Cf. sur riiistoire de Jersey, Lerouge, Histoire détaillée
A propos du jour de Farrivée du Poète, un journal de l'endroit annonçait : « Avant-hier débarqua dans Fîle M. Victor Hugo, une de nos muses les plus distinguées*. j> Compliment qui indique la mentalité des insulaires. Parmi eux le séjour du Poète devait être morne. L'habitation, elle-même, qu'il s'était choisi, avait on ne sait quoi de lugubre, « vilain cube de pierre blanche, aux petites fenêtres à guillotine, ne s'ouvrant qu'à moitié". » Le loyer en était peu considérable : 1.500 francs par an^ Mme Hugo et ses fils y rejoignirent le proscrit, et la vie de famille s'organisa. Les journées étaient consacrées au travail ; le soir, des distractions variées trompaient le long ennui des heures. Marine-Terrace donnait dans le spiritisme. On y faisait tourner des tables; on y évoquait les esprits. L'étrangeté des phénomènes observés déconcertait Victor Hugo*. Toutefois, il blâmait l'exagération des expériences, les estimant très dangereuses pour les esprits faibles^ Au reste, tout cela ne dura point
des isles de Jersey et Guernesey, traduite de l'anglois ; Paris, 1757, in-12; Th. Le Cerf, L'archipel des îles normandes : Jersey, Guernesey, Auregny, Serk et dépendances ; institutions communales, judiciaires, féodales, de ces îles ; Paris, 1863; in-8.
1. Cité par Alfred Barbou, La vie de Victor Hugo... ; p. 253.
2. Paul Gruyer, Victor Hugo photographe; Paris, 1905, in-4, p. 71.