‹ Une liaison: comédie en cinq actes et en proseChapitre 11 sur 82 · ACTE 1er;, SCÈNE V. i · texte numérisé non relu

ACTE 1er;, SCÈNE V. i

' KERIUBTTE.

Vous, ne pas craiqdre le monde!.. Vous en êtes Fesclave!.., Vous^ pas de préjugés!., votre âme en est pétrie... Âh! que je vous connais bien!

EUGÈNE

Ce n'est pas à mon avantage ! • • . Mais vous êtes trop injuste... Depuis trois ans, mon cœur est à vous!... et que de sacrifices ne vous ai-je pas fiiita?... mes goûts... mes habitudes y je les ai changés ! . . . mes amis ^ je les ai blessés par mon abandon ! ... ma Famille^ je suis resté sourd à ses prières I . . . mon vieux përe ^ il est mort loin de moi!... le monde, j'ai rompu sans retour avec lui, et pour vous , à cause de vous seule , il a fiiUu me créer une société factice!... Cette gaîté de caractère, dont s'amusaient autrefois mes compagnons de jeunesse , je ne l'ai plus... vous me l'avez arrachée comme le r^te.. • Tout cela n'a pas encore suffi...

HEimiETTE.

Mais.,.

EUGÈNE

Laissez-moi finir, Henriette!... Non, tout cela n'a pas s^ffi. .Vous avez voulu voyager, quitter la France. . . j'ai consenti... Ma mère était souffrante... je le sa vais... fils indigne, je suis parti sans l'embrasser!... Ainsi , famille, patrie, réputation^ avenir... je vous ai tout donné.

HENRIETTE

Eh bien! oui, tu as raison... tous ces sacrifices, je

VNEiUiaON.

ne les conteste pas^ et ihqb cœur te les paie avec n^urel... Oui /c'est pour te possédcq: entiëreiùfint ^ c'est pour être enfin maîtresse dç. toi > qtic j'ai su t'enlever à tout oe monde-là dont je suis jalouse... et je l'avoue ... tu as été d'abord bon -y aimable ^ charmant ! . . . mais tout-à-coup quel (Changement ! Quelle est votre .Wini^é d'être^ je vous le demande? Voud éviter de ^rtir avec moi , d« voua montre? en pùlitic avec moi. . . £lt Mf par hasard > à force d'inalances, vt>iia me faites la grâce de m'accorder votre bras , je vous vois sôu- ^Wf ^mbarraseà ., vous semblés être au suppHoe «. -.tQUf voudriez rentrer^ sous terre! et pourquoi? Je ne le devine guère I Nous dommeft ici inconnu»^ loin àes Ifdtres... loin de votre mëre, de votre sœur que vous chérissez tant^ dont vous parlez tant!... Avant-hier encore y pour vous débarl'asser de moi j vous m'envoyez au spectacle avec le vieux baron... Nousf vous avons attendu toute la^irée^ et vous n'avez pas daigné venir nous rejoindre... et je ne vous ai revu que le lendemain... Est-ce vrai, voyons? ai-je menti? car vous êtes là , vous ne répondez rien !... Ai-je tort de croire qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire ?

ÏUGÈNE,

Que voulez<-vou8 qu'il se passe ?.«•

Je ne ^aîs. - . mais vous avez des secrets pour moi .... Votre diplomatie vous tourne-t-elle la tête?... est-ce de l'ambition?... ce serait bien ridicule!... Si plutôt mes soupçons!...

Quelque amoiif .«« fNràrt>étre. ...

VcMwnelëerB^piB»..» Mcril^ de Famour pour une ittii^e que pour voti9 1... je tom défie de le croire ! 1^1 d^àiOçur^y lo.ponrntiî^joy brà Dieu ? Tous mes pas <opt mât ^t S êl tfavance, tous mei^ moîoieiis sont comptés !.... n feut,\ous dire où je vais ,, quand je re- TÎeiidrat... Une heure de séparation vous est insupportable... et si je sors enfin... vous fixez avec une précision rigoureuse l'instant , la minute même de mon retour.

HEmUETTE.

Parce que je vous aime, ingrat !.; parce que loin de toi , ce n'est plus vivre !

Et^GÈM«

Mais moi ^ mon amie ... je ne regrette ni lé monde^ ni 'ses plaisirs^ ùi leurs tristes illusions qui n^ m'ont jamais abusé ! seulement^ je voudrais y renoncer dé moi-mèmi^t librement... j^épronverais plus de douceur à me retrouver près do'^ous, isi la crainte de vos reproches ne se. mêlait pas toujours au bonheur que je goûte en vous revoyant.*. Ah ! si les femmes savaient combien leurs cruelles méfiauçes nous irritent et nous blessent^ nous autres homm^!... si vous saviez, Henriette^ ce que vous perdez dé pouvoir en voulant trop en gagner!. . Oui, j'en conviens, je me sens humilié, je m'indigne de moi-même !.. • Est^il un de

i6 vmuAïaaif.

me» amis qui n'ait plus . de liberté que moi ? A Paris > rappelez-vous le colonel Oain ville. • . et ici ^ Lindorf ^ Barinsky... je vou$ en fois juge.. .. leurs femmes ontelles votre exigence , votre intc^rauoe?. • .

HENRIETTE

Leurs femmes ont-elles mes inquiétudes, ont-elles sujet de les avoir? Elles sont mariées, eUesl... eUes ont un nom ! elles portent publiquement celui de rhomme qu'elles aiment, qui s'est dévoué à elles;..

EUGÈNE

Ne vous ai-je pas consacré mon existence tout entière ? . ,

HENRIETTE, à pavL

Il ne veut pas me comprendre,

EUGÈNE

Mon Henriette, je t'aime., tu le sais bien l Tiens, dès que je vois dans tes yeux une expression de tristesse , tes désirs deviennent les miens ! . . Tu le veux ! . . eh bien! je reviendrai.. • je v^iô revenir.... ' Es-tu satisfaite?

HENRIETTE

^ Oui, je suis satisfaite. Jjj^

EUGÈNE

Tu me pardonnes ! . • . tu ne m'en veux plus ! . •

HENRIETTE

; Je ne vous^n veux plus. .. je vous pardonne...

EUGÈNE

Vous le dites d'un ton ...

HENRIETTE

Quel ton votdez-vous que je preime? Faut«il rire,

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