‹ Une lyre a la mer. PoésiesChapitre 8 sur 42 · LE DIRE DU VIEILLARD · texte numérisé non relu

LE DIRE DU VIEILLARD

Jeunes gens qui courez le monde et l'existence. Et, pressant les ressorts de vos muscles d'acier, Laissez à vos dépens s'ég-ayer l'espérance Comme un éperon d'or dans les flancs d'un coursier;

Vous dont l'àme enflammée,

De bonheur allumée En poursuit l'ombre au sein des dédales du sort, Jeunes gens qui courez, que courez -vous si fort?

Moi, je suis las et vieux, moi, je n'ai plus qu'un rêve. Je reçois comme un don chaque jour qui se lève. Le faix du souvenir fait plier mes genoux. Mon bâton s'est courbé, j'ai desséché ma gourde,

Mon pas est lent , ma tête est lourde

Et pourtant j'atteindrai le bonheur avant vous.

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