ACTE PREMIER
^ KROGSTAD.
A peu de chose près. Mais revenons à ce que nous disions .. C'était vraiment une e'poque bien triste pour vous, madatoe.
NORA
Oui^ c'est vrai.
KROGSTAD.
Je crois que votre père était très malade?
NORA
Moribond.
Il mourut peu après.
NORA
Oui.
^ KROGSTAD.
Dites-moi, madame, vous souvenez-vous par hasard de la date de la mort de votre père, c'est-à-dire du quantième du mois.
NORA
Papa est mort le 27 septembre.
KROGSTAD.
Exact. Je m'en suis enquêté, et voilà pourquoi je ne m'explique pas, (U tire un papier de son portefeuille.) certaine particularité.
* NORA
Quelle particularité?... Je ne sais...
KROGSTAD.
Eh bien! la particularité, madame, c'est que votre père à signé son reçu trois jours après sa mort. (Nota se lait.) Pouvez-VOUS m'expliquer cela? (Nora continue à se taire.) 11 est^ aussi évident que les mots deux octobre et l'année ne sont pas de l'écriture de votre père, mais d'une écriture que je crois connaître. Enfin cela peut s'expliquer. Votre père aura oublié de dater, et quelqu'un l'aura fait au ha-
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sard avant ^e connaître la nouvelle de sa mort. Cela n'est! pas grave. L*essentiel c'est la signature elle-même. Est-elle vraiment, réellement authentique madame? Est-ce bien votre père qui à écrit là son nom?
NORA, après un court silence, elle relève la tète et le regarde d'ttn air de défi.
Non, ce n'est pas lui. C'est moi qui ai écrit le nom de papa.
KROGSTAD.
Vous avez bien conscience de toute la gravité de cet aveu I
NORA
Pourquoi ? Sous peu de jours vous aurez votre argent.
KROGSTAD.
Permettez-moi une question. Pourquoi n'avez-vous pas envoyé le reçu à votre père.
NORA
C'était impossible : Il était si malade: Pour lui demander sa signature, il aurait fallu que je lui indiquasse la destination de l'argent, et dans l'état où il se trouvait, je ne pouvais lui dire que la vie de mon mari était en danger. Ça n'était pas possible.
KROGSTAD.
En ce cas, il aurait mieux valu renoncer au voyage.
NORA
Impossible. Ce voyage, c'était le salut de mon mari; je ne pouvais y renoncer.
Mais vous n'avez pas songé à la supercherie que vous commettiez vis-à-vis de moi.
NORA
Je ne pouvais m'arréter à cela. Ohl vous m'étiez bien indifférent. La froideur de vos raisonnements quand vous
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