ACTE IV, SCENE VI. m
mes démardies. • ^ c'est une supposition. • . si c'était elle qui m'eut initié au complot ?..
HENRlETtE .
Au complot ! . . . /
ALFRED
Que voiiles^-^oos ?. . Nous avions affaire à forte partie; et s'il nous avait fallu rçcourir à la ruse pour obtenir quelque bonne preuve qui pût aux yeux de nôtre crédule Eugène... c'est toujours une aupposi* tion... mais enfin ^ le rôle qui me revenait alors eût été trop de mon goût pour que je vous fisse l'injure de le refusa,..
HENRIETTE
Quoi ! cet amour. . . cette tendresse que vous me juriez avec tant de feu. . . . tout cela n'était qu'un piège ! . . mais non y cela n'est pas. . . vous vous vantez de trop de perfidie ! . . Alfred , j'invoque l'amitié que j'ai conservée pour vous. . . vous êtes incapable d!wie méchante action.. . vous en êtes incapable.
ALFRED
Oui, oui sans doute! Voyons, prenons un ton différent, je ne demande pas mieux !.. plus d'aigreur... mais plus de réticences. . . parlons à cœur ouvert.. . Quelle ambition s'est donc emparée de votre foUe tete^ Henriette? il faut que vous soye?^ entraînée par quelques mauvais conseils! . . vous marier! . . . vous, si jeune encore, si belle ! . . enchaîner votre indépendance! . . et pour qui ?.. pour un homme timide, bizarre, qui, le lendemain, défait ce qu'il a :ait la veille?. . voulez-vous m'en croire, et ne pas douter de
mon véritable attachement? vous vous aveuglez^ vous vous perdez. • • Eugène ne vous aime pas.
HENKIETTE.
Il ne m'aime pas ! lui , Eugène ! que feit-il donc , bon Dieu ! depuis trois ans , il ne vit , il ne pense ^ il n'agit que pour moi et par moi.. . son état^ sa Samille^ son pays^ pour moi seule il a tout quitté. ... et il ne m'aime pas ^ dites-vous?. . mais. . • c'est ^ de la folie ^ Monsieur. ... il m'aime ! . . • il veut m'épouser ! si ce n'est pas là de l'amour.
ALFUED.
Mon ! les menaces de sa mëre ont pu réveiller son amour-propre et provoquer ce brusque retour ver» vous. . . mais c'est une fièvre de tête qui ne survivra pas au jpremier accès. . . demain ^ il ne sera plus le même. . . toute sa fougue se sera évaporée, et la promesse qu'il vous a iaite^ il ne vous la tiendra pas.
HENRIETTE
n la tiendra ; Monsieur, je vous réponds qu'il la tiendra.
ALFRED
Eh bien ! admettons qu'il vous épouse. . . vous êtes sa femme, soit ! vous voilà madame la comtesse de Rainville. • . . vous voudrez en vain lutter contre Tordre des choses,' et réclamer un rang qui vous
sera impitoyablement refusé. Le monde est
parfois indulgent. ... il excuse volontiers de légers torts de j eunesse.. . mais il est un terme à sa tolérance , et c'est là , c'est au mariage qu'il nous attend pour nous accabler de sa sévérité., . oui,^ c'est dans