ACTE DEUXIÈME IO
NORA
Prouvez-le I Pensez à mes enfants.
KRÔGSTAD.
Votre mari a-t-il pensé aux miens? Mais peu importe, je voulais vous dire de ne pas prendre la chose si au tragique. D'abord je ne déposerai pas de plainte contre vous..
NORA
Vraiment non. J'en étais certaine.
KROGSTAD.
Il vaut bien mieux terminer cette affaire à l'amiable. Il est inutile que des tiers s'en mêlent! Cela peut rester entre nous trois.
NORA
Mon mari ne doit jamais savoir...
KROGSTAD.
Comment pouvez-vous l'empêcher ? Peut-être pouvezvous payer ce qui reste dû ?
NORA
Immédiatement, non.
KROGSTAD.
Vous avez peut-être trouvé un moyen de vous procurer de l'argent ces jours-ci ?
NORA
Non, je n'ai pas trouvé de moyens que je puisse employer.
D'ailleurs, cela ne vous servirait à rien. Vous m'offririez n'importe quelle somme que je ne vous rendrais pas le reçu.
NORA
Expliquez-moi alors comment vous voulez vous en servir.
byGoogk
KROGSTAD.
Je veux simplement le conserver, l'avoir en ma possession. Nul étranger ne doit le savoir. De sorte que si vous avez pensé à quelque résolution désespérée...
NORA
J'y ai pensé.
KROGSTAD.
A tout abandonner et à fuir.
NORA
J'y ai pensé, oui.
KROGSTAD.
Ou a quelque chose de pire encore...
Gomment pouvez-vous savoir?
KROGSTAD.
Renoncez à ces idées.
NORA
Mais comment savez-vous que je les ai ?
KROGSTAD.
Presque tous, nous les avons d'abord. Je les ai eues comme les autres, mais j'avoue que le courage m'a manqué.
NORA, d'une voix sourde.
Moi aussi I
KROGSTAD, tranquillisé.
N'est-il pas vrai ? Vous aussi le courage vous a manqué ?...
NORA
Oui.
KROGSTAD.
Ce serait d'ailleurs une bêtise colossale... Une fois le premier orage conjugal passé... j'ai là dans mon portefeuille une lettre pour votre mari...