INTRODUCTION
Voici plus d'un quart de siècle écoulé que s'en est allée dormir, sous la dalle anonyme d'un cimetière de banlieue, celle qui fut mieux qu'une des maîtresses de Victor Hugo : la Maîtresse. De peu de mois elle a précédé, aux portes de l'adieu éternel, le Poète, et, tandis que pour lui se levait imprescriptiblement le soleil des morts, tandis que son astre de gloire se fixait pour l'éternité à son zénith, elle descendait, enveloppée de silence et d'oubli, roulée dans le suaire des mémoires ingrates, aux limbes des souvenirs perdus. Le compte rendu de ses obsèques paru, une grande barre d'ombre était tracée sur ce qui demeurait d'elle. Dans l'entourage du poète, pour ne point réveiller la blessure du vieux cœur frappé, le nom de la morte était proscrit, et l'habitude