‹ Une Macédoine 4 tom (volume 3)Chapitre 11 sur 11 · II. lO · texte numérisé non relu

II. lO

■Si 18 UIÎE HIGÊDOIIHE.

Le brjiiit des fouets se fait entendre:

^'est le signal du départ Jç marche à trente pas derrière le carrosse. Je le suivrai jusqu'aux barrières- » je peux, au moins me dire, elle est là.

Quelle différence de ce voyage- au précédent! Mon cœur s'ouvrait à l'amour et à Tespérance : il est maintenant en proie à la doulemr, à la haine, à la vengeance. -

A qiioi tiennent lessréputation3^! Madame d'Ermeuil, est faible, je n'en, saurais douter ; mais eue est rigide obeervatrice des bienséances» Sophie^ au. contraire Fixer l'estime des» hommes.

rfest donc que l'art de les tromper,!

C'est la comtesse qui reproduira. Sophie dans le grand mpnde, qpi j'/Serar son appui! La vertu avoir besoin, d'étr^eprotégée ! et par qui ! •

'Heureuses celles qui, à la faveur de.

leur obscurité , disposent de leur cgeus, sont maîtresses absolues de leurs; ac^r.

trivE MÀCEDorïTi!:. arg

fions, ne redoutent pas le blâme, non qu'elles le bravent, mais parce qu'il ne peut les atteindre !

Les voitures volent. Croit -on que nous n'arriverons pas assez tôt à Paris?

et cependant il t^e me reste d'elle que la certitude d'être aimé Quelquefois il* me semble que le vent m'apporte Fair qu'elle a respiré.

Nous voilà à Chantilly. On s'arrête; je m^élance, jfe lui présente la main; je la reçois dans mes bras. Je la porte

dans^ cette auberge; je traverse avec

elle cette cour qui conduit à un certain grietlier Fermons les yeux, et

jetons 'tin voile stn notre mémoire.

Il est tard. On veut prendre ici quelque chose , y passer lé reste (le la nùit<^ On est danis cette itiêtne salle où elle m'a servi un restaurant y où elle était dfebout devant tnôi, pendant que j'écrivais à mon 'homme d'àïfaiires Je

ne resterai pas là. Demain d'ailleurs

lO*

aaO UNE MACÉDOINE.

ne faudra-t-il pas faire des efforts nouveaux pour m'arracher à Sophie? J'ai trouvé de la force pour un premier sacrifice, je n'en aurais pas pour un second «Adieu, Sophie. Adiéh».

Je sors, j'appelle Georges; je l'envoie chercher des chevaux; je les attends dans la rue J'entends Sophie.

Elle veut sortir. La cgmteçse la retient Elle a raison.

A une toise de distance, je suis déjà loin d'elle. Me voilà^ seul - avec mon cœur. Ah! si je pouvais aussi m'en séparer !

Les chevaux sont mis; je monte; ils m'entraînent. Je tombe dans un accablement profond. Tant mieux ; le léthargique ne souffre point.

On arrête à ma porte; je descends; Georges me conduit. J'en tends mes domestiques rire , chanter. Georges m'annonce; le silence règne; le respect succède à la gaité. Riez , chantez. Je n'ai

UNE MACEDOINE. Hl

droit qii*à vos services : vous n'avez pas renoncé à celui d'être heureux.

Georges me rappelle que j'ai fait trente lieues sans me reposer, sans rien prendre. Il me donne ma robe de chambre; il fait monter un consommé; il me le fait prendre; il prépare mon lit; il

me couehe ; je m'endors« Comment

ai -je pu dormir!

FIN ou TOME SECOND.

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