NÉGOCIATIONS
— Il se corrigera.
— Un raffiné !
— Nous le prêcherons.
— Un libertin !
— Nous le marierons.
— A la bonne heure !
Ainsi le cardinal sembla n'approuver que par condescendance pour son maître, une résolution que lui-même avait dictée.
Il ne s'agit donc plus que de disposer Louise à ce mariage. De ce soin se sont chargés le sieur de la Chenaye et la dame de Saint-Cernin^ et ils ont commencé leur tâche en flétrissant dans son ame le souvenir du jeune peintre de la Visitation. Cependant, que Lesueur se présente, qu'il parle, qu'il essaie de se justifier , et il la persuadera facilement sans doute !
Mais comment le pourrait - il faire ? elle inarche toujours accompagnée de sa tante , et s'il se rencontre sur leur chemin , par une de ces occasions fortuites, qu'avec tant de constance il s'étudie à rendre fréquentes, Louise
elle-même feint de le méconnaître et détourne les yeux. Plus de loges au spectacle^ où une place lui soit volontairement cédée derrière elle , plus de ces conduites nocturnes jusqu'au logis, à travers les fanges de la ville , et durant lesquelles il lui serait permis d'user de ce cL armant et singulier privilège qu'ont les amoureux de se comprendre sans se parler, et de se faire absoudre sans justification ; plus enfin de ces bals pompeux et désordonnés, où un instant du moins, à la faveur du masque, au milieu de la foule , il l'enlèverait à tous-, pour la posséder à lui seul !
Lesueur se désolait. Il fallut encore Marillac pour lui rendre l'espoir.
Depuis plusieurs jours ils ne s'étaient point vus. Un matin, ils se retrouvent sur le Pont- Neuf, près du cheval de bronze, à cette plac^ ^ même où leur première entrevue avait eu lieu , quelques mois auparavant. L'artiste conte à son ^ ami ses nouveaux déplaisirs, ses impossibilités' de se rapprocher de Louise, de s'expliquer avec elle. Marillac l'écoute d'abord avec une grande
fi
NÉGOCIATIOS. 409
distraction, tout occupé qu'il est de ses propres affaires, et n'attachant guère que par bienveillance, une haute valeur à toutes ces disgrâces d'amour. Enfin, il comprit ce dont il s'agissait.
— Pauvre écolier, lui'4Jt-ilj si tu ne peux la voir, il faut lui écrire.
— Lui écrire ! mais le moyen de faire parvenir cette lettre !
— Belle difficulté ! mon cher Sudorius, lorsqu'on se mêle d'être amoureux sérieusement , ce qui est toujours un tort, on doit, avant tout, étudier le traité des ruses, surprises et embuscades. La guerre des ruelles demande presque autant de soins et d'activité d'esprit que la guerre véritable. Au surplus, j'en ai fait un assez fréquent usage dans mes tendresses cou-
* gantes ; et si tu veux bien avoir confiance en moi , et me charger d'un commandement da'^s l'entreprise , je réponds du succès ! Prépare ta missive, guette la demoiselle dans les sorties qu'elle fera hors de la place , mets-moi sur sa trace , et bientôt tu recevras de bonnes nou-
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velles, datées du camp , devant la rue du Colombier.
Certes , le chevalier n'avait nul soupçon alors du rôle qu'il se préparait à jouer bénévolement, et de la ressemblance grande existant entre Louise de la Porte et la parente du cardinal !
LES TUlLERiES. 4 I I
Ht^ ^nikvm.
Le lendemain, vers le mîdi, Lesueur, tout palpitant d'émotion, l'alla rejoindre.
— Mon ami ! lui cria-t-il, en entrant précipitamment dans sa chambre, avant même de lui laisser le loisir de se reconnaître, car le chevalier venait à peine de s'éveiller. — Elles sont en ce moment près de Saint-Germainl'Auxerrois ! . . . chez leur marchand d'étoffes ! . . . oii sans doute... comme d'habitude... elles séjourneront quehjue temps !
— Qui ? demanda Marillac ;, encore à moitié endormi. — Et de quel marchand d'étoffes me parles-tu ? Est-ce de mon fournisseur ? dis-lui que je le paierai.
— Mais il s'agit de ces dames , de Louise ! il n'y a pas un instant à perdre ! Venez !
— Mille espingoles ! Sudorius , tu es de bonne guette, et habile à saisir les mouvemens de l'ennemi ! mais tu me laisseras le temps de me vêtir peut-être. Holà, monseigneur !
Le page et Lesueur l'aidèrent à s'habiller. Ce dernier lui remit pendant ce temps sa lettre , bien pliée, et simplement fermée par un cachet de cire d'Espagne, en disant. — Vous allez décider de mon sort aujourd'hui , Marillac !
— Maître fou ! répondit l'incrédule chevalier , athée en amour ; ton sort est d'aimer celle-là, et puis dix autres après! Mais au fait, tu as raison , l'avenir peut ne pas arriver ; le présent seul est la vie ! — Et quand il fut prêt : — Garçon, dit -il à son page, roule tes chausses, et mets toutes tes ficelles dans ta poche. J'aurai
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sans doute besoin de ton adresse et de ta dextérité ce matin- Tu viendras avec nous.
Après avoir traversé le Pont- Neuf , comme ils descendaient vers Saint-Germain-l'Auxerrois , Lesueur découvrit de loin , sur le quai Bourbon, les deux dames ;, déjà quittes de leur marchand d'étoffés, et remontant le lon^ de la galerie du Louvre. Il les signala à Marillac.
— Vive Dieu ! maître, lui dit le chevalier, si l'amour est aveugle , les amoureux ne le sont pas. Ta vue est bonne ! Mais ta présence peut nous nuire. Va m'attendre chez toi. J'espère, avant peu , t'y aller rendre compte de la réussite.
Lesueur s'éloigne , ou feint de s'éloigner, et Marillac , suivi de monseigneur^ double le pas pour se rapprocher des dames , sans pourtant se mettre trop en évidence.
La baronne et sa nièce n'avaient d'abord songé qu'à faire de nouvelles emplettes chez un célèbre parfumeur-gantier fort à la mode, et qui habitait la rue des Tuileries. La douceur de la température les décida d'entrer dans le
jardin pour y faire un tour de promenade. Madame de Saint-Cernin y voyait aussi un moyen de tuer le temps. Les horloges allaient lentement à son gré ce jour-là ; car vers les trois heures de l'après-midi, elle devait recevoir chez elle certaine visite d'une grande et légitime importance.
Pour faire passer plus rapidement ces longues crises de l'attente, déjà, dans la matinée , elle s'était confessée , après deux messes entendues , avait rendu quelques visites , s'était mise à parcourir les boutiques et les magasins, examinant très-attentivement les meubles, lesbijoux, les voitures, faisant développer les plus riches étoffes , achetant peu , marchandant beaucoup ; et Louise, forcée de l'accompagner partout, aussi bien au confessionnal que chez le parfumeur, n'étant pas encore dans le secret , ne savait comment s'expliquer cette activité inhabituelle.
Grâce à la sérénité du ciel , les promeneurs se montraient nombreux aux Tuileries, surtout
dans les endroits découverts , qui se ressentaient moins que d'autres de l'humidité de la saison.
Là , les bourgeois des alentours , les bas-officiers du château , les écoliers , les convalescens, venaient prendre l'air, ou s'ébattre, tandis qu'un peu plus loin le cours la Reine réunissait un brillant rassemblement de gens du haut parage dans de riches équipages armoriés.
Toujours rêvant à sa fortune future, la baronne eût bien voulu se mêler à tous ces grands seigneurs; mais le moyen d'y paraître à pied! Aussi, plus que jamais, son carrosse lui revenait en tête ; elle le voyait déjà devant ses yeux, doublé de velours rouge, garni de clous dorés, recouvert d'une belle housse, ayant à la portière, au lieu d'un rideau de cuir, des glaces à la Bassompierre. — Tout cela ne tardera pas ! se disait-elle. Et jetant à la dérobée un regard sur sa nièce, en la retrouvant toujours jolie, elle éprouvait un vif sentiment de plaisir, et presque de reconnaissance.
Bientôt cependant, se sentant fatiguée, au
lieu d'avoir, pour se reposer, les coussins moelleux de sa voiture, elle en fut réduite à envier une place sur un banc de bois de l'allée principale, oii le soleil, déjà chaleureux, donnait à pleins rayons.
Mais le banc était occupé j il fallut attendre. Il se dégarnit enfin assez pour que les deux dames pussent s'asseoir entre une nourrice et un gros provincial, fraîcliement débarqué. Madame de St-Cernin gémissait de se trouver en contact avec de telles gens , et déplorait amèrement les inconveniens de la promenade à pied. Louise paraissait aussi troublée qu'elle ; mais la cause était loin d'en être la même.
A travers le massif d'arbres qui leur faisait face, eUe venait de voir passer rapidement une ombre , un homme, Lesueur ! Elle n'en doutait point, et pourtant l'artiste, si c'était lui, n'avait fait que glisser dans l'obscurité, et un rayon de soleil les séparait. Des yeuxindifférens l'eussent-ils pu reconnaître?
Tandis qu'elle y songeait , en le suivant encore du regard dans le lointain, son voisinage
sur le banc de bois avait changé. Un jeune garçon, d'une figure intéressante et jolie, était venu se placer auprès d'elle, sans oser à peine tourner la tête de son côté, tant il paraissait modeste.
Il s'y tint recueilli , les yeux baissés, comme une jeune fille ; et quelques instans après, soit qu'une idée de hâte lui fut venue , soit que la présence d'un camarade l'eût excité , il se leva, et se mit à courir de toutes ses forces , en zigzaguant à travers les arbres placés derrière le banc occupé par les deux dames.
Dès qu'il fut parti, madame de St-Cernin, quoique l'ayant à peine entrevu, fit l'éloge du teint et des cheveux du bel adolescent; et, se retournant pour le mieux observer dans sa fuite , elle applaudit à la légèreté et à la grâce de ses mouvemens. Mais aussitôt, Louise s'aperçut que son sac placé près d'elle avait disparu ; ce qui la contraria vivement, et lui attira une réprimande assez sévère de la part de sa tante,
— Vous n'en faites point d'autre, mademoiselle , lui dit celle-ci : au ballet du roi ,
yous avez perdu votre masque ; aujourd'hui , c'est votre sac. Vous l'aurez laissé tomber en chemin , bien certainement ; il est impossible que ce jeune homme , qui a la peau blanche et rosée comme une fille, et une tournure charmante, soit un coupe-bourse. Vous l'avez oublié chez le parfumeur ! oui, c'est cela !
Et toutes deux se levèrent pour regagner la boutique du marchand.
Au même instant, elles virent le bel adolescent, courant toujours , arrêté soudain dans sa fuite par un homme de bonne mine , qui , le saisissant par la manche, après l'avoir vivement fustigé à coups de houssine , lui arracha le sac, qu'il tenait caché.
La tante et la nièce restaient saisies de surprise. L'inconnu accourut au-devant d'elles , et faisant parade de manières élégantes et distinguées, les saluant à plusieurs reprises avec courtoisie :
— Ce joli petit meuble n'est-il point votre propriété, madame? dit-il en s'adressant à la baronne.
— Il est à mademoiselle ma nièce, monsieur.
— Un petit vagabond , un écolier qui prend ses vacances avant terme , sans doute , vous Fa soulevé ; mais de loin je guettais sa manœuvre, et l'arrêtant au passage , je l'ai châtié d'importance , et mieux que n'aurait fait son régent, je vous assure.
— Ah! pourquoi l'avoir frappé, ce pauvre garçon! s'écria la baronne, d'un air piteux.
MariUac, car c'était lui, rendit le sac à Louise, et en reçut en retour une gracieuse révérence . Il la vit de près alors, et, par manque de sympathie , ou peut-être les récits enthousiastes de Lesueur l'ayant rendu trop exigeant, il la trouva passablement jolie, mais peu de son goût.
— Mais voyez donc, Louise, si ce jeune homme ne vous a rien détourné, dit la tante.
— Non , non , madame , interrompit vivement MariUac; c'est impossible, je ne l'ai point un instant perdu de vue.
En effet , rien n'y manquait ; au contraire : il y avait en plus dans le sac de Louise , la missive amoureuse de Lesueur, que l'honnête larron , monseigneur , y avait glissée entre un joli mouchoir à broderies^ une paire de gants d'Espagne, un flacon d'émail et une pomme de senteur.
Les horloges delà ville sonnaient deux heures. La baronne, en réitérant ses remercîmens à Marillac, s'empressa de s'éloigner pour regagner son logis, oii cette visite si impatiemment attendue ne pouvait tarder à venir.
Le chevalier escorte galamment ces dames jusqu'à la sortie du jardin , et , triomphant , se dispose ensuite à gagner la rue de la Harpe pour porter cette bonne nouvelle à Lesueur , quand celui-ci , accompagné de monseigneur , se montre tout à coup à sa vue.
Malgré Finvitation de son ami, l'artiste n'avait pu s'écarter des lieux du combat j il avait observé la position des deux partis , vu Tattaque, et, témoin de la victoire, ne tarissait
pas en éloges sur cette savante rnanœuvre du chevalier. Dans l'élan de sa joie, renaissant bien vite à l'espoir , il se croyait déjà en correspondance réglée avec Louise.
Les deux amis dînèrent ensemble, et pendant le repas, Lesueur n'entretint son confident que de la jeune fille, de sa beauté, de ses grâces, des souvenirs du couvent, de ses projets de bonheur ! Il en parla tant, qu'il put manger à peine. Marillac le crut fou.
Enfin, assourdi de sentiment, livré à ses propres réflexions , songeant au cardinal , à la terre promise que celui-ci lui avait fait entrevoir, à son opulence à venir, à son mariage futur, fatigué du retard, et las de l'amour des autres, le chevalier rentra chez lui, où, depuis une heure, l'attendait avec une vive impatience le premier valet de chambre de Sa Majesté , le sieur delà Chenaye.
Ca rue tfn (tclombicr.
— Qui me procure l'honneur que je reçois par votre présence ? dit à la Chenaye, Marillac, étonné d'une visite dont rien ne lui faisait deviner le motif.
— Nous sommes trop pressés pour prendre le loisir de nous expliquer céans , monsieur le chevalier. Montons d'abord en voiture; là, je me ferai comprendi^e à vous.
Un carrosse , sans dorure et sans armoiries ,
les attendait à la porte : ils y prirent place , et les chevaux partirent , sans que le chevalier sût encore vers quel but ils se dirigeaient.
— Le temps est précieux, je serai bref! lui dit aussitôt le digne courtisan, en lui appuyant familièrement sa main sur le genou. — Le roi vous veut du bien, monsieur.
— Allons ! pensa Marillac, je suis décidément dans une veine de prospérité.
— Il désire vous marier de sa main , monsieur.
— Un instant! s'écria le chevalier; faites arrêter la voiture. Je suis retenu, engagé d'honneur!
— Nous savons.... répliqua, avec un sourire, le mystérieux personnage; mais rassurezvous, c'est toujours le même projet dont vous a parlé Son Eminence.
Marillac fît un mouvement ; l'homme du roi poursuivit :
— Je suis chargé auprès de vous d'une double mission, monsieur : la première et la plus
essentielle, c'est de vous faire connaître les conditions secrètes du mariage que vous devez contracter, et de régler les rapports qui doivent exister entre vous et votre future épouse.
— J'entends : c'est le chapitre des devoirs du mari envers sa femme.
— Au contraire, monsieur.
Ici le chevalier ouvrit des yeux étonnés , et prêta la plus grande attention.
— Vous connaissez sans doute l'histoire du règne précédent, reprit la Chenaye; vous savez à quelles conditions M. le duc de Liancourt épousa la belle Gabrielle d'Estrées , et le marquis de Vardes la non moins belle Jacqueline de Beuil?
— Parfaitement, dit Marillac. Ils firent comme nos amiraux qui n'ont jamais vu la mer, ou nos abbés qu'on dispense du bréviaire ; maris inpartibus, ils eurent le titre, et le roi Henrile-Grand, les charges du métier.
— C'est cela, monsieur j sauf que Sa Majesté
Louis XIII a la conscience trop pure et trop timorée...
— Vive Dieu ! que veut-il donc faire de ma femme alors?
— Il ne nous est pas permis de préjuger de ses intentions, dit la Chenaye d'un ton de réserve respectueuse.
— A la bonne heure! Et voilà ce qu'on exige de moi! répliqua Marillac , comme arrêté par quelque léger scrupule. Mais j'ai reçu des promesses !
— Elles sont déjà réalisées en partie pour vous, — lui répondit la Chenaye, en lui montrant un parchemin, revêtu de la signature du roi , et portant le sceau de cire jaune, à double queue ; — vous êtes nommé commandant de la vénerie de Sa Majesté , pour le lièvre et pour le cerf , au tir et au courre, avec les appointemens de huit mille livres , et votre logis dans les maisons royales.
— J'entends bien ; dit Marillac.
— Le banquier Jacomény viendra vous de-
mander l'état de vos dettes et vous en apporter les quittances.
— Très-bien !
— La dot de votre femme est de cent mille livres, dont la moitié formera son douaire. At-on bien répondu aux promesses qu'on vous avait faites, monsieur, et vos espérances allaient-elles au-delà?
— Non , mordieu ! se dit Marillac en luimême ; ce que je redoutais le plus dans mon mariage, c'était la femme, et de ce côté me voilà dispensé de toute crainte.
Et il resta quelque temps à réfléchir.
— Hésiteriez-vous ? lui dit la Chenaye déjà alarmé.
Marillac releva la tête , et d'un ton digne : — J'avais tout accepté d'avance, monsieur.
— Il suffit ; il ne me reste plus qu'à remplir ma seconde mission, chevalier. A l'instant même je vais avoir l'honneur de vous présen-
ter en personne à votre future épouse. Nous voici bientôt devant sa demeure.
Et la voiture tournait la rue du Colombier . La nuit tombait; néanmoins, Marillac reconnut les lieux. Un vague soupçon s'éleva dans son esprit, et lorsqu'ils furent descendus devant la maison, arrêtant la Chenaye par le bras, au moment oii il se disposait à soulever le marteau de la porte :
— Nous avons oublié le principal, lui dit-il; le nom de ma fiancée !
— Oh! dit la Chenaye, avec un sourire d'intelligence, ce n'est là pour vous qu'une affaire de curiosité.
— Son nom! vous dis-je.
— Elle se nomme demoiselle Louise de la Porte.
— Louise de la Porte ! s'écria le chevalier avec la stupéfaction sur le visage. Mais on m'avait parlé d'une parente du cardinal !
— Ne vous alarmez pas si vite : la demoi-
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selle est de bonne famille, et la mère de Son Eminence était une de la Porte.
Ici , le bon ange de Marillac , du moins celui qui inspire les bonnes pensées, le fît reculer d'un pas. Il hésita , ne voulant point aller plus avant. Trahir un ami, dont lui-même avait servi les amours, lui semblait chose odieuse. Mais la Chenaye représentait là le mauvais génie ; il le rappela sur-le-champ au sentiment de sa dépendance.
— Songez, monsieur, que vous avez le secret du roi , et que le cardinal-duc a reçu votre parole.
Cette fois, Marillac eût dû fuir peut-être. Mais un rang à la cour, de l'or à dépenser, l'éclat des plaisirs qui se montrait à lui dans l'avenir, le bruit des fêtes qui bourdonnait d'avance à se-s oreilles !... Puis enfin, était-il temps encore de se dédire? Le marteau avait retenti j la porte allait s'ouvrir; elle s'ouvrait ! ... Ils entrèrent.