‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 128 sur 145 · IL GARDE SES RAYONS, MÊME EN PERDANT SES FLAMMES · texte numérisé non relu

IL GARDE SES RAYONS, MÊME EN PERDANT SES FLAMMES

La fin de l'exil. — Retour du Poète à Paris. — Singulières notes tirées du Journal des Goncourt. — Un dîner d'inauguration. — Le « cynisme » de Juliette. — Vers qu'on lui adresse. — Elle monte en ballon. — Mot de « l'affreux Poulet-Malassis. » — Le petit hôtel de l'avenue d'Eylau. — La vieille maîtresse. — Un dîner de Monselet. — Lé rond de serviette de Philémon et Baucis. — Maladie et mort de Juliette. — On lui fait des obsèques civiles. — Ce qu'avait prévu pour elle Victor Hugo dans son testament. — Une liaison d'un demi-siècle. — Fin du Poète. — Article nécrologique du journal La Croix. — La liaison de Victor Hugo et de Juliette doit-elle être jugée au talon de la morale coutumière? — Exceptions dont bénéficie le génie.

La chute de l'Empire, prédite par le Poète depuis dix-huit ans du fond des fulgurantes ténèbres de sa proscription, lui rouvrit les portes de la patrie. Le 5 septembre 1870, il repassa la frontière du pays quitté depuis le coup d'Etat. La traversant il but un verre de vin, mangea un peu de pain et garda un morceau du modeste repas.

« Je Tai toujours, ce morceau de pain, disait-il plus tard à M. Jules Claretie; Mme Drouet me l'a gardée » Ce fut, peut-être, contre l'exemplaire des Châtiments, relié sous une des abeilles d'or arraché, en septembre 1870, à l'immense manteau pourpre descendant en lambrequin du dais couvrant le Trône aux Tuileries, qu'elle le lui échangea. L'amant n'y mit en frontispice qu'une ligne :

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