‹ Une maîtresse de NapoléonChapitre 32 sur 44 · ODÉON, PROCÈS, PORTE-SAINT-MARTIN, TOURNÉES, ETC · texte numérisé non relu

ODÉON, PROCÈS, PORTE-SAINT-MARTIN, TOURNÉES, ETC

Le 5 mai 1821, elle signe cet engagement (1) :

Entre les soussignés, Michel-Joseph Gentil, directeur du second théâtre français, stipulant en cette qualité, tant à raison des attributions qui lui sont confiées par l'ordonnance royale du 21 juillet 1818, qu'en vertu de la délibération de l'Assemblée générale des sociétaires du dit théâtre, en date du premier mai présente année.

D'une part, et Mlle George Weimer

D'autre part, Il a été convenu ce qui suit :

Mlle George Weimer, libre de tout engagement ainsi qu'elle le déclare et s'obligeant de le soutenir judiciai-

(1) Nous copions. cet engageineiil sur le double qui resta entre les mains de Gentil, le directeur de l'Odéon. La pièce fait partie aujourd'hui de la collection de M. L. Henry Lecomte.

:-i24 UNE MAITRESSE DE NAPOLEON

rement s'il y a lieu, seule, et à ses risques et fortune, contre qui de droit, s'engage pour une année, à compter du premier mai mil huit cent vingt-un, au second théâtre fraiii^ais, pour y jouer les Reines et grandes Princesses dans la tragédie, soit de Tancien répertoire, soit dans les pièces nouvelles ; promettant de se conformer aux dispositions du règlement du second théâtre français et pour tout ce qui n'est pas prévu par le dit règlement aux dispositions de celui du premier théâtre.

Mlle George s'engage en outre à ne pas demander, en cas de renouvellement de son engagement au bout de l'année, une somme plus forte que celle stipulée au présent acte.

M. Gentil, de son côté, promet et s'oblige au dit nom, de faire payer par l'administrateur comptable caissier de la Société à iMlle George, la somme de vingt mille francs ; par douzièmes, de mois en mois, à titre d'appointements pour la dite année théâtrale, à dater du mois où aura lieu son premier début. 11 accorde en outre à Mlle George Weimer un congé de deux mois dont l'époque est au choix de la Société du second théâtre français.

Fait double et de bonne foi entre les parties soussignées, sauf la ratification de Son Excellence le Ministre de la maison du Roi.

A Paris le 5 mai 4821.

Approuvé lécrilure cy-desus. Paris le cinq mai 1821.

George Weimer.

Il demeure convenu entre les parties que dans le cas où, ce qu'on ne peut prévoir, un empêchement de l'autorité judiciaire ou administrative ferait obstacle à l'exécution du présent engagement, la Société du second théâtre français ne pourra exercer pour cette inexécu-

tion aucun recours en dommages et intérôts contre Mlle (leorge \\ eimcr.

Approuvé léci'ilnre cy-desiis. Paris le ci m/ //ia/1821.

Geor(.k Wkfmf.r.

Et le 5 mai 1821, où elle signe cet engagement, l'Empereur meurt à Sainte-Hélène.

Qu'on lise attentivement ce dernier paragraphe, imposé par George, cela ne fait point de doute, puisqu'il est entièrement à son avantage et qu'il sauvegarde ses intérêts. Elle sent des difficultés possibles avec la Comédie-Française, et elle n'a point tort. En effet, depuis 1818, la Comédie est armée d'une ordonnance qui interdit aux sociétaires de passer du premier théâtre français au second, et c'est, avec cette ordonnance àla main, quele Comité se lève contre elle. Mais elle, qui prétend regagner le terrain perdu à Paris depuis quatre ans, réplique du tac au tac, et assigne la Comédie en payementde 12.000 francs de retenues jadis opérées et non remboursées. L'assignation est du 5 juin 1821, juste un mois après son traité avec Gentil. Deux mois après tout est arrangé. George a perdu son procès, soit, mais le comité a fait des concessions. A- la date du 6 septembre, elle déclare dans une lettre publique et malicieuse qu'elle

préfère la scène de l'Odéon à celle de la Comédie- Française, ne voulant pas priver cette dernière de la présence de Mlle Duchesnois qui menace de prendre sa retraite si elle rentre. Ce procès, ces difficultés, ces hostilités, « tout cela me décide, dit

La mort de Napoléon, d'après une estampe populaire de l'époque.

George, à demander une audience à Louis XVIIl pour obtenir ma liberté et passer à FOdéon ».

Le roi intervient-il effectivement? On peut le penser, puisque Lauriston rassure Gentil sur les débuts de sa nouvelle pensionnaire.

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