Pierre Dufay, Yiclor Hugo à vingt ans... ; p. p
Hugo n'en a jamais parlé, mais quelques contemporains n'ont point imité sa réserve. Auguste Soulié disait à son ami Boulay-Paty « que Eugène Hugo avait tellement aimé Mme Victor Hugo que, deux ou trois jours après le mariage de son frère, il était devenu fou. C'était un jeune homme qui annonçait le plus beau talent. Fou par sève de chasteté, ô GharentonM » De son côté, Gaspard de Pons, le camarade d'Alfred de Vigny, insérait dans ses poèmes une pièce débutant par ces vers significatifs :
A ce qui fut Eugène
Peut-être, dédaigné par l'Amour et la Muse, Un désespoir jaloux s'alluma dans ton cœur;
Tu hais malgré loi ton rival, ton vainqueur
La mort de la pensée au plus affreux destin A seule, hélas! pu te soustraire^
C'est donc là la version, généralement admise par les contemporains, de la folie d'Eugène. Enfermé à Charenton, il croyait entendre s'égorger des femmes dans des souterrains ^ La mort le libérale 5 mars 1837. Alors déjà le roman d'amour, dont il
1. Lettre d'Evariste Boulay-Paty, au poète Lambert; Paris, 14 mai 1830. — Dominique Caillé, Un romantique de la première heure; Evariste Boulaij-Paly ; son journal intime et sa correspondance; IS29-IS3I ; Paris, MCMVII, in-8, p. 19.
2. Comte Gaspard de Pons, Adieux poétiques; tome II, p. 324. — Edmond Biré, Victor Hugo avant 1830... ; p. 273.