‹ Une Médication Substitutive de L'Iode Le Rhodanate de PotassiumChapitre 8 sur 31 · TOLERANCE · texte numérisé non relu

TOLERANCE

Nous avons vu que le rhodanate existe normalement dans l’organisme et n’est donc pas étranger à la matière vivante.

Lorsqu'il est bien pur, ce corps est extrêmement peu toxique.

Chez l’animal, le lapin par exemple, F. Franz en 1912 n’observe aucun effet toxique par injection intraveineuse d’une dose de 0 gr. 08 par kilogramme.

En 1914 Gies, Lieb et Kahn n’observent aucun effet toxique sur la circulation, la respiration, les fonctions hépatiques et rénales à la suite de l’injection intraveineuse de la dose énorme de 0 gr. 36 par kilogramme.

Chez l’homme, on peut admettre que les doses thérapeutiques sont cent fois inférieures aux doses toxiques. La maniabilité est donc extrême. Clapier rapporte le fait d’un de ses malades qui prit par erreur la dose énorme de 3 grammes par jour (au lieu de ia dose de 0 gr. 01 par kilo habituelle) pendant une semaine, sans autre incident qu’un peu d’acné du visage ; ce fait est comparable au coryza observé par Bénichou, ce qui nous oblige dès maintenant à noter ce rapprochement si curieux des effets physiologiques des rhodanates de ceux des composés iodés.

La voie digestive semble la plus efficace ; nous n’avons jamais noté aucun phénomène d’intolérance gastrique ou intestinale.

Cette tolérance est précieuse pour un médicament appelé, par la nature même de ses indications, à être administré pendant des semaines et des mois.

Notons enfin la nécessité d’un rhodonate de potassium parfaitement pur. Les impuretés (hyposulfites, cyanures) ont été étudiées dès 1905 par Lotholz. Si la présence d’hyposulfite est anodine, des traces de cyanure peuvent déterminer de sérieux accidents (Goldring et Chasis, Etats-Unis, 1932).

Le sel, avant d’être employé, doit être soumis à des cristallisations successives et à un contrôle chimique et biologique. Celà ne présente aucune difficulté technique. Ajoutons qu’en France, en dépit d’un usage généralisé et grâce à cette élémentaire prudence, aucun accident n’a jamais été constaté.

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INDICATIONS THERAPEUTIQUES

Les indications peuvent paraître multiples, et le rhodanate encourir le dédain que l’on accorde généralement aux panacées ou aux thériaques. Cette multiplicité n’est qu’apparente et c’est sous trois grands chefs intimement liés entre eux que l’on peut ranger ces indications

— l’hypertension artérielle ; — les rhumatismes chroniques ; — l’emphysème, les scléroses pulmonaires, les polyscléroses.

Nous étudierons séparément chacun de ces trois grands groupes.

Nous ajouterons enfin quelques indications proposées tout récemment et qu’il sera peut-être intéressant d'étudier plus complètement par la suite.

LES HYPERTENSIONS ARTERIELLES

C’est dans le cadre de l’hypertension que la contribution américaine a été la plus importante, sinon la plus originale, puisque dès 1903 Pauli avait en Europe utilisé l’action sédative et hypotensive du rhodanate.

Dans un article paru dans le Journal of the American Medical Association (7 juin 1930), Fineberg a magistralement résumé la question et exposé la remarquable expérimentation à laquelle il soumit 8 hypertendus pendant une très longue période à l’H6pital du Mont-Sinaï de Cleveland.

Après avoir rappelé les auteurs qui s’intéressèrent à la question — Pauli, Westphal, Nichols, Gager (35 cas. J. À. M. A. 90: 82 Janvier 1928), Palmer, Silver et White (59 cas. Canad. M. H. I. Sept. 1928), Weis et Ruedeman, Ayman —, il note que, pour pouvoir apprécier scientifiquement les résultats obtenus dans le traitement des hypertendus, il faut se souvenir :

1° des variations spontanées de la pression sanguine chez ces malades ;

2° de la nécessité, pour arriver à une conclusion sérieuse concernant un effet thérapeutique, de suivre ces malades pendant une durée suffisante ;

3° de la nécessité d’exiger du médicament une réduction marquée de la pression artérielle, 30 millimètres par exemple.

Aussi décida-t-il de suivre ces hypertendus pendant au moins 3 mois, avec une méthode de traitement toujours la même. Puis, au bout de ces 3 mois, ies malades ainsi suivis furent soumis à une nouvelle observation de 3 mois pendant laquelle il leur donna du rhodanate. II étudia ainsi 58 malades sans néphrite vraie (11 hommes, 47 femmes) auxquels, en dépit des difficultés pratiques, il réussit à imposer, après un examen physique complet, un régime et des règles d'hygiène générale précises.

Voici quelles furent ses conclusions :

1° Ces malades furent traités pendant 3 mois et plus avec le

bromure de sodium et le gardénal. Parmi ces malades, 22, soit 37 %, montrèrent une chute marquée de leur pression de 30 millimèêtres ou plus. Tous ces malades et beaucoup d’autres qui ne montraient pas de chute de pression, présentèrent une amélioration de leurs troubles subjectifs.

2° Parmi les malades qui avaient reçu du rhodanate de potassium à la dose de 6 gr. 30 trois fois par jour, 57 % montrèrent une chute de pression de 30 millimètres ou plus. À la dose de 0 gr. 10 trois fois par jour l’effet fut nul.

3° L'amélioration subjective fut plus grande quand les traitements par les sédatifs nerveux furent employés, tandis que l’abaissement de pression fut plus marqué par l’emploi du rhodanate.

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