‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 3 sur 145 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

ainsi prise fit, qu'après le départ du Maître, le nom de la maîtresse fut quasi oublié. Pourtant, « si mon nom vit, votre nom vivra î » lui écrivaitil au lendemain de la bagarre de Maine Tudor. Là, encore, il fut prophète, car voici qu'un quart de siècle écoulé, çà et là on ressuscite le fantôme de celle qui fut la belle Juliette de 1825, la princesse Negroni des grands soirs romantiques; on livre ses lettres à l'enquête sur les psychoiogies littéraires, on dérobe son image à l'ombre où elle se voilait, et, enfin, il est devenu possible de fixer quelques aspects de la vie de Juliette Drouet, d'offrir le dossier de son privé à la curiosité historique. (( Un grand silence s'est fait autour du nom de Mme Drouet, a-t-on judicieusement écrit; ceuxlà mêmes, qui, du vivant de Victor Hugo, et assurés qu'ils étaient de lui plaire, parlaient ou écrivaient sur son amie, se sont tus après la mort du poète, comme par l'effet d'un oubli soudain ou par obéissance à un mystérieux mot d'ordre. Quand il s'est agi de révéler les « amours de Victor Hugo, » on a jeté en pâture à la foule, — qui, du reste, ne l'a pas lu, — le volume des Lettres à la Fiancée. Et nul ne s'est trouvé pour révoquer en doute les serments de fidélité contenus dans chaque page de ce beau livre; tout le monde a

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