XIV INTRODUCTION
de Mme Hugo, pas une appréciation qui émane d'elle. Apollon dictait^ f écrivais. C'était bien Apollon, en effet, c'était Victor Hugo qui avait dicté, depuis la première ligne jusqu'à la dernière. Au lieu de la déposition d'un témoin, nous avons les dires du héros. Nous sommes en présence d une véritable autobiographie, de véritables mémoires personnels, et c'est avec raison que le poète les a fait entrer dans Védition définitive diQ ses oeuvres \ » Exagéré dans sa forme, le jugement de M. Biré n'en est pas moins juste au fond. L'éditeur Renduel disait, de même, qu'il ne fallait rien croire du * Victor Hugo raconté, « L'auteur, à la fois juge et partie, était, à l'en croire, trop malin pour raconter rien de vrai qui fût à son désavantage-. » Renduel attribuait donc la rédaction du livre à Victor Hugo lui-même. A vrai dire, il n'en était rien. De Guernesey, le 21 novembre 1862, Mme Hugo écrivait à Mme de Girardin : « J'ai pensé qu'en racontant avec simplicité les faits de cette vie déjà si longue, si grande et si éprouvée, je laisserais des documents
1. Edmond Biré, Victor Hugo après 1852 ; Vexil, les dernières années et la mort du poète; Paris, 1894, in-18, p. 157.
2. Adolphe Jullien, Le romantisme et V éditeur Renduel; souvenirs, documents, lettres inédites; Paris, 1897, in-18, pp. 47, 50.