REPRISE ENSEMBLE
AUGUSTINE
Frétillon, bon garçon!
C0LL1NET et ANTONY.
Bon garçon !
AUGUSTINE
Je suis, foi de grisette, Douce comme un mouton.
C0LL1NET et ANTONY.
Un mouton!
AUGUSTINE
Fidèle et pas coquette...
Mais que mon amant
Inconstant Agisse en escogriffe, Alors,
Je le mords,
Je le tords,
Je le griffe!
Boute en train,
Sans chagrin, Et vivant d'un refrain.
ENSEMBLE
Oui, voilà, mes amis, La grisette de Paris!
* Col. Aug. Ant.
AnaSTiNT, à Antuny.
Tu m'attendais, n'est-ce pas? lu t'ennuyais de ne pas me voir...' TVnn-:vais-tu de ne pas nie v. ii?
ANTONY
Tiens, demande plutôt à Collinetsijenclui parlais pas de toi.
COLLINET
( vrai, nous devisions de vous luut à l'heure, Mademoiselle.
AIGUST.NE.
Ali! nous de\i>ionsl ce genre! et vous disait-il qu'il m'adoj ait . qu'il voudrait se périr pour moi? Voyons, soyez franc, ne mentez pas... vous le disait-il?
COLLINET
11 ne lue disait pas absolument cela, mais, eu y ressemblait
beaucoup.
AIGLSTINE.
Ali! d'ailleurs, vous ne diriez pas le contraire... les hommes .-'entendent si bien pour nous tromper! (a Antuny.) Mais toi, tu m'aimes, mon bihi! tu ne doutes pas de ta petite Augustino, n'est-ce pas, Arthur?
COLLINET
Tiens! tu t'appelles donc Arthur, à présent? je t'avais toujours nommé Charles, de ton petit nom.
ALGISTINE.
Oui, mais je déteste les Charles... tous les garçons de café s'appellent Charles.
ANTONY
i;t Antony?
AUGSTIN Ë .
Ah! il tue sa maîtresse, c'est canaille ! Mon ami, tu ne sais pas, tu vas être bien content aujourd'hui, je ne me sens pas du tout, du tout, du tout envie de travailler; alors, j'ai envoyé promener le magasin et je vais passer toute la journée avec^toi.
A MON Y, regardant Collinet.
Ah! diable!
COLLINET, à part.
Quelle tuile!
ALGUSTINE, à pari.
Qu'est-ce qu'ils ont donc h se regarder entre eux? (Haut à Animiy.) Est-ce que ça t'ennuie?
ANTONY
Non.
AUGUSTIN E
Si ça t'ennuie, dis-le!
ANTONY, passant au milieu.
Mais non... mais non. (Bas à Coilinet.) Je sortirai et je l'emmènerai.
AUGUSTINE
Vous parlez bas à Monsieur, voilà qui est poli!... Comment, il s'agit donc entre vous de choses que je ne puis pas entendre? Dites donc, si je vous gène-, Messieurs, je m'en vais.
ANTONY
Allons! voilà autre chose!
COLLINET, à Augustine en riant.
Ah! que vous êtes bête!
AUGUSTINE
Comment! je^suis bête... Dites donc, monsieur Collinet, est-ce que nous avons; gardé... les vaches landaises ensemble?
ANTONY
Mais, ma chère amie...
AUGUSTINE
Vous me laissez insulter par vos amis (Frappant du pied.)
C'est une infamie!... (Avec éclat.) Et vous ne lui ordonnez pas de me l'aire des excuses?
ANTONY, bas à Collinet.
Voyons, je t'en prie!... fais-lui des excuses. (Augustine s'assied
sur le divan.)