Paul Chenay, Victor Hugo à Guernesey...', p
dans ces conditions, mon Dion, la préférence de Hugo pour les « ripailles » de Juliette ne me paraît pas fort condamnable. D'autre part, son goût pour la société qu'il y rencontrait me semble, lui aussi, très excusable. Quand il demeurait chez lui après dîner, tandis qu'il parlait, — et quelles conversations que les siennes î — béatement, « le menton appuyé sur sa noble poitrine, les mains croisées sur son abdomen et les paupières closes, » Mme Hugo s'endormait. Il s'interrompait alors : a Tu dors, Adèle? » — Et, elle, de se secouer pour répondre : (( Cher grand ami, comment pouvez-vous croire que je dors pendant que vous parlez^? » Chez Juliette dormait-on à l'écouter? Au reste, nous dit un témoin, c'est une « légende calomnieuse » que celle qui fait faire à Hugo bombance chez la maîtresse tandis que ses invités et ses amis mangent mal chez lui-. Mais, peut-être, le beaufrère avait-il quelque maladie d'estomac? Depuis Rabelais chacun sait que tenaces sont les rancunes de messer Gastcr.
Juliette, qu'on voit peu apparaître dans la vie de Jersey, avait, tout naturellement, suivi l'amant à Guernesey. Installée tout d'abord, pendant la reconstruction et l'aménagement d'Hauteville-House,