ACTE II, SCÈNE VII
CLAIRE
Des obligations ? à moi , Monsieur ?
EUGÈNE
Ma mère vient de m'apprendre qu'elle n'avait pas de secrets pour vous, que je n'étais pas resté loin d'elle sans appui, sans défenseur ! Elî quoi! Frappé des dé« nigremensdu monde /de l'abandon de tous mes amis... une seule voix s'est élevée en ma faveur , et cette voix, c'est la vôtre? Vous ne m'aviez jamais vu; pour vous, j'étais un étranger... toutes les apparences déposaient contre moi. . . et cependant , vous avez embrassé ma cause^ vous m'avez conservé la tendresse de ma mfere... vous êtes parvenue peut-être à éloigner delà pensée de ma sœur jusqu'au soupçon de mes torts... Ah l Mademoiselle, que .de générosité, et comment vous exprimer ^oute ma reconnaissance ?
■mcLJLitJLySelevant.
L'indulgence de madame de Rainville me prête un mérite que je n'ai pas. . . Votre meilleur appui , Monsieur... c'est le coeur de voire mère.
EUGÈNE
Âh ! ne vous en défendez pas 1
ex AIRE.
Pardon , Monsieur !
EUGÈNE
Encore un moment, de grâce, et souffrez quelques questions. M? bonne mère fait de vains efforts pour me cacher les larmes que je vois dans ses yeux... elle est donc bien ^lalheureuse?
CLAIRE
Elle vous aime tant ! tous ses vœux , toutes ses aflfections, se sont réunis sur vous^ et s'il m'était permis de vous dire tout ce que je pense ?
EUGÈNE
Parlez, Mademoiselle, parlez... de vous je puis tout entendre; absent , vous m^avez défendu... présent, vos reproches ne peuvent me blesser.
CLAIRE
Eh bien , Monsieur, vous avez, été cruel ! rompre toutes relations avec sa famille , la fuir , l'abandonner!
EUGÈNE
Continuez, ne m'épargnez pas... mais sachez qu'en fuyant les miens , je n'ai jamais pu perdre leur souvenir! plus j'ai affecté l'indépendance, plus la nature a recouvré ses droits, et m'a rendu présente là mémoire des liens sacrés que j'avais rompus.
CLAIRE
Maintenant , votre mère est près de vous ! .. .
Oh ! je n'en doute plus... il est un bien-être de famille que rien ne peut remplacer! j'éprouve le besoin de rencontrer une âme tendre, aimante^ vraiment aimante, qui comprenne toute ma douleur, qui lui réponde et la console. Oui , excusez-moi , ne m'en veuillez pas.. . je ne sais si les vœux que j'ai la témérité de former ne sont point une offense ! mais il me faut un être qui sache lire dans mon cœur, démêler les senti-