ACTE TROISIEME OQ
ment que tu lui dirais : a Allez et publiez tout. » Et quand cela serait arrivé 1...
HELMER
Ahl oui... quand j'aurais livré ma femme à la honte, au mépris..,
NORA
Quand cela serait arrivé, j'étais tout à fait sûre que tu allais te présenter pour répoodre de tout, en disant : « C'est moi le coupable ! »
HELMER
Noral
4 NORA. '
Tu vas dire que je n'aurais pas accepté un pareil sacrifice. C'est vrai. Mais à quoi aurait servi mon affirmation à côté de la tienne. Eh bien ! c'était là le prodige que j'espérais avec terreur et pour l'éviter, je voulais mourir.
HELMER
Nora, j'aurais travaillé avec plaisir pour toi jour et nuit, et j'aurais subi toutes espèces de privations et de peines, mais il n'y a (personne qui offre son honneur pour l'être qu'il aime.
NORA
Des milliers de femmes l'ont fait.
HELMER
Oh ! Tu penses comme une enfant, et tu parles de même.
NORA
SoitI Mais tu ne penses pas, tu ne parles pas comme un homme que je puisse suivre. Une fois rassuré, non sur le danger qui me menaçait, sur celui que tu craignais, toi tu as tout oublié. Je suis redevenue ton oiseau chanteur, la poupée que tu étais disposé à porter dans tes bras comme avant et avec plus de précautions, puis-
byGoogk
l60 UNB MAISON DE POUPÉE
que tu avais découvert que j'étais plus fragile. (Elle se lève.) Ecoute, Torvald. A ce moment il m'a paru que j'avais vécu huit ans dans cette maison avec un étranger, et que j'avais eu de lui trois enfants. Ah I je n*y veux pas penser. Cela me donne envie de me déchirer moi-même.
HELMER9 sourdement.
Je le vois hélas! je le vois. Il s'est ouvert entre nous un abîme, mais dis, Nora, ne peut-il se combler ?
NORA
Telle que je suis maintenant, je ne puis pas être ta femme.
HELMER
Je puis me transformer.
NORA
Peut-être, si on t'enlève ta poupée.
HELMERi
Me séparer de toi ! de toi, non, non, Nora. Je ne puis me résigner à cette idée.
NORA, se dirigeant Ters la porte de droite.
Raison de plus pour en finir.
Elle sort et revient avec son manteau, son chapeau et un petit sac de voyage qu'elle pose sur une chaise près du guéridon.
Nora, pas encore, pas encore. Attends demain. NORA, mettant le manteau.
Je ne puis passer la nuit sous le toit d'un étranger.
HELMER
Mais nous pouvons vivre par la suite comme des fr.ères.
NORA, mettant son chapeau Tu sais bien que cela ne durerait pas longtemps. (Jetant le châle sur sesdpaulcs.) Adieu, Torvald, je ne veux
byGoogk