XVI INTRODUCTION
n'ayons ici que peu de choses à retenir. On comprend aisément que Mme Hugo se soit abstenue d'être l'historiographe de la maîtresse de son mari. Il n'en est pas de même de M. Edmond Biré. Son exemple montre que les critiques de Victor Hugo eux-mêmes n'échappent pas à la règle commune^ relativement au contrôle des sources.
M. Biré a consacré cinq volumes d'âpre critique au Poète*. Sans doute, s'apprêtait-il à les résumer dans un travail d'ensemble quand la mort est venue l'interrompre ". On a dit, excellemment, qu'il professait « envers l'auteur à'Hernani une malveillance de parti pris qui n'a d'égale que celle dont on est coutumier à la docte Revue des Deux- Mondes envers toute l'école romantique ^ » De fait, certains reproches de M. Biré sont singulièrement puérils. Il lui fait grief, par exemple, de n'avoir pas payé de sa poche les obsèques de Mme
1. Victor Hugo et la. Restauration ; Paris, 1869, in-8; Victor Hugo avant 1830; Paris, 1883, in-18; Victor Hugo après 1830; Paris, 1891, 2 vol. in-18; Victor Hugo après 1852; Paris, 1895, in-18.
2. C'est à Nantes, où il était négociant en cordes, que M. Biré est décédé le 16 mars 1907.
3. Gustave Allais, professeur à la Faculté des Lettres de l'Université de Rennes, Les débuts dramatiques de Victor Hugo : « Amy Robsart» {1822-1828); Paris, 1903, in-8, p. 59.