JEAN FROBEN, LE GRAND IMPRIMEUR B A LOIS
faute de grecs... Quant aux sept livres de la Guerre judaïque, nous l'avons fait sur deux manuscrits grecs, qui nous ont été prêtés, Vun par Georges d'Armagnac, Véminent évëque de Rliodei, l'autre par le très docte Jean Crotus; et grâce à eux nous avons pu redresser tant de fautes qu'il est plus facile au lecteur de s'en faire une opinion dans chaque page, qu'à moi de compter toutes les restitutions ainsi obtenues '. »
i. C'est à tort qu'on attribue l'édition du Flavius Josèphe de i5?4 à Erasme seul : il n'en a revu qu'une toute petite partie, le livre des Macchabées. En voici le titre : Flavii Josephi Antiquitatum judaïcarum libri XX; De Bello judaico lihri Vil; Contra Apionem Hhri 11: De Impevio rationis sive de Machabeis liber unus Des. Erasmo roterodamo recognitus. (Basile»; in officina Frobenianâ, anno MDXXXIIII, in-fol.) Le reste a été collationné par Gelenius.
« Antiquitatum interpretationem ad vetera cxemplaria latina duntaxat, ob Graecorum inopiam contulimus... Hos autem VII libros ad duos Gill-cos Codices, unum ab ornatiss. praesule Geor^io Arminiaco, Rutenorum Episcopo, alterum ab eximie docto viro Ioanne Croto, exhibitos, contulimus : lnsque adjuti tôt mendas sustulimus, ut facilius sit lectori ex unius cujusvis paginas collatione de ea re existimationem facere, quam mihi munia loca restituta annumerare , « Basilea;, calendis januariis, i5.iq
Si nous avions eu L'idée les uns et les autres de suivre jusqu'au bout la piste du Flavius Josèphe, nous aurions eu la preuve décisive, irréfutable, presque matérielle, que Rabelais s'adresse à Érasme, et non à Salignac, dans la fameuse lettre de novembre r532.
Cette preuve nous attend. patiemment depuis i5?4, imprimée en caractères magnifiques par Froben. Nous h'avons délaissée pour des dissertations qui auraient été avantageusement remplacées par le jeu de bouchon ou la pèche à la ligne, et de plus nous avons eu la tristesse de voir que l'on pouvait être trompé par un théologien.