ACTE TROISIÈME I4I
Oui, îçs cartes signifient qu'il à à jamais pris cong^ de nous. Il veut s'enfermer pour mourir,
HELMER
Mon pauvre ami, je savais que je ne le conserverai pas longtemps, mais si vitel Et il va se cacher comme un animal blessé.
NORA
Si cela doit arriver, mieux vaut que ce soit sans un mot, n'est-ce pas Torvald?
HELMER, se promenant.
Il était devenu dé la famille. Je ne puis me faire à ridée de le perdre. Ses souffrances, son caractère renfermé faisait comme un fond sombre au tableau ensoleillé de notre bonheur... Enfin, peut-être cela vaut-il mieux au moins pour lui. (lUarrète.) Et peut-être aussi pour nous, Nora. Maintenant nous voici exclusivement voués l'un à l'autre. (11 la prend dans ses bras.) Ah ! ma petite femme adorée, jamais je ne te serrerai assez étroitement. Vois-tu, Nora, bien des fois j'ai voulu te voir menacée de quelque danger pour pouvoir exposer ma vie, donner mon sang, tout risquer, tout pour te protéger...
NORA, s'arrachant de ses bras, d'une voix ferme et résolue.
Maintenant lis les lettres, Torvald.
HELMER
Non, non, pas ce [soir. Je veux demeurer avec toi, avec ma petite femme idolâtrée.
NORA
Avec cette idée de la mort de ton ami...
Tu as raison. Gela nous a affecté tous jles deux. Une chose qui répugne s'est mise entre nous, l'idée de la mort et de la dissolution. Il faut lutter pour nous en aï*
byGoogk
franchir, jusque-là... nous resterons chacun dans notre chambre. ^
NORA, se jetant à ^on coo.
Bonne nuit, Torvald, bonne nuit.
HELMER, la baisant sur son front.
Bonne nuit, mon oiseau chanteur, dors en paix. Je vais parcourir les lettres.
11 passe dans sa chambre emportant les lettres et ferme la porte.