G. Michaut, Sainte-Beuve amoureux et poète...; p
En tout cas. il le méprisa, peu préoccupé de son danger à cause de son caractère clandestin. Mais, prévoyant, un jour, la publicité des vers diffamatoires, de sa rude plume des jours de colère il crevait son papier des rouges vers vengeurs :
Que dit-on? on m'annonce un libelle posthume
De toi? C'est bien. Ta. fange est faite d'amei'tume ;
Rien de toi ne m'étonne, 6 fourbe tortueux.
Je n'ai point oublié ton regard monstrueux,
Le jour où je te mis hors de chez moi, vil drôle,
Et que, sur V escalier, te poussant par l'épaule.
Je te dis : « N'entrez plus. Monsieur, dans ma maismi ! »
Je vis luire en tes yeux toute la trahison.
J'aperçus ta fureur dans ta peur, ô coupable!
Et je compris de quoi pouvait être capable
La lâcheté changée en haine, le dégoût
Qu'a d'elle-même une âme où s'amasse unégouf,
Et ce que méditait ta laideur dédaignée,
Car on pressent la toile en voyant l'araignée^ !
Ainsi Hugo demeure dans son rôle. 11 a cloué, vivant, son ennemi au pilori. C'est bien. Il peut se taire maintenant. Ils sont quittes. Mais elle? Elle, qu'a-t-elle dit, qu'a-t-elle fait, car elle a Connu le Livre d'amour; cela est certain 2. Gomment a-t-elle détrompé ce galant avantageux qui, tout
1, Georges Rodenbach, Le ménage de Victor Hugo; Le Figaro, 28 décembre 1896.