SCÈNE XVI
CORBILLON, puis AUGUST1NE.
CORBILLON, entrant dans l'atelier.
M'y voici !... (Regardant autour de lui.) Personne !... à la faveur de la nuit qui étend ses voiles, on ne m'a pas vu monter... j'ai filé devant les portiers qui du reste ne regardaient pas du tout dans l'escalier.... Ils étaient entrain de dévorer un poulet... Ma femme est sortie et n'est pas encore rentrée j'ai été la
* Àug, Grat.
SGÉffE XVII. jM
demander chez toutes nos connaissances nisco !.... elle doit
être ici, puisque c'est ici qu'on lui donne des rendez-vous î — Mais, je ne quitterai plus cet atelier sans avoir retrouvé Edel-
mone. 0 mon épouse ! si vous vous êtes permis si vous
avez osé... je me vengerai!... comment?... je n'en sais rien... mais je me vengerai!...
AUGUSTINE, en vestale, sortant du cabinet de droite *.
Chut ! pas si haut, donc !
CORBILLON
Qu'est-ce que c'est que ça ?... le mannequin !..
AUGUSTINE
Non, mais une maîtresse jalouse qui a pris sa place pour confondre son infidèle; je vous ai entendu... vous cherchez votre femme, elle est ici.
CORBILLON, passant à droite **.
Où cela ? où cela? que je la pulvérise!
AUGUSTINE
Probablement dans cette chambre dont on a retiré la clef.... eh bien! pour la surprendre, pour être certain de sa trahison., enfin pour être tout à fait sûr.... de votre affaire, faites comme moi... cachez-vous dans quelque chose...
Idée lumineuse !... mais dans quoi?... ô ciel!., dans quoi ?
AUGUSTINE, montrant l'armure.
Tenez... dans cette armure il y a un casque , une visière,
vous la baisserez et vous verrez tout sans être vu.
CORBILLON, allant examiner l'armure***.
Vous croyez que je tiendrai là-dedans... c'est que je suis trèsbel homme !
AUGUSTINE, l'aidant à mettre la cuirasse à laquelle tiennent les cuissards.
Allez donc on en mettrait deux comme vous là-dedans....
mais dépêchez-vous, on peut venir.
CORBILLON
Voilà les cuissards à présent les brassards.... le casque....
(il achève de mettre l'armure, avec l'aide d'Augustine.) AUGUSTINE, l'aidant.
Les hommes ne savent rien faire... (Après lui avoir posé le casque suria tète.) Allez! vous y voilà... et tenez cette masse d'arme à
VOre main. (Elle lui donne une masse d'arme.) CORBILLON.
Ça me serre beaucoup... ça m'étrangle même.
AUGUSTINE
C'est ce qu'tt faut. (Lui baissant la visière.) Cachez votre pif !...
CORBILLON
J'étouffe là-dessous...
* Corb. An-.
** A«g. Corb. *** Corb. Aii£.
AUGUSTISE.
Tant mieux!... chut! j'entends monter l'escalier, ne bougez pas...
CORBILLOS.
Ah ! bigre ! on n'est pas à son aise là-dedans.
AUGUSTINE
Et moî à mon poste... (Elle court se placer sur le divan.)