jeance et d'aménité. il sut arracber à l'envie un litre plus rare encore , relui d'honnête homme.
' — L'an 421 de l'ère chrétienne . les habitants d^'Aquilce, de Padoiie et de quelques autres lieux voisins, voulant se soustraire à la farcui- à' Attila, vinrent chercher un refuge dans les petites îles de la Brenta . rivière d'Italie.
2 — On dit il a péri, et il est péri, avec cette différence <iue l'emploi de l'auxiliaire avoir désigne l'action et celui de l'auxiliaire être , l'état. ( Voyez ma Grammaire , no 620.)
5 — 11 s'en trouve un qui est toujours là lorsqu'il y a déshérence en Italie , c'est l'empereur d'Autriche.
* — Cesqui, que, en rapports divergents, sont des négligences de style. (\ oyez ma Grammaire, nosie.)
* — Satire n'est pas une expression assez forte pour être opposée à admiration, surtout dans la circonstance dont il s'agit.
^ — Jetée en rapport avec poignée fait image.
' — Attirée et attrait présentant la même idée, il fallait changer l'un des deux mots.
* — La grandeur commerciale de Venise date du moyen âge ; les croisades ouvrirent un vaste champ aux entreprises des Vénitiens : elles augmentèrent leurs richesses par les bénéfices qu'ils firent sur les transports et les fournitures militaires; elles leur i)rocurèrent la possession de diverses parties (le l'empire grec.
Observation générale. Ce tableau rapide de la grandeur et dfi l'abaissement de Nenise fait naître en elTet le désir de connaître avec plus de détails ce qui ronrernc cette républi<|tie. Daru n'a rien négligé dans son excellente Histoiip de \ enise pour faire naître, entretenir, et satisfaire complOlemcnt rinliTét et la rnriositi'' de ses lecteurs. >ous devons signaler ici la convenance et la pureté de son stvie.
— \; 'i^.-V\\h\\c:>[\on àc V l.sj'rit des Lois, p.irMonlcsqiiieu.