SCÈNE XV
AUGUSTLNE, puis GRATTOIR.
AUGUST1NE, seule. Elle entre par le fond, au moment où la porte de droite se referme.
Ali! on ne veut pas que je monte... il y a quelqu'un ici... une femme est cachée clans cette chambre... (Elle va à droite.) Plus de clef à la porte., et elle y était tantôt... ah! vous avez
beau VOUS Cacher, ma lïlie... (Allant décrocher un fleuret au fonda gauche et faisant des armes.) Mais, Sortez donc, Madame, si VOUS
n'êtes pas une lâche!... tenez... une, deux, trois... (au moment où
elle se fend, Grattoir, qui entre par le fond, reçoit un coup dans le derrière.) GRATTOIR, poussant un cri *.
Grand Dieu !... je suis blessé!
AUGUSTISE, avec calme.
Darrfe ! fallait mettre un masque.
GRATTOIR
Un masque ! Est-ce que nous sommes en carnaval ?... (n s'assied sur une chaise, au fond, à droite, et se relève aussitôt.) Aïe! ah ! Madame... qu'avez-vous fait? (criant.) Laïde!... Laïde !... prépare quelque chose... ton chéri a été touché !... (il sort par le fond.)
AUGUSTINE, seule.
Le brigand !... (Elle jette à terre des statuettes qui sont sur la console
du fond à droite.) Tiens !... les voilà, tes vieux plâtres!.. Si je pouvais confondre mon infidèle... le surprendre avec elle 1.... Ah ! oui., ma vengeance serait complète! voyons, il faudrait trouver le moyen de rester ici sans être vue I (sue regarde de tous côtés.) Ah ! ce mannequin.... si je prenais sa place.... il a un voile sur la ligure, cela me servira.. (Elle prend le mannequin.) Mais où vaisje fourrer cette dame ? (voyant la portière de droite.) Ah ! là... dans le cabinet des modèles... (Elle secoue le mannequin.) Ah ! Madame, que vous êtes lourde ! tant pis, j'en viendrai à bout. Là, maintenant , à ma toilette... (Elle entre dans le cabinet de droite avec le mannequin. — Pendant cette scène, la nuit est venue peu à peu. — Corbillon entre avec précaution par le fond.)