CHAPITRE m
On arrive enfin à Chantillj.
Ir fallait pourtant savoir quels étaient ceox qui s'avisaient de chasser au flambeau. Madame de Mirville souffrait beaucoup de se montrer à des inconnus dans une robe rattachée avec des chiffons passée dans des trous faits avec un bâton; l'amour-propre ne perd jamais ses droits, même sur le coetir le plus fervent:
il est une manière de placer une guimpe et d'onduler les plis d'un voile. Je représentai que ces inconnus seuls pouvaient nous servir de guides, et que, puisqu'on n'avait pas de quoi se changer^ il fallait nécessairement paraître devant quelqu'un dans l'état où on se trouvait; qu'il était plus convenable d'entrer de nuit à Chantilly, que de s'exposer le jour aux plaisanteries des voyageurs, et aux
tttTÉ JiACEDOIOT!. 55
huées def> enfans du village; que d'aiU leurs les ténèbtes donnaient à notre situa^]| une teinte romantique, qui ne manquerait pas d'intéresser les chasseurs, et, sans attendre la réponse de ma jolie petite amie, je fis retentir les alentours de ma voix rauque et cassée.
Je distinguai bientôt le galop de plusieurs chevaux qui poussaient de notre côté. Je reconnus un des valets de chambre de madame d'Ermeuil, qu'accompagnaient quelques gardes forestiers.
Son camarade, également escorté, battait une autre partie de la foret Je cherchai aussitôt les moyens de mettre madame, de Mirville commodément à cheval. Je n'avais pas le temps de penser à nos comparons de voyage çt d'infortune; je n'avais pas trop, à me louer de certains d'entr'eux, et puis le primo mikty quoi qu'on en dise, est le régulateur de tQus les hommes.
Je vis avec plaisir qu'on avait eu l'at*.
36 ITNE MAClÊDOlIfF.
tenlian de fixer un coussin sui* là croupe du cheval que montait Baptiste. Une femme en croupe passe. nécessay;'ement le bras autour de son cavalier^ et je me trouvais si bien de sentir celui de madame de Mirville! Baptiste restait ferme sur ses étriers. Peut-être est-il paresseux comme un maître, ce qui n'est pas juste, mais assez naturel; peut-être désirait-il, se flattait -il d'être l'heureux écuyer de la séduisante Mirville : Baptiste a des sens comme un prince, et les a pour quelque chose. Quoi qu'il en soit, je le priai de descendre. Il ne me fit pas répéter; mais il enleva madame de Mirville avec une vigueur, un air d'intérêt! il paraissait ne pouvoir se détacher d'elle, après l'avoir mise derrière* moi. ^Peut-être encore ne fit- il, n'éprouva-t-il.rien de tout cela; peutêtre enfin étais -je déjà passionnément amoureux, et un amoureux voit tout
si singulièrement !
TTÎTE l^AG^OOINF. îj-
Nous smvîmes les gardes forestier^ Je suis naturellement silencieux, et J€ le deviens bien davantage, quand quelque chose ni'agite ou m'intéresse fortement. Il m'eût été impossible de dire à madame de Mirville de ces choses indifférentes, insignifiantes, qu'on écoute dans nos cercles brillans, parcç qu'on ne peut laisser ses oreilles chez soi, et qu'il faut un intervalle du café à la bouillotte. Je ne voulais pas non plus exprimer cfe que j^ sentais : je m'étais tracé un plan de conduite dont je comptais bien ne pas m'écarter. Baptiste d'ailleurs marchait à côté de nous, et il n'était pas dans les convenances d'en faire mon confident.
Madame de Mirville, recueillie comme moi, interrompit tout- à-coup la douce rêverie dans laquelle j'étais plongé. «Mon » ami, me dit-elle, envoyez donc quel- » qu'un après ce gros garçon qui est » cause de tout ce qui nous arrive. Ma*
38 infB M Aci^DoiirE.
9 dame parle peu^tre de M.«luRe]meI, » répondit Baptiste ^ devant qui j'avais m déjà prévu quPil ne fallait dire que ce jp qu'on voudrait imprimer. Oui, oui, B M. du Reynel, reprit ma jolie oom« » pagne. — Hé, madaiçe, il est à Chanutilly depuis huit heures du soir. — - » Comment, depuis huit heures, m'é- » criai- je ! et en voilà quatre que nous » le cherchons, et que nous allons d'in* 9 fortune en infortune. Comment est-il » donc arrivé à Chantilly? — Dans une abonne chaise de poste, quil a trou* » vé^ sur la grande route. — Vous ver- »rez, ma chère amie, qu'il aura pro* "» fîté de la voiture qui a fait fuir ma* » dame de Valport, que vous avez toutes
* suivie ,... — Malheureusement pour
» nous tous. — CA , il peut y avoir qnel- » qu'exception ». Et je souriais en pen- » sant au mouvement communiqué à ma bourrée.
£n effet, Baptiste nous conta que
M. de Soulanges avait passé cbes im^danie d'Ëriheuil; qu'il y avait su que quatre femmes charmsaites couraient en poste pour se faire planter des mcUs; qu^l s'était jeté dans sa chaise, et que pour nous joindre plutôt, il avait été à crever tous les chevaux; qu'il avait reconnu du Reynel, haletant sur le rêver»
du fossé; qu41 l'arvait pris sous tes bras^ et l'avait, à l'aide de son postillon ^ juché dans sa voiture. Nous apprîmes enfin que du Rey nel , inquiet de ne pas nous voir, avait mis sur pied tous lesgardes qu'on avait trouvés à Chantilly, et que nos carrosses nous attendaient au carrefour.r... Je ne sais plus lequel.
Lorsque nous arrivâmes au lieu du rendez-vous, nous y trouvâmes nos ea-< marades réunis, et dans qnel plaisant équipage! Ces importans personnages, naguère rois avec le dernier f oin , ressemblaient à des comédiens de campagne y o«r à des échappés des Petites-
ITT.
ns. Nous débutâmes par nous rire muioelleiiient au nez. Madame de Mir- Tille remarqua, a^ec sa cabdeur ordinaire, que madame de Yalport a^ait traversé quelques taillis à reculons, expédient très-sage, car, disait-elle, si les feuilles qu^on froisse tache la robe, on n'expose au moins ni ses yeux , ni ses mains. Les éclats recommencèrent.
Madame de Valport seule garda son grand sérieux, et répondit sèchement à mon amie que, selon les apparences, elle s'était assise plusieurs fois; ce qui peut avoir des suites^ quand la nuit est humide et froide, a Vous avez raison , » répondit madame de Mirville, je me r^ suis assise trois fois. C'est fort bon- » néte, répliqua Préval. — Et cela aura i> les suites qu'il plaira au ciel. Je n'en y prévois pas de plus fâcheuses qu'un » rhume, et je suis résignée. J'aurais » pu cependant mourir de peur, si je » n'avais eu avec moi l'homme le plus
ISrWE MACÉDOINE. 4^
» attentif et le plus réservé que je con- » naisse». On l'interrompit par de nouveaux éclats , soit qu'on ne crût pas à ma retenue , soit qu'on y crût trop.
« Riez tant qu'il vous plaira, reprit ma » belle amie; je suis édifiée de la con- » duite de monsieur, je le proclame » mon ami, et, pour prix de sa sagesse, » je lui permets de m'embrasser. La » proclamation était inutile, ditPréval; » mais un baiser n'est jamais de trop».
Je le pris, ce baiseï*^ avec une vokipté,
une ivresse qiii, je le crois, furent
à-peu-près partagées.
Nous montâmes enfin en voiture, et personne ne pensa à choisir sa place, lia fatigue et le désir d'arriver excluent la cérémonie, et même l'esprit de galanterie. Mais l'amour? Oh, celui-là
«st toujours indépendant des circonstances, et' il agit par instinct, quand il «e conduit sans réflexion. Je me trouvai a côté de madame de Mirvilie^ qui
passa encore son bras sous, le mien, pour se garantir, disait-elle, des cahots qui la tuaient, et, en dépit ^es cahots, elle s'endormit du doux sommeil de l'innocence.
Je ne pouvais la voir; mais je la sentais près de moi, et son baiser, ce premier baiser, et sa présence, m'occupaient uniquement. Mais comme notre imagination se porte partout, se lie à tout par des transitions subites, inattendues, bizarres ,*sur lesquelles notre volopté ne peut rien, aux douces émo^ tions causées par le souvenir de ce baiser, succéda tout- à- coup celui des répliques de PréVaL Je pensai à ma conduite dans la foret, où l'isolement, les ténèbres^ la frayeur d'une femme?
charmante Je fus tenté de me
prendre pour un sot, et de' me repro* cher ma sottise. Par quelle singularité craignons -nous plus de paraître ridicules que de passer pour vicieux ? Ma
VNB MJLCÉDOlfTR. 4^
foi, me dis- je, je me. mets au-dessu5 des plaisanteries des gens superficiels; je me suis conduit en homme d^hon** neur , et je m'en applaudis.
Nous voilà à Chantilly, et c'est à qui ne descendra pas de sa voiture. On re»
grettait d'avoir oublié le paqnet^de nuit, lorsqu'on était habillé de manière à fixer les regards ; maintenant on est en guenilles, et toutes les croisées de Tauberge sont éclairées d'une manière effrayante.
Angélique et Louiàon sont aux portières; elles engagent ces dames à descendre; elles leur promettent de leur bâtir, ea un tour de main , des manteaux de jit et des jupes avec des nappes et des serviettes : l'envie de souper parlait 'aussi haut qu'Angélique et Louison. On était ébranlé, on allait se lever, quand Louison ajouta que les avenues étaient li«' bres; qu'il y avait, à la vérité, un régiment de hussards à Chantilly; que messieurs les officiers mangeaieint à
44 ^NE MAC1ÉDOIWE.
cette auberge, mais qu'ils étaient à table, et qu'ainsi ils ne verraient rien.
« Des officiers de hussards, madame la » comtesse! Des officiers de hussards, » ma chère amie ! Des officiers de hus- » sards, madame d'Allival»! Et on se renfonçait dans les voitures , et on eût voulu s'ensevelir dans les entrailles de la terre. On s'est quelquefois désespéré pour des choses moins importantes.
Deux vpitures à quatre chevaux sont un événement à Chantilly, et partout où il y a des curieux, des oisifs, des badauds. Les officiers de hussards étaient aux fenêtres, et attendaient ceux qui arrivaient; ennuyés de ne voir descen-* dre personne, ils formèrent des conjectures. « Ce sont probablement, dit l'un, • » les maîtresses des deux jolies cham^^ » brières; allons leur offrir la main, dit » l'autre ». A ces mots, un cri général partit des deux voitures, et, pour ajouter à l'effroi de nos dames, un gros
UNE MACÉDOIICE. 45
coquin de cuisinier, planté sur le seuil de - la porte , ne cessait de répéter :
ce Allons doue, mesdames, aliOBS donc.
» Quel enfantillage! n'avez-vous janoais * vu d'officiers de hussards » ?
Je m'élançai pour châtier l'insolent discoureur. Madame de Mirville, qui n'avait pas crié, qui n'avait même pas fait d'observations, me retint fortement, et commença à me parler raison. Je voulus lui éckàpper; elle m'ordonna de rester. Je réfléchis qu'une femme décente ne donne pas d'ordres à un homme qui lui est indifférent, et j'eus le bon esprit de me faire un mérite de ma docilité. Après tout, pensé-je, quel honneur me reviendra-t-il de battre un cuisinier? « Donnez-moi votre habit, me » dit-elle. Je crois que ces officiers ont » vu bien d'autres choses 3^ la guerre; » mais il faut être modeste autant qu'on » le peut». Je quittai mon frac, et je lui aidai à le pjisser : il lui allait comme
46 tJirt: MAciêDoiins.
si on eût pris sa mesure sur une guérite.
Au-dlMSlus de toutes les petitesses, elle^tccepta poliment la main d'un dé ces messieurs, et descendit la première?.
Je la suivis en gilet, en culotte et en bas déchirés. On allait rire ; j'allais me fâcher. «Messieurs, dit tnon amie, Tai- » greur naît facilement entre homnfiei » qui ne se connaissent pas , et il règne «toujours une certaine ^décence entre » personnes de sexe différent , qui ont » reçu de l'éducation : permettez donc )i que je sois l'orateur de la triste Garais vane qui li'ose paraître devant vous ».
Elle raconta ce qu'elle savait de nos xventtires de nuit avec les grâces naïves qui ne la quittaient jamais. Sa jeunesse , sa figure, son organe enchanteur, produisirent leur effet ordinaire. Ces messieurs lui prodiguèrent les égards et les offres de service.
Nos autres darnes, encouragées par
Texemple, descendireat enfin, cou^ vertes chacune d'un habit d'homme.
Mesdames d'Allival et de Valport cédèrent à la petite vanité de parler aussi : dles n'eurent que de l'esprit; elles obtinrent quelques sourires; madanre de Mirville entraînait.
Croiriez -vous que je trouvai encôYe stir la porte Fimpertinent cuisinier , les deux mains appuyées sur ses genoux, et riant de manière à ne pouvoir artictiler un mot. Oh! je ne me possédai plus, et j'allai lui appliquer lé plils^*gôureux soufflet, quand je reconnus.....
devinez qui?
Du Reynel, m'écriai -je, en bonnet c(e coton,- en tablier, le couteau à gaine afu côté! Que diable signifie ce través.ttssement? Il riait de nous voir travestis nous-mêmes; nous rîmes totts en le regardant; nos officiers rirent aussi, sans trop savoir de quoi; mais le rire se communiquie comme le bâille-'
48 tflTE MACÉDOIIfB.
ment Quelle est la raison physique de cela ?
« Mesdames et messieurs , nous dit » du Reynel, quand il put recouvrer la «parole, je suis arrivé ici long- temps » avant vous , et en vous attendant , je » me suis occupé de l'affaire essentielle.
» — De laquelle donc? — Hé, parble^i, » du souper. J'ai fait l'inspection de » toutes les casseroles et de leur çon- » tenu. J'ai essayé de toutes les sauces , , » et on ne serait pas aussi souvent trom-^ D H^ si on pouvait essayer de même sa » femme et ses amis. Allons, allons, in- »terrompit madame de Mirville, il nç » s'agit pas de femmes, mais de souper. «Quel a été le résultat de vos essais?
»— J'ai trouvé tout détestable. Mais » vous ne cessez pas , s'écria un «petit » homme à l'air refrogné. Finissez, mon- » sieur, finissez, de grâce; on ne perd D.pas ainsi de réputation un homme à ». talent — Venez, n^onsieur l'homme
V à talent , yenez goûter ma gibelotle , wiiia perdrix aux choux, mon frican* » deau, ihon macaroni , et humiliezj» vous, $.uperbe. —Amour-propre d*auj) teur, monsieur. Si mes sauces vous ont » déplu, elles n'en ont point paru moins » bonnes à ces messieurs , qui doivent » être tout aussi difficiles que vous ».
Il n'était pgs mal-adroit de faire intervenir vingt* officiers, dont l'approbation eût fermé la bouche à du Reynel.
La chose ne tourna pas tout- à- fait ainsi. «Ma foi, répondit un capitaine, » nous n'avons pas été émerveillés de » ce que vous nous avez servi ; mais » quelques grains de poivre dé plus ou » de moins importent peu , quand on 9 a quitté la table. Monsieur, reprit du » Reynel, je suis bien aise que vous p ayez soupe : on ne dira pas que l'appé- » tit vous abuse sur mes écarts d'assai- » sonnement. Faites - moi le plaisir de D passer dans la chambre où le couvert I. 3
5o xmj'^ BdAcciionriÈ^
» est mis; jje vais faire: scstiâr.^ ç*. vousr
» prononœrez ».
Ub'. effîtciei! ((q buâsunâs xie. a? Ëiit; pa^ ptten p^ur asâdistei^ au-soup^r de q^a^a jpli£S. femn^&v ^^ ^^^ nûlitmiTe^, se^ suî^ ii«iEit eomoiQ las. moutoasr e;t le$,giîtiâs<i des , mçsai^rs ,. s^ tenani toiis. par-^ dessous le: bras, entrèrent sras fe^gôià cbess nous 9 et fprmèreut le cordon aiH tour de la t^ble. Gomment cas. darnes l6S: auraieptrdUi^ priés de s« retire^, elli^&quiï avaient. déjà dâs hommes; austsi claitvo^ans quet des. hussards;, et ea pareille circonstance 9 le aQmJ>r^ ne&ik rien à ra£Ëw*e»
vam ^Kcktfoiirm! it
il ■ il t
CHAPÏTR'E IV.
rfiyiïS'éliotis placéôi AngéHqne et Louîson, assises de'Q^iit une armoire au linge, ' ààut on leur arait ouvert les deux battaas), taillaient) nappes, et draps, faufi-* faûen^, se* piquaient, se dépitaient-, et allaient toujours. Baptiste et son ca-* maitaide:^ rangés ea seconde ligne , de^ vaient recevoir les plats^, et les passer k MM. les: hussards, qui avaient brigué l'honneur de servir nos dames. La gaité succédait! à l'hiimêuri; la conversation s'animdil:, et quand ell^ est générale, on se nonune fréquemment. Les noms connus d^ nos quatre beautés a|Bu^ tèrent aux égards de ces messieurs^, sans rien diminuer dé leur empresse-^
5a «THE in Aç^j>oi^E^
On attendait ce souper si \auté; on comptait sur le double plaisir de juger du Reynel et de ^atisfair^ une faim dévorante. De bruyantes exclamations nous firent craindre' c^ieftju'accident :
un malheur ne Va pas sans un autre.
Les casseroles pouvaient être renversées dans la cendre, et cette idée nous fit tous frissonner. C'était tout simplement notre gros garçon qui s'était rhabillé, et qui voulait absolument qu'on lui. trouvât de la pâte d'amande daxis une liaison où. il n'y en avait pas. U se contenta d'un morceau de savoii.
il parut enfin radieux, triomphant, ^t pour cacher son orgueil sous une apparente modestie ': «Je vous engagée, s> dit-il, mesdames, à ne pas me pro** » diguer d'éloges; Je conviens que je ydbis beaucoup à l'immortel auteur %4u Cuisinier impérial, et je ne mar-^ » che jamais sans cet excellent livre. Je »le lis, le relis; je le médite, le.com^
» -mente; je le sais par cœur, comme » un curé son bréviaife, un financier » sa table de multiplication , une fille » de quinze ans le temple de Gnide et » le gentil Bernard. Je regrette ^e n^a- » voir trouvé ici que des choses simples » et grossières; mais je me flatte de les » avoir assaisonnées de feçoft à piquer » vohre sensualité».
' On sourit aVéc complaisance au premier service, apporté avec une pompe cligne de la harangue qui Pavait annoncé. Du Reynel j qui ne veut pas perdre une -sensation, se charge de dé^ pece^rV II préiend que c^est * plus que jouir par anticipation , et que la vapeur odorante qui s'exhale sous le couteau ^ est aussi nourrissante qu'agréable.
• Nfos* écuyers à moustaches font cli^ cblef les perdrix aux choux, et veulent bien nous présenter le piaf à nous autres hommes, -qui n'avions aucun droit à un Semblable pi^cédé. Mais uil
54 ' piRE MACÉDOIVK.
penchant naturel .porte les jeunes gend à se mettre bien avec «des honvnes qn'ils ne connaissent pa^, et^qniâocom-»
pagnent de. jolies femmes. li ftçut se trouvei^ j^^s le nombre uti ifrèr^ un onde, un ma{L Une po}itessie.^ placée à propos:, ouvre les pc»*tes 4e la mai-^ son. Laicurtune,. l'amoi^, le diabl^ &mK le reste. •,, i;.
Vue cuisse m'était ;topibée en partage. Je Fattaquai à belles (lents, et je la posai aussitôt sur mon.a$!;ieÇte. Je cher* cbai quelle était la saveur désagréable ^iii m'inspirait le dégoût. Je ne dis .rien | par ménageJBent pour te paaivre. du Jlcynel. Je regardai autcxur 4^ ^ moi y et jç vis les didu^ pe^fkî^L ,4éd£M^;pées> aband4>nnées, renvoyéejs^ à. 1^ €Uii^i«% Ua mouvement aussi général ne pçu-^ y.ait^éch^per ap'boI^,d^ IleyneiM'H rougit, ii, pâlit ;mI (ir^, le< £imeu3i^ Uvre^ de., sa poçbje; i| Touvre^ l'^ticle Pfrr-
»'ëe8rté-dQ maître, ^pns seiri^fMiit d'un 1» tôUT'clc casserole, et j'afvt)ueqife mon j»-plat ne iraut Tien. Il e^ d'une rfou- »*ceur Êide, qni répugne. Il y a là-des- "«'SOUS quelque chose que je ne iconçois » pas. Passez-moi cette gUbelotte*.
EQe était aigre 4 agacer liers tlents <pour deux jours. Le fricandeau semiilak être à Tabsynthe, et non à roseîUe; La sauce des deux poulets en fricassée -était tournée; on ne pouvait manger ^ Tien.
Qu'un bonmie se mêle de cuisine et -n^ ente&dtf neo, cela n'est pas {dus •«xtrskordinaîre que de trouTer un fri- -fpon pariant probité, une coquette pu-îéemv tm alfoué désintéressement. Qu'il gâte un plat où deux, passe; mais qu'il mette :dans ses sauces i%s ngrédiens i^ répugnent au palais le moins'4éli« -cat^ voilà ce qui* n'est pas supposable, oe qui n'est pas même possible. Gé rai- '•fiotmement profond^ déndoppé, répété^
54 ' J^m MACÉDOINK.
penchant naturel parte les jeunes gend à se mettre bien avec ;des hommes qn'ils ne connaissent pa^, et>qiii' âocom-»
pagnent de. jolies femmes. Il !peut se trouvei^ 4)ans le nombre uçi ifrèr^ un onde, un ma{L Une pohtessie., placée à propos:, ouvre les pc»*tcs àe la mai-^ son. Laiortuney Tamoi^, le diable;, £afn( le reste. •,, ':,,-
Une cuisse m'était ;topibée en par-
posai aussitôt sur mon.a$&ieÇte. Jecher* çbai quelle était la saveur désagréable ^ui m'inspirait le dégoût. Je ne di^rieui par ménageJBent pour le pauvre- dit Jlcynel. Je regardai autour 4^ ^ moi y et jç. vis les deux perdrix ,4éd|w^;pée$> aband4>nnées, renvoyéejs^- à: 1^ €uîi^i«% Ua mouvement aussi général ne pçu-^ yait*.éch^per all'bou.d^ Ileynei*.;H rpi^git, iiipâlit^' il tira. le< jameux Uvre^ de, sa poçhje; i\ Touvre^ llairtîcle Pfrfdriap a44xçhomff^ << Jçi ];uf .me sui^ ^PHPii
»'ëearté do maître, P^s seiriéilrent id^un 'autour 'de cosseroie, et j'arvouequc mon j»'plât ne iraut rien. Il e^ d'une doun'ceur Êide, qiii répugne. Il y a là-des- "9 *S0US quelque chose que je ne iconçois » pas. Passez-moi cette gifcelotte».
SBe était aigre 4 agacer le% dents -pom* deux jours. Le fricandeau sem« iiUnt être à Tabsynthe^etnon àraseitle; ;La -gauce des deux poulets en fricassée
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t^ti'nn bonnne se mêle de cuisine et ^n'jr ente&de riea, cela n'est pas pins •^xtrskordinaire qoe de trouTer un fri- -fpon parlant probité, une coquette pu-* écar^ un alfoué désintéressement. Qu'il ■gàteuniplat où deux, passe; mais quHl mette .dans ses sauces ^^fs ingrédiens i^fn répugnent au palais le moins idéli-^ •caft, voilà ce qui n'est pas supposable, œ qui n'est pas même possible. Ce rai- '•fiotmement profond^ déndoppé, répété.
54 ' JDISE MACÉDCHNK.
penchant naturel ^porte les jeunes gen»
à se mettre bien av6C «des hommes qu'ils ne conn^ûssent p^^, et)q<ii'à[acom«»
pagnent de^ jolies femmes. Il ipent se troyvei^ 4^ans le nombre uti (frèr^ un onde , un ma{i. Une politesse.^ placée " à proposj, ouvre les. portes de la raai-^ soo. LaiQrt|An^^ FaBiow-i le diabki^ £afn( le reste. 'j, ir.; - ■■
Une cuisse m'était ;to|fnbée ^ partage. Je Tattaquai à belles (ledts, et je la posai aussitôt sur mon^sne^te. Je cbeiv çbai quelle était Ja saveur désagréabje 9ui m'inspirait le dégoût. Je ne di$.rien| p^r ménagement pour te paiiiype. dit Jlcynel. Je regardai automr df^iHKHy et jç vis lesi âidiu, perdrix ,4fédaÀginée$:^ aband4>nnées, renvoyéejs^. à^l^ €uîi^i9% Ua mouvement aussi général ne ppu-^ y ait : . léch^pper ap • boi^ . d\i ftey nel* j : H rpxfgit, ik pâlit;' il tir^. le< &meu3i^ Uvre^ de, sa pocbjef i| rouvre >i llairticle Pier?dn'x oi/o:, c^o#uf^ << Jéi ipMf. i»e sui^ ppkft
»'ëearté do maître, ;pns seul^nent d^un 1» tour 'clc casserole, et j'afvt)iie'qiic mon j»'plàt tie iraut Tien. Il e^ cVune dou- '»'ceur Êide, qni répugne. Il y a là-des- » -SOUS' quelque chose que je ne conçois » pas. Passez-moi cette gifcelotle».
EQe était aigre 4 agacer liefs dents -pour deux jours. Le fricandeau sem-* i)Uk être à Tabs^nthevet non à rascitle; La 'Muce des deux poulets en fricassée -était tournée; on n« potivait manger de
Qu'on bonnne se mêle de cuisine et -n^ entende riea, cela n'est pas plus •extraordinaire que de trouTer un frî- -fpon parlant probité, une coquette pu* "éear^ un avoué désintéressement. Qu'il gâte uniplat où deux, passe; mais qu'il mette :dans ses sauces ^^fs ingrédiens i^fn répugnent au palais le moins ëéli-^ -cat, voilà ce qui n'est pas supposable, xie qui n'est pas même possible. Ce rai- •fionnement profôntl^déiieloppé, répété.
60 XTUTE MACEDOIWF.
tir, quoique plusieurs de ces dames n'eussent rien de caché pour quelquesuns d'entre nous : il est reçu, dans un certain monde, que les mœurs sont inutiles, mais qu'il est bon de paraître ^n avoir. *
Nous fûmes agréablement surpris en rentrant Ce^ demoiselles avaient donné de la grâce à ces robes d'un genre nouveau. Avec des serviettes elles avaient chiffonné des espèces de turbans. L'étoffe était grossière; mais une< jolie figure relève tout, et la grisette, dans son bonnet rond, gagne en agrémens ce qu'un diadème donne en majesté. Madame de Mirville avait quelque chose d'aérien dans ce costume.
£lle me rappelait les ombres heureuses errantes dans les Champs-Élysiens; èlle'en avait la blancheur, la pureté, les charmes.
Nous avions à peine repris nos fracs., qu'un hussard parut, la tête surfchar-
UNE HACiDOINE. 6l
gée d'un énorme panier. Un second) un troisième, suivirent bientôt Nos regards ayides cherchaient à percer à travers le linge qui couvrait l'osier; notre impatience fiut promptement sa tisfaite. Nos officiers rentrèrent, et chor^ gèrent notre table de provisicms» Us avaient couru toutes les- auberges du lieu , et vidé jusqu'à la cantine du régiment. Il était impossible de ne pas reconnaître de pareils soins. L'invitation «de s'asseoir avec nous n'était pas terminée, que ces messieurs étaient placés , auprès de& dames , vous vous en doutez bien. Le mouvement avate été' si prompt, que je n'avais pas eu le temps de reprendre mon siège. Je restais comme un sot, derrière madame de Mirville, figtée, adulée, pressée pal deux des plus jolis hommes du régi> ment. J'avais de ^'bumeur, mais une
humeur et une £sûm ! Je fus, en
murmurant tout bas, me placer vis-à<*
¥és ^leNe, puisque., je tie |>oulraid plu^
WoBS fiftangeAmes enfin. Tout étail fpmiày et tcKit tious parut «xceUent. Uéppmty ^Êfm se ^eakttsrh, faisait place ^ la Midre^ au iiofi mdt, ^ la galanterie. I;es â#ux >roisiti5 de nHidame de Mir^U^ . tue pSûPâîssaiefft.etvoir de T'Cfsprit comme l^olmîre^ et n^eu arvaieut peut-être pas fâus que itioiu Ellls ieur accordait une tftteritiQti qui ressetti'blait à de Tintétét; je Voyais ïiinsi^ du moins, W je As^iM plus béte qu a Tordinaire. J'en* tendais mal^ jie répondais de travers :.
Mi tne ti»giiit«dait avec ëtonnement; je «e^li'efft afieJfce'rais pas..
Il li'y a pas de magknenne qui décime 's^n kointlTe comme. la fenrmie que ttéus'aikn^ns* M&damig d^ Mirvilte, sans «fiferétâtioh , saiis paraître y penser^ par^ ^tit à ^nétetiser la conversation. Elle tfâ'adiseswit de^emps en temps de ces •*&g»tdfe -qui vtôuktrt dire : Que vou« •
è^eti^kfVKpte ^on» êtes mji»!ie? Te tes^^ «Heiipirëtai «mi, net'qjsel 'gpé fe 4aÎ!
Nous avions soùpé;^ mais q^l parti allions^HOus prendre? MesdàlÉes d'Àl- Uval et de Valport voiilaient remonter en voiture. On ne trouve pas tous les jours ^ disaient-elles, l'occasion de se faire planter des mais. Madame d'Ermeuil répondait qu'elle aimait beaucoup les madsj mais quelle* leur préférait sa fraîcheur et le sommeil. Madame de Mirville jugea qu'on avait fait assez de folies, et qu'il était temps de se conduire en femmes raisonnables^.
Il n'y. avait point encore de majorité :
nous fûmes consultés. Je. fus de Tavis de madame de Mirville, c'est tout simple. Soulanges adopta l'opinion de ©la^ dame d'Ermeuil, et je crois qu'il ayait aussi ses raisons. Préval et'^au{prt pensèrent comme leur^ complaisantes
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