ANTONY, AUGUSTINE
AUGUSTINE
Vous savez que je ne l'aime pas du tout, votre M. Collinet !.. ces pianistes sont tous des coureurs! ils reçoivent des femmes qu'ils font... pianoter... et vous allez chez lui... vous savez pourtant que cela me déplaît... c'est une très-mauvaise connaissance que vous avez là !
ANTON Y
Ma chère Augustine, tu ne t'aperçois pas que tu en dis autant de tous mes amis .. si je t'écoutais, je me brouillerais avec chacun d'eux... le musicien reçoit des chanieuses, le statuaire a des modèles... le fabricant emploie des ouvrières... il n'est pas jusqu'aux auteurs que tu me défendes, sous prétexte qu'ils connaissent des actrices.
AUGUSTINE
Je te permettrais ceux-là, si tu me laissais suivre ma vocation pour le théâtre, car j'ai une vocation, vois-tu, je ne suis pas née pour faire des fleurs, vois-tu... je suis une petite Frédérik Lemaitre en herbe, vois-tu.
AN TONY
Ah! bon ! voilà la tocade qui te reprend !
AUGUSTINE
Pourquoi m'empèches-tu de me mettre au théâtre?
ANTON Y
Pourquoi? Parce que... voilà... il me semble que c'est suffisant !
Tu crains que je ne fasse trop de conquêtes? Est-ce que je pourrais en aimer un autre que toi!.. Tu es si gentil... tiens! tu t'es fait couper les cheveux! Pourquoi? je vous l'avais défendu...
ANTONY
11 faisait très-chaud, et ma foi...
AUGUSTINK.
Vous vous êtes fait friser!., niazette!.. Vous ne me direz pas que c'est à cause de la chaleur.
ANTOINY.
Coupe et frisure, trente centimes... ça n'est pas la peine de s'en passer.
AUGUSTINE
Vous avez des intentions, c'est clair!., il y a une femme sous jeu. Tout à l'heure vous avez chuchoté avec Collinet.
ANTONY
Encore !
AUGUSTINE
Mais je saurai tout... je vous confondrai...
ANTONY, à parr.
Dire que je n'ai plus le droit de me faire friser!
AUGUSTINE, voyant un paletot qui est sur le dossier du divan.
Que vois-je? un paletot neuf... doublé en soie!*.. Antony, vous me trompez.
ANTONY *, passant à droite.
Ah ! c'est trop fort !.. mais ce paletot, je voulais l'étrenner , ce soir avec toi, à la fête de Sceaux.
AUGUSTINE, avec joie.
Tu voulais me mener airbal?.. ah! pardonne-moi, mon bibi, pardonne à ta petite Titine!.. oh! le bal! les polkas, les lanciers, les pistons, les verres de couleur... Oh ! que je suis contente !.. que je suis contente!..
ANTONY, à part.
Ah! quel type!..
Air de Croque fer (M. Offenbach).
A la danse, Déjà je m'élance ;
La gaîté, } (bis, ensemble.)
En liberté, Règne aux bals d'été. > Je n'aurai que toi pour danseur;
Bayadère, Je veux que ma danse légère Sache plaire,
* Ans. Ant.