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Berville ne connaît de bonheur qu'avec une fortune médiocre, de vertu que dans une condition privée; l'ambition, de quelque nature qu'elle soit , n'est à ses yeux qu'une source de tourments, de besoins et de privations. Il faut l'entendre parler des avantages de la médiocrité, des plaisirs de la vie domestique! Comme il prouve admirablement que la faveur des cœurs est ce qu'il y a au monde de plus fragile ; qu'on ne peut faire aucun fonds sur l'amitié des grands , et encore moins sur leur , reconnaissance! De combien de citations d'Épictète ', de Sénèque 2, de Montaigne 3, il appuie ces vérités nouvelles! Si quelqu'un lui fait remarquer le contrr.ste de sa conduite et de ses principes, en lui objectant qu'il n'est point d'anticliambre un peu considérable oii l'on ne soit sur de le rencontrer, point d'audience de ministre oii il ne se trouve, point de cercle où il ne se montre en habit brodé, Berville ne manque point d'excellentes raisons pour motiver ces inconséquences : c'est toujours le besoin d'obliger qui le conduit dans ces lieux, d'où son caractère et ses goûts l'éloignent. Depuis longtemps, je commençais à craindre d'avoir été la dupe du sage et modeste Berville : l'aven-
ture que M. D m'a racontée, il y a quelques jours, a lini par m'ouvrirles yeux. Bien convaincu, comme il le lui avait entendu réj)éter, que Berville avait beatieoup de crédit, mais qu'il ne l'euqiloyait (|u'à être utile
aux autres, M. D l'alla lionver uii matin,
et s'ouvrit à lui sur le désir (pi'il avait d'olttenir inie place près de va(juer par la mort de celui qui l'occupait; il lui en fit Ijicn connaître tous les avantages, et lui en détailla toutes les convenances; Berville promit de s'occuper sans délai de cette all'aire, et tint parole. II sollicita la place, et l'obtint poiu* luimême ^.
— De ,Ioly. —
L'Ermite de la Cliausséc-d'Antin.
JOtJY ( Viclor-J oseph-Elienne de )
Naquit à Jouy (Seine-et-Oise), en i769.
Il suivit d'abord la carrière militaire, et fit plusieurs voyages en Amérique et aux Indes orientales, puis revint en France servir sous le général O'.Moran. Nommé adjudant général sur le champ de bataille, dans la première guerre de la Révolution, il fut obligé, peu de temps après, de se réfugier en Suisse jwur échapper à la mort. Rentré en France, il fut élevé à de nouveaux grades; mais, victime d'une seconde dénonciation , il se vit arrêté et destitué. Dès qu'il eut recouvré la liberté, ,il quitta la carrière militaire pour entrer dans celle de l'administration ; puis il abandonna celle-ci pour se livrer exclusivement à la littérature.
On doit à sa plume féconde une foule de pièces de théâtre dont les principales sont : la f'esfale, opéra qui eut beaucoup de succès ; les Amazones, les Àbencerrages, autres opéras où l'on remarque de la facilité, de l'élévation et de l'harmonie ; 77;J7?o- Suëh, Sylla, tragédies assez faibles : mais ce qui a surtout établi la réputation de M. de Jouy, c'est son Ermite de la Chaussée-d'Jntin. Cet ouvrage, successivement publié dans les feuilletons de la Gazette, a été traduit dans les principales langues de l'Europe; il se fait remarquer par l'élégance du style, par la finesse des observations et la vérité des portraits. Il fut suivi du Franc-Parleur ni àe YErnrite de la Giiyane : ce dernier ouvrage est loin d'avoir eu le succès des deux premiers.
M. de Jouy est aujourd'hui membre de l'Académie française.
' — Epiclète, voyez p. 9t.
2 — Sénèque, soyai p. 91.
5 — Montaigne, célèbre philosophe français, auteur des Essais, né en 1533.
■* — Suspension d'un effet très-comique ; ce trait, qui termine le tableau, achève de peindre celte variété du Tartufe, tout en dévoilant sa véritable nature.
Observation générale. Ce portrait est tracé avec beaucoup de naturel et d'esprit. Le contraste entre les paroles etlacoiiduite de lierviilc, entre ses apparences de désintéressement et l'égoïsme qui le possède au fond, est bien présenté; le style cependant aurait pu être plus animé.
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IRla. - IncoïKiie de l.i goelcUe les MT-.\a'nrs , et «Jévouemenl suMiiue de deux nègres.