AVANT-PROPOS
Une des premières fois que, jeune stagiaire frais émoulu du P.C.N., il nous fut donné de pénétrer dans une salle de médecine de l’hôpital de la Charité, nous eûmes le spectacle d’un vieillard au visage à tel point congestionné, au nez et aux paupières si bouffis, que, plus savant, nous eussions cru certainement pouvoir diagnostiquer un érysipèle.
Ce coryza phénoménal, un catarrhe bronchique intense, qui faisait suffoquer le malade, nous firent d’autant mieux retenir ce que le chef de clinique, qui conduisait de lit en lit notre troupeau studieux, nous révéla en cette matinée de novembre.
Telle fut la première notion que nous eûmes de l’iode, des iodures et, de façon générale, des accidents que réservent aux plus habiles les meilleurs médicaments.
Par une curieuse prédestination, l’Iodisme qui fut tout à fait par hasard un des premiers problèmes thérapeutiques posés à notre jugement, est devenu, dans une certaine mesure, le sujet sur quoi repose l'intérêt de cette thèse, dernier acte de notre vie d’étudiant. En effet, le rhodanate de potassium que nous allons étudier constitue le type du médicament ayant les effets de l’iode sans pouvoir exposer cependant à des accidents aussi sérieux.
Lorsqu'il y a quelque quatre années de cela, la Rhodanothérapie ressuscita en France, notre attention fut aussitôt attirée vers elle.
Dans les différents services et les consultations de médecine où nous avons accompli nos stages, nous avons recueilli des observations, sollicité des impressions auprès de nos Maîtres.
C’est donc le fruit d’une expérience, longue relativement à notre âge, mais bien misérable par rapport à l’étendue et à la difficulté du sujet, que nous présentons aujourd’hui dans cette thèse.
LRO
Nous pensons qu’il y a dans la Rhodanothérapie autre chose qu’un engouement momentané pour une médication éphémère, qui ne guérit que tant qu’elle est à la mode, pour redevenir ensuite strictement inefficace.
Nous avons assisté à ses débuts, nous avons enregistré ses succès ; il nous est agréable d’y apporter notre modeste contribution avant aue des voix beaucoup plus autorisées que la nôtre n’en fassent un sujet définitivement classique et incontesté.