Alfred Asseline,, Victor Hugo intime...; p
piera tous les manuscrits du maître^ : Napoléon le Petit, hier, Les Misérables, aujourd'hui, La Légende des siècles, demain. Labeur récompensé d'évocatoires présents, tel celui qui demeure de ces années dans une salle de musée :
Je donne à Mme Drouet cette table sur laquelle j'ai écrit la Légende des siècles.
16 août 1859, Guernesey.
Elle assurera les soins de la correspondance, écriraaunom du Poète% invitera pour lui S accomplira ces menus labeurs sans plaisir de Fliomme de lettres. Association intime et quotidienne qui scellera cette union, la fera forte à affronter les temps et à gagner la vieillesse sans défaillance, sans l'injure des ruptures trop tard venues. Naturellement, l'hypocrisie bourgeoise s'offusquera de ce grand exemple des tendresses haussées au-dessus des règles coutumières de certaines bonnes mœurs.
1. Jules Claretie, La vie à Paris; ISS3; Paris, s. d. [1884]; in-18, p. 239.
2. Gustave Simon, Visite à la maison de Viclor Hugo...; p. 82.
3. Lettre aut. sig. Juliette Drouet à Mme Charrassiu ; Guernesey, 13 septembre 1861 ; 2 p. in-8. — Revue des autographes, des curiosités de l'histoire et de la biographie ; p. 204, novembre 1807, pièce n^ 90, oîTerte à 6 fr.
4. Lettre aut. sig. Juliette Drouet à...; 29 décembre.,.; 1 p. 1/2, in-8. — Catalogue d'autographes Noël CJiaravay ; p. 367, mars 1907, pièce n^ 59107, ofîerte à 5 fr.
A Guernesey, tout d'abord, sans aller, comme Viel- Gastel, à affirmer que, clandestinement, Hugo faisait des enfants à Juliette \ le cant puritain (( s'indignait tout bas, — ou tout haut — de la vieille liaison avec Mme Drouet, malgré Tàge respectable de Juliette et l'extrême réserve de son existence toute retirée ^ » C'est que, peut-être, sur le cant, les vertueuses indignations de Chenay avaient déteint. Mais, fort heureusement, Hugo se souciait « médiocrement des insulaires au milieu desquels il vivait ^ » N'était-il pas de ceux à qui appartient le droit de se mettre, avec superbe, hors la loi?
Apostrophant Guernesey, un des hagiographes du Poète s'écriait, dans les dernières années de l'Empire : « Cet îlot sera grand dans l'histoire ^' » Certes, mais grand aussi dans l'histoire des amours de Victor Hugo. Quinze ans il y trouva la maîtresse résignée à subir la captivité des mers et de l'exil, prête à consoler les illusions perdues du proscrit et à se soumettre à ce que son esprit pourrait avoir
1. « Après le 2 décembre, V. Hugo, réfugié en pays étranger, fait venir près de lui sa maîtresse Juliette (rancienne actrice de la Porte-Saint-Martin) dont il a plusieurs enfants.... » — Mémoires du comte Horace de Viel-Castel...; tome II, p. 235.