‹ Une Médication Substitutive de L'Iode Le Rhodanate de PotassiumChapitre 6 sur 31 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

En 1790 était découvert par Winterl un acide qu’il nomma acide sanguin. C’est la plus lointaine mention que nous ayons retrouvée du rhodanate de potassium.

En 1814, Tréviranus retrouva ce corps dans la salive.

Successivement, l’acide sanguin se vit plus scientifiquement dénommer acide anthrazothionique, acide hydrosulfocyanique, suivant les auteurs. Enfin, à cause de la coloration rose qu’il donne avec le perchlorure de fer, il devint et est resté l’acide rhodanique (poëov — rhodon = rose).

Gmelin s’attacha longtemps à son étude. Et, au milieu du siècle dernier, sa présence dans l’organisme suscita un tel intérêt que l’Académie des Sciences chargea une commission comprenant Royer, Lehmann, Strahl, Lassaigne, Colin et Magendie, d’en étudier la répartition dans l’organisme. A leur suite, Claude Bernard, Longet, Vulpian, Rabuteau, Garin lui consacrèrent d’intéressantes études.

Par contre, c’est beaucoup plus près de nous que les premières applications thérapeutiques en furent faites, puisqu'il faut attendre les travaux de Pauli en 1903 pour en voir préconiser l'emploi. Mais presque aussitôt commence toute une série de publications. Pauli, Franz, Cavazzani en développent les indications en Europe. Les Américains s’en emparent et au cours de ces vingt dernières années, une véritable floraison de travaux s’en suit, parmi lesquels ceux de Nichols, Gager, Palmer, Silver et White, Smith et Rudolf sont les plus importants. Ils étudient surtout les propriétés hypotensives du produit.

Une fois encore l'Amérique ne fit que rendre à l'Europe ce qu’elle en avait reçu. Une note de Jean Lereboullet présentant les recherches de Fineberg, remit sous les yeux des pharmacologues et des praticiens cet agent thérapeutique injustement délaissé.

Il fit ainsi entrer dans une nouvelle et brillante période ce qu’on a appelé depuis la « Rhodanothérapie ». Bénichou, Ferrand, Clapier, Loutchitch, Jacquet, Le Floch, Maire-Améro au

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Congrès International du Rhumatisme, lui ont consacré une série de travaux cliniques, avalisés dans les revues récentes d’Harvier et P. N. Deschamps, de M. P. Weil et Langlois. Les propriétés hypotensives furent longuement remises à l’étude et reconnues, mais l’effort des cliniciens français s’est surtout porté sur la question du rhumatisme.

Quoi qu’il en soit, ce vieux médicament, totalement oublié en France jusqu’en 1931, en quatre années a conquis ses lettres de noblesse, au point que ie professeur agrégé Hazard lui reconnaissait récemment une existence officielle en l’étudiant dans son cours de pharmacodynamie à la Faculté de Médecine de Paris.

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