A.-J. Pons, Sainte-Beuve et ses inconnues..,; p
n'étaient venues qu'à tour de rôle. La première connue semble être cette dame de Vaquez, qui se prétendait marquise et qui, à en croire Mirecourt (( était une ancienne blanchisseuse^ » Elle était brune, avait trente- cinq ans, et Sainte-Beuve en avait fait la découverte « vers les hauteurs des Batignolles*. » Il en fit la maîtresse de sa maison, se laissant mener tambour battant. La dame démarqua le linge et fit graver l'argenterie à son chiffre ^ Cela dura quelques mois, peu d'années. La dame de Vaquez mourut d'une « affection de poitrine, augmentée, paraît-il, par la frénésie de la passion amoureuse^. » Qui eût cru Sainte- Beuve capable d'inspirer une telle ardeur? Par la suite, d'ailleurs, elle lui coûta cher. Pendant la maladie de la pseudo-Espagnole on vit apparaître son père : elle refusa de le reconnaître. C'était un croquant des environs de Péronne. Madré et coquin, il fit du tapage, menaça Sainte-Beuve de le ti^aîner devant les tribunaux et disparut en lui escroquant 12.000 francs ^ C'était estimer sa fille un bon prix. Par la suite, dégoûté des demoiselles
L Eugène de Mirecourt, Les Contemporains ; Sainte- Beuve...; p. 78.