ACTE TROISIÈME l6i
^ pas voir les enfants. Je sais qu'ils sont dans des mains meilleures que les miennes. Dans ma situation actuelle je ne puis pas être une mère pour eux.
HELMER
Mais un jour, Nora, un jour?
NORA
Que te répondre^ J'ignore ce qu'il en sera de moi.
HELMER
Mais, quoiqu'il en soit de toi, tu es ma femme.
Ecoute, Torvald, quand une femme abandonne le domicile conjugal comme je le fais maintenant^ les lois, dit-on, affranchissent le mari de toute obligation envers elle. En tout cas, je t'en tiens quitte, il n'est pas j uste que tu sois enchaîné quand je ne le suis pas. Pleine liberté pour tous les deux ! Tiens, voici ton anneau. Rendsmoi le mien.
Cela aussi ?
Oui.
Le voici.
HELMER
NORA
HELMER
NORA
Merci. Maintenant tout est fini. Je te laisse les clefs. La femme de chambre est au courant de tout, mieux que moi. Demain, après mon départ, Christine viendra emballer tout ce que j'ai apporté ici. Je veux qu'on me l'envoie.
HELMER
Tout est-il fini I Tu ne veux donc plus penser à moi, jamais» Nora!
byGoogk
NORA
Bien sûr, je penserai souvent à toi, et aux enfants, et à la maison.
HELMER
Puis-je t'écrire ?
NORA
Non, jamais, je te le défends.
HELMER
Ohl... mais je puis t'envoyer...
NORA
Rien, rien.
HELMER
T'aider si tu en as besoin.
NORA
Je te dis que non... Je n'accepte rien d'un étranger.
HELMER
Nora, ne serai-je jamais plus pour toi qu'un étranger?
NORA, prenant le sac de voyage. Ah ! Torvalds il faudrait pour cela le plus grand des prodiges.
HELMER
Lequel ?
NORA
Il faudrait nous transformer tous deux au poiilt... hélas I Torvald, je ne crois plus aux prodiges.
HELMER
's moi je veux y croire I Dis, quel est ce prodige?... devons nous transformer tous deux au point que...
NORA
point que notre union devienne un véritable ma- Adieu !
Elle sort. On entend se fermer la porte de la rue.
byGoogk