I.A CABANE DU BUCHERON
lette s'harmoniait, non sans quelque charme, avec celui de ses traits.
Debout, derrière elle, mademoiselle de Guise lui soutenait la tête, et la belle Marie de Gonzague aspergeait son front d'une eau glacée, que lui présentait mademoiselle de Vendôme dans une jatte de bois. Un feu de fagots , entretenu par la femme du bûcheron, brûlait dans l'âtre et jetait de rougeâtres lueurs sur le visage de ces jeunes femmes , groupées autour de la malade , tandis qu'une clarté du dehors , arrivant à travers une étroite lucarne, tombait sur la figure de Louise, dont la mate blancheur ressortait mieux encore par le bleu du manteau sur lequel elle était étendue.
Dans cette cabane sombre et enfumée, cette jeune femme pâle, à la carnation si délicate j ces autres, belles et flères, et dont les joyaux étincelaient dans l'ombre; puis cette vieille , accroupie dans l'âtre , paraissant préparer quelque breuvage inconnu , tout donnait à cet ensemble un caractère cabalistique et mystérieux. On eût dit les trois sœurs Thessa-
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liennes, essayant par art magique de rappeler à la vie une blanche fille de Larisse.
Le roi, arrivant inattendu au milieu de cette occupation, et placé dans la partie obscure de la cabane , put, à la satisfaction de son esprit rêveur, examiner un instant ce tableau sans être remarqué; puis, s'habituant à cette obscurité, les figures devinrent plus distinctes pour lui. Il vit au côté de Louise, et tenant une de ses mains entre les siennes , un homme assis sur un bout de banquette, et qui, avec un vif intérêt, contemplait le front décoloré de la malade.
 ce mot LE Roi ! qui se fit entendre soudain , Marillac tournant la tête , et changeant de contenance , se mit à frapper légèrement dans la main de sa femme, afin de se donner un maintien d'utilité ; et il se leva pour saluer le roi, qui ne lui répondit que par un regard de colère.
Comme si la présence du souverain agissait sur elle , Louise, au même moment , ouvrit les yeux, les porta en premier sur son mari, et