‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 84 sur 370 · I. ARRIVEE · texte numérisé non relu

I. ARRIVEE

Déjà les chasseurs se montraient de tous ctMés. Du plus loin qu'où pill voir sur les routes, on n'y découvrait (juc des cavalcades arrivant au rendez-vous, et, le long des lialliers alors dégarnis de verdure, des bandes de paysans et de femmes portant des enfants dans leurs bras, accourus des villages voisins pour voir le Roi et assister à la mort du cerf.

Le ciel éclatait dans sa maguiJicence, à travers une de ces légères vapetu-s rosées du printemps; et la mulité des arbres, un morne sileiu;e ri'giiant dans la profondeur du bois, attestaient seuls ipie l'hiver finissait à j)eine. Chacini semblait renaitresous la douce influence de l'air, lue inqtatience de chasse et d'activité se décelait |iarmi les hommes connue parmi les animaux, el les regards se tournaient curieusement vers le côté d'où le Roi devait venir.

In nt'dinairc ' dépéché en avant, à franc étrier. annonça son arrivée. Ce cri : <( Le Roi! le Iloi! • retentit partout, donna à tout une nouvelle impulsion ; et bientôt, accompagne et suivi deipiatre cents gentilsiKunmes, vêtus de rouge, le fouet à la main et le couteau de chasse au C('>té, il traversa la foule déguenillée des paysans, pres(pie entière à genoux sur le sol humide, et fit son entrée (lans les cours du château.

Pour les daines qui voulaient suivre la chasse de près, on amena de belles luupienées richement caparaçonnées, et sur lesquelles

elles s'élancèrenlliardiniont, Icfouel en main, comme les hommes , luibillées aussi de couleur, et coiffées d'une to(|ue entourée de plumes, pour se garantir du soleil. Les autres restèrent dans les voitures; et le grand nombre d'équipages et de chevaux ne permettant pas à chacun de suivre sa majesté dans l'intérieur du chilteau, la plus forl(! partie resta dehors, tandis tjuele Roi s'ébattait, s'équipait, et prenait queltjue repos.

Parmi les cavaliers, afin d'occuper le temps, les uns s'amusèrent à jeter quehiues poignées de menue monnaie aux paysans, à les voir lutter et se battre pour la ramasser, les autres caracolèrent autour des voitures où se tenaient les dames, et lièrent conversation ; d'autres encore se contentèrent de parcourir la ligne et d'examiner les plus belles.

Après une halte de trois quarts d'heure , Louis XIII reparut dans le costume qu'il aimait le plus à porter . donna le signal , et l'on entra en chasse.

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