‹ Une Médication Substitutive de L'Iode Le Rhodanate de PotassiumChapitre 7 sur 31 · DEFINITION CHIMIQUE · texte numérisé non relu

DEFINITION CHIMIQUE

D’emblée la chimie nous apporte une notion intéressante c'est que de nombreux médicaments du rhumatisme, en apparence très différents, possèdent une fonction chimique commune: le rhodanate la possède avec eux.

Cette fonction, c’est la double liaison fixée sur un seul côté de l'atome! de soufre.

Or, on la trouve dans toute une série de médicaments préconisés contre le rhumatisme tels les thiosulfates, les tétrathionates, l’hyposulfite double d’or et de sodium, la thiosinamine et même certaines arsines soufrées.

On la retrouve également dans le rhodanate, sel monopotassique de la thiocarbimide S = C = N — K, tautomètre du sulfocynate N=C-—$S—K (Thèse de Pasquié, Toulouse 1929).

La chimie ouvre donc dès l’abord l’horizon au clinicien.

Pour revenir plus rapidement au domaine pharmacodynamique et clinique, nous rappelons simplement que le rhodanate de potassium, de formule S=C=N—K, est un sel cristallisé, incolore, très soluble dans l’eau, de saveur rappelant celle du raifort. Il se trouve dans l’organisme, où il a été reconnu dans la salive, l’urine, le sang, la bile, le suc gastrique. La combinaison de l’acide rhodanique avec le potassium est, de toutes les combinaisons avec les métaux alcalins, celle que l’on rencontre le plus fréquemment dans l’organisme.

PROPRIETES PHARMACODYNAMIQUES

Nous les étudierons du point de vue particulier de ses analosies et de ses différences avec l’iode, étant bien entendu cependant que le rhodonate ne contient pas d’iode dans sa molécule.

Analogies avec l’iode.

Le rhodanate de potassium modifie l’agrégation des colloïdes comme les iodures, mais il se montre nettement plus solvant. De même encore que les iodures alcalins, il favorise l’élimination des métaux lourds (plomb, mercure, bismuth}) et aide ainsi l’organisme à éliminer ces éléments toxiques.

Il accroît la sécrétion parotidienne et, comme l’iode, il s’élimine abondamment par la salive. Entraîné avec la salive par la déglutition, il est repris par l’estomac, puis rééliminé par les glandes salivaires, réalisant ainsi. comme l’iode, un cycle intraorganique prolongé. (Vergueiro da Cruz).

Tout comme les dérivés iodés, le rhodanate de potassium renforce la contraction musculaire et cardiaque (Worthington, 1912, Langley, 1916) et provoque également un certain degré de vasodilatation.

En 1926, Westphal rapporte le résultat de nombreuses expérimentations, et explique son action par un effet de relàächement sur l’hypertonicité artériolaire, qu’il considère comme le principal responsable de l’hypertension essentielle. Ses effets sur le muscle squelettique et cardiaque sont inhibés par le curare.

Le rhodanate détermine ia dilatation des vaisseaux et une hyperleucocytose à prédominance mononucléaire.

Dans toutes ces manifestations biologiques et pharmacodynamiques, les rhodanates se montrent souvent plus actifs que les préparations iodées.

Différences avec l’iode.

Une différence essentielle les sépare : le rhodanate de potas- Sium ne détermine ni congestion du parenchyme pulmonaire (en

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particulier chez les bacillaires qui « flambent » avec les iodures)

ni œædème dé la glotte, manifestation si grave de l’intoxicatio iodée.

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Il n’existe pas davantage d'influence sur la sécrétion tAyroi-

dienne, ce qui ne saurait surprendre, puisque c’est l’iode qui entre dans la molécule de la thyroxine.

Le rhodanate ne provoque ni inappétence, ni irritation des gencives, ni phénomènes d’intolérance comparables aux manifestations de l’iodisme.

Cependant nous devons noter ce que l’on a appelé les petits incidents du rhodanisme, qui ne sont pas sans évoquer les accidents de l’iodisme, mais avec cette différence capitale qu’ils ne semblent jamais être viscéraux, mais uniquement cutanéo-muqueux. Ils consistent essentiellement en un léger coryza ou en un érythème fugace, avec prurit quelquefois assez marqué. Ces petits incidents, qui disparaissent presque instantanément lorsqu’on cesse la médication, semblent être sous la dépendance de susceptibilités individuelles. Ce ne sont parfois pas les mêmes malades qui ne peuvent pas supporter les iodures, et pourtant les auteurs américains ont signalé un accroissement considérable de ces incidents cutanés lersqu’on associe l’iode et le rhodanate, réalisant ainsi une véritable sommation dés effets d'intolérance. Il paraît donc contre-indiqué d’administrer simultanément rhodanate et iodures.

En résumé : propriétés pharmacodynamiques des iodures, effets physico-chimiques identiques, mais plus intenses, toxicité considérablement moindre que celle des dérivés iodés, telles sont dans leurs grandes lignes les propriétés pharmacodynamiques des rhodanates, d’après les physiologistes américains et français.

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