Paul Chenay, Victor Hugo à Guernesey...; p
grand matin, ayant avalé deux œufs crus et pris une tasse de café, il montait dans son cabinet de travail, au haut de la maison, belvédère vitré d'où il dominait l'immensité marine. Et, jusqu'à onze heures, il travaillait ^ Puis venaient le déjeuner, le courrier, les promenades, les visites, et cela surtout. Quiconque passait dans l'île venait sonner à la porte du proscrit; comme ce Durand qui disait à qui lui venait ouvrir : « Je viens pour voir Victor Hugo, si digne de ce nom-. » A la vie ménagère présidait Mme Hugo, assistée de sa sœur, Julie Chenay, « simple et bonne petite femme, modèle, serviable et pieuse % » cette Juhe qui <( avait été élevée à Rouen » et dont parle Sainte- Beuve dans la pièce XXXV du Livre d'amour. Le dîner, autour de la table familiale, rassemblait les fils du Poète et les amis. Dîners simples et familiers où Victor Hugo s'en tenait, au dire de François Goppée, à d'énormes morceaux de Amande rolie arrosée de grands verres de vin pur*, nourriture campagnarde et des hommes sains et forts. Cependant, le repas terminé, à dix heures, Hugo disparaissait. « Seule Mlle Juliette n'ignorait pas